Listomania
20 décembre 2018
Les 100 albums de l’année 2018 selon Magic
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Les 100 albums de l’année 2018 selon Magic

Tunng album de l’année, Vera Sola juste derrière, The Married Monk sur le podium, et Low très haut, évidemment. La rédaction de Magic a désigné ses cent disques de l’année. Fidèle à la ligne de conduite du magazine, elle défend une pop ambitieuse, défricheuse, exigeante, et celle-ci se compose plus que jamais en France, autant qu’au Royaume Uni, aux États-Unis ou ailleurs. On s’est régalés à les écouter et à les défendre.

Il en va ainsi des années où aucun disque n’écrase tous les autres de toute son autorité ou de son instantanée évidence. La compétition pour les places de choix dans les Tops de fin d’année n’en est que plus passionnante, et l’année 2018, bouillonnante, impressionnante par la qualité et la diversité de l’offre, mérite d’être ainsi qualifiée. Des débats enflammés (mais chevaleresques) qui ont animé la rédaction de Magic autour d’une douzaine de références, a emergé la décision suivante : Tunng a réalisé le disque le plus recommandable de 2018.

Les Britanniques, avec Songs you Make at Night, ont proposé ce printemps un album évidemment traité comme un coup de cœur Magic à sa sortie. Les mois qui ont suivi ont bonifié sa prestance. C’est un album sans temps faible, au carrefour de plusieurs influences, à la fois facile d’accès et soigné comme une pièce de musée. Les partenaires de Mike Lindsay ont réussi à être plus accessibles que jamais sans renoncer pour autant à leur spécificité : cet alliage si moderne entre les traditions folk et les possibles de la musique électronique. Difficile de savoir de quel poids a pesé le concert merveilleux que Tunng a donné au Café de la danse cet automne dans notre décision finale. Nous ne sommes pas certains d’avoir vu un groupe aussi heureux de jouer cette année, et ce souvenir n’est pas prêt de s’effacer.

C’est ce même sens du collectif que nous avons récompensé en plaçant très haut Low (Double Negative, 4e), dont l’audace sans filet n’a laissé aucune oreille indifférente, Beak> (>>>, 8e), ou Shame (Songs of Praise, 10e), porteurs d’une excellente nouvelle dès le début du mois de janvier : non le rock n’est pas mort, ou alors … il a encore ressuscité.

Quand la pop ne s’appuie pas sur l’alchimie miraculeuse d’un groupe, c’est qu’elle obéit à la vision d’un créateur, et celle de l’Américaine Vera Sola nous a subjugués dans la dernière ligne droite. Quand Elvis Perkins a entendu le résultat des enregistrements que son ancienne claviériste avait réalisée en secret, il l’a regardée comme s’il avait vu des fantômes : « Mais qu’est-ce que tu as fait ? » La réponse est Shades, un album d’americana poétique, grave, sensuel et mystérieux. L’artiste est suivie de près par d’autres créatrices exceptionnelles, Courtney Barnett (5e) et Cat Power (9e) qui, avec Tell me How you Really feel et Wanderer, ont enregistré des pépites qui ont amplement justifié une couv’ de Magic.

 Parlons précisément de la première couv’ de l’année, portée par le quintette parisien Feu! Chatterton, désigné porte-drapeau d’une scène française – francophone ou non, vocale ou non – d’une extraordinaire liberté et pertinence, qui font de la France une authentique smart pop nation. Les Feu! se placent au douzième rang de notre Top, seulement dépassés par une valeur très sûre, The Married Monk, auteurs d’un formidable Headgearalienpoo (3e), et par les fulgurants En Attendant Ana (6e). Lost and Found, le premier album des Franciliens, est un chef-d’œuvre qui doit vous pousser à aller les voir en concert, où ils diffusent des frissons d’une rare intensité. La fin d’année a aussi été marquée par l’éclosion de deux jeunes femmes à l’univers fascinant, Léonie Pernet (Crave, 13e) et Pauline Drand (Faits Bleus, 23e).

Nous pourrions continuer longtemps à expliquer des choix qui sont, avant tout, ceux d’un enthousiasme amoureux pour des musiques qui donnent à la vie sa dose de magie quotidienne. Développer notre reconnaissance éternelle pour Spiritualized (7e), Villagers (11e), Mehdi Zannad et son projet The Last Detail (15e). Surligner que le rap est une forme de pop moderne (Kids See Ghost, 14e). Passons à l’essentiel. Voici notre 100. Merci aux artistes, merci aux lecteurs, et surtout n’oubliez pas que vous aussi, avant samedi, vous devez voter pour vos disques préférés de l’année 2018 d’ici samedi.

 

1- Tunng, Songs You Make at Night (Full Time Hobby)

« L’art qui consiste à développer, autour de guitares folk claires et cristallines, des envolées musicales électro-acoustiques mémorables, trouve ici une amplitude jamais entendue. Sur Songs you Make at Night, Tunng alterne des morceaux folk généreux par leur inventivité mélodique mais sans modernité surjouée (Crow et ses claviers aigus, Songs you Make at Night et son côté Fleet Foxes de poche, Evaporate et son côté Animal Collective de chambre), de chansons dans la droite lignée de Turbines (Sleepwalking, Flatland, Like Water) et des explorations plus poussées vers le potentiel mélodique des sonorités electro. » (Magic #210)

2- Vera Sola, Shades (Spectraphonic Records)

« Sous ce déluge de signaux qui floutent instantanément notre ancrage dans le réel, il est bien difficile de hiérarchiser les morceaux, parties d’un tout indépassable. Le single The Colony était une porte d’entrée désignée pour oreilles fraîches : sa cadence, ses arrangements sa mélodie accrocheuse sont des amplificateurs de coup de foudre. Mais celui-ci saurait aussi survenir sur Small Minds ou Loving You Loving et leur sincérité enveloppante, Circles et son intimité avec l’au-delà ou New Nights, où Vera Sola enrichit sa mélancolie avec des accès de colère. Shades se situe très au-dessus de la chasse au bon morceau pour la prochaine playlist : il raconte l’histoire, toujours merveilleuse, d’une artiste qui se révèle au monde avec un chef-d’œuvre absolu. » (Magic #212)

3- The Married Monk, Headgearalienpoo (Ici d’Ailleurs…)

« Dès l’entrée en matière – Obnoxious One et ses ambiances de B.O. de lm, entre John Barry et François de Roubaix – une certitude : les moines mariés n’ont pas perdu la main. Désormais en trio, et comme revigorés par cette longue absence, ils reprennent les choses où ils les avaient laissées à l’époque de l’éclectique The Belgian Kick (2004). Fidèle au poste, l’immense batteur Jean-Michel Pirès – qui a depuis prêté ses baguettes à NLF3, Mendelson, Bruit Noir, quand il n’était pas affairé au projet Headphone – est toujours une pièce maîtresse du dispositif. La voix profonde de Christian Quermalet (et son accent anglais impeccable) en est une autre. Nouveau venu, le multi- instrumentiste Tom Rocton apporte à l’ensemble une richesse inédite dans les arrangements. » (Magic #209)

4- Low, Double Negative (Sub Pop)

« Double Negative est tout ce qu’on demande à un disque d’être. Du moins si l’on considère la musique comme un art majeur capable de mettre en sons époques, humeurs, émotions, tensions individuelles et collectives. Low s’inscrit dans les pas du Velvet Underground de White Light/White Heat, du Tim Buckley de Lorca et Starsailor ou de Godspeed You! Black Emperor et autres collectifs habités de l’écurie Constellation. Il entreprend de traverser la frontière qui va au-delà du «beau» pour pénétrer dans le territoire casse-gueule de la création pure: ces sons, que disent-ils de nous? » (Magic #211)

5- Courtney Barnett, Tell Me How You Really Feel (Milk! Records / Marathon / [PIAS])

« Tell Me How You Really Feel aurait pu être enregistré par une jeune New- Yorkaise, Londonienne ou Torontoise qu’on ne verrait pas forcément la différence au premier abord. C’est, paradoxalement, la grande force de ce disque intime, la marque de son universalité. Les sentiments qu’il met en scène sont individuels et collectifs quand, sur le single Nameless, Faceless, Courtney clame qu’elle voudrait pouvoir «se promener dans le parc dans l’obscurité» » (Magic #209)

6- En Attendant Ana, Lost and Found (Buddy Records / Montagne Sacrée / Trouble In Mind)

« Ce disque présente le meilleur du meilleur de leurs sons underground écrits ces trois dernières années dans la plus grande confidentialité, à savoir dix chansons bien dosées en énergie juvénile, qui parlent d’amour et de violence (The Violence Inside), de jours et de nuits passés à essayer de ne pas se perdre en chemin alors que sonne le glas de la fin des rêveries adolescentes. » (Magic #210)

7- Spiritualized, And Nothing Hurt (Bella Union / [PIAS])

« Si, dans le fond, sa recette reste inchangée – un space rock passionné de garage, adouci par de sublimes chœurs gospel, mais contorsionné d’éclats free jazz –, «J. Spacemen» n’a jamais été aussi émouvant. C’est le propre des adieux. » (Magic #211)

8- Beak>, >>> (Invada Records / Temporary Residence)

« Moins sobre de mots (quoique toujours réverbérés, évoquant la chute finale de l’homme dans la mer), Beak> est de plus en plus disert d’émotions, de sentiments, et de fragilité, en une alchimie que le trio permet sans doute comme aucune autre formule. L’avenir n’est pas radieux, mais sa musique l’est certainement. » (Magic #211)

9- Cat Power, Wanderer (Domino Records)

« Avec un simple piano (Stay, reprise magnifiée d’un titre de Rihanna) ou en configuration trio rock (You Get) Chan Marshall refait, en mieux – maturité et expérience obligent – ce qui faisait chavirer autrefois, chant et voix intacts (ou avec un chouïa de patine touchante supplémentaire) et aura immaculée. Il suffira aux esprits chagrins d’écouter le déchirant Me Voy pour se convaincre de l’absolue objectivité de la critique. Outrancière, envoutée mais profondément sincère. Que cet album est beau. »  (Magic #211)

10- Shame, Songs of Praise (Dead Oceans)

« Couvé par Fat White Family, qui lui a prêté ses premiers amplis, Shame a imposé sa griffe au cours de prestations scéniques aussi intenses que déraisonnablement fréquentes (130 dates en 2017, dont 47 en festival et une au Point-Ephémère en décembre). Bonne nouvelle : sur disque, le trip est au moins aussi bon. » (Magicrpm.com)

11- Villagers, The Art of Pretending to Swim (Domino Records)

« The Art of Pretending to Swim est un album plein de tout (à l’image de la foi qui l’anime) : d’arrangements boisés hérités du folk (l’ADN de Villagers) voire du classique (les cordes impressionnistes du Crash Ensemble sur Hold Me Down), mais aussi de subtiles sonorités électroniques, vers lesquelles chaque chanson se dirige inéluctablement. » (Magic #211)

12- Feu! Chatterton, L’Oiseleur (Barclay)

« L’Oiseleur nous parvient avec le souvenir d’un premier succès mérité. C’est un album qui déborde d’amour, des ruptures et du ressentiment qui vont avec. Le groupe a trouvé l’inspiration lors de deux voyages en terres italiennes et ibériques, entre âneries dans des jardins baignés de lumière, les sens tout en éveil, entre deux siestes crapuleuses à l’ombre de pins parasols. Ces débords, ces moments de rupture, vitupérés, scandés par Teboul, constituent la pierre angulaire de ce disque. » (Magic #208)

13- Léonie Pernet, Crave (Crybaby / InFiné)

« Découverte debout à la batterie derrière Yuksek, la musicienne a aussi exercé ses talents de compositrice pour le cinéma, et son âme de militante en réaction à l’actualité sur plusieurs mix disponibles en digital, comme dans le clip de son nouveau single African Melancholia qui met en scène la fuite obligée d’un migrant soudanais. Décomplexée, elle ose un disque cryptique, baroque et gothique, qui mélange métal et néo- classique, pour un résultat époustouflant. » (Magic #211)

14- Kids See Ghosts, Kids See Ghosts (Getting Out Our Dreams)

« Lui et son succès, lui et ses erreurs, lui et sa fille, lui et la musique, lui et l’Amérique. Tels sont les thèmes que West laboure, directement ou par artistes interposés – dont il utilise le talent et l’aura comme il utilise son sampler et sa boîte à rythmes : Pusha T en sicaire verbal, tranchant et létal pour planter Drake dans le dos (et produire le meilleur album de la série) ; Kid Cudi, son double dans Kids See Ghosts, en frère d’armes tombé au front de la dépression » (Magic #210)

15- The Last Detail, The Last Detail (Elefant Records / Differ-Ant)

« Simplicité mélodique et complexité orchestrale font de ces treize perles de pop baroque un modèle de juste mesure, aussi nostalgique de la Californie des sixties et seventies que synthétisant en 2018 les grandes expériences des deux musiciens. aérien et mélancolique, lointain et radieux, mémorable (évidence intemporelle) et tourné vers le futur (joie, optimisme), ce «dernier détail» a tout de l’accord parfait. » (Magic #212)

16- Car Seat Headrest, Twin Fantasy (Matador Records)

« Avant de publier trois albums remarqués chez Matador, dont Twin Fantasy (Face to Face), nouvel enregistrement d’un disque autoproduit de 2011, Will Toledo a été un adolescent et un étudiant aussi prolifique que doué, au coeur de ses années Bandcamp, malle aux trésors qui n’a pas ni d’influencer une musique vitale » (Magic #209)

17- Cosmo Sheldrake, The Much Much How How and I (Transgressive Records)

« The Much Much How How And I est aussi farfelu que son auteur, Cosmo Sheldrake. Tel un anthropologue, le Londonien parcourt le monde à la recherche de trésors sonores. Il sample ensuite ses trouvailles, y ajoute de multiples instruments acoustiques et crée des morceaux symphoniques étonnants. clarinette, cris d’oiseaux en voie de disparition, bulles du bain… Les sons ne sont pas tous identifiables, mais peu importe, l’ensemble s’harmonise. » (Magic #209)

18- Kamasi Washington, Heaven & Earth (Brainfeeder)

Le saxophoniste américain Kamasi Washington est un génie. Et ce Heaven & Earth sorti chez Brainfeeder le prouve. 

19- David Byrne, American Utopia
(Nonesuch Records)

« Il affirme une envie d’utopie, une impulsion positive à créer des idées nouvelles dans un disque de pop lumineuse. La musique de David Byrne, c’est depuis toujours la rencontre entre la nonchalance de Jonathan Richman et une saudade rieuse. » (Magic #208)

20- Julia Holter, Aviary (Domino Records)

« Trois ans après Have You in My Wilderness, Julia Holter revient avec le déroutant et gargantuesque Aviary: quinze titres d’environ six minutes de moyenne chacun. Les petits joyaux pop du précédent album studio (Feel You, Silhouette) ont laissé place à des compositions beaucoup plus complexes où les superpositions de couches sonores et expérimentations en tout genre viennent accompagner sa voix fine. » (Magic #212)

21- Olden Yolk, Olden Yolk (Trouble In Mind)

22- Frankie Cosmos, Vessel (Sub Pop)

23- Pauline Drand, Faits Bleus (Folo Label)

24- Daniel Blumberg, Minus ([PIAS])

25- Damien Jurado, The Horizon Just Laughed (Secretly Canadian)

26- Lump, Lump (Dead Oceans)

27- Jonathan Bree, Sleepwalking (Lil’ Chief Records)

28- Dominique A, La Fragilité (Cinq7)

29- Nils Frahm, All Melody (Erased Tapes Records)

30- Stuart A. Staples, Arrythmia (City Slang)

31- Richard Swift, The Hex (Secretly Canadian)

32- Parcels, Parcels (Because Music)

33- Laura Gibson, Goners (City Slang)

34- Pusha T, Daytona (Getting Out Our Dreams / Def Jam)

35- Makeshift, Makeshift (North Records / Microcultures / WW2W / Differ-Ant)

36- Embrasse moi, Embrasse moi (TFT Label / Microcultures / Differ-Ant)

 

37- Mermonte, Mouvement (Room Records)

38- Marissa Nadler, For my Crimes (Bella Union)

39- Marlon Williams, Make Way for Love (Dead Oceans)

40- Spirit Fest, Anohito (Morr Music / M.M.)

41- The Innocence Mission, Sun on the Square (Bella Union)

42- Idles, Joy as an Act of Resistance (Partisan Records)

43- Calvin Johnson, A Wonderful Beast (Sub Pop)

44- Concrete Knives, Our Hearts (Vietnam / Because Music)

45- Flavien Berger, Contre-Temps (Pan European Records)

46- Adrian Younge & Ali Shaheed Muhammad, The Midnight Hour (Linear Labs)

47- Adrianne Lenker, Abysskiss (Saddle Creek Records)

48- Superorganism, Superorganism (Domino Records)

49- Connan Mockasin, Jassbusters (Mexican Summer)

50- Jess Williamson, Cosmic Wink (Mexican Summer)

 

51- Parquet Courts, Wide Awake! (Rough Trade)
52- Chevalrex, Anti Slogan (Vietnam)
53- Jacco Gardner, Somnium (Full Time Hobby)
54- Clara Luciani, Sainte-Victoire (Universal Music France)
55- John Parish, Bird Dog Dante (Thrill Jockey / Differ-Ant)
56- Stephen Malkmus & The Jicks, Sparkle Hard (Domino Records)
57- La Fille de la Côte, Le deuxième soir non plus (Kakis & Guarana / Microcultures / Differ-Ant)
58- Foxwarren, Foxwarren (Anti-)
59- The Third Eye Foundation, Wake the Dead (Ici D’ailleurs…)
60- Pram, Across the Meridian (Domino Records)
61- Ty Segall, Freedom’s Goblin (Drag City)
62- The Good, the Bad and the Queen, Merrie Land (Warner)
63- The Lemon Twigs, Go to School (4AD)
64- Tample, Summer Light (Yotanka Records / [PIAS])
65- Vacarme, Vacarme (Murailles Music)
66- Molly Burch, First Flower (Captured Tracks)
67- The Sea and Cake, Any Day (Thrill Jockey / Differ-Ant)
68- Raoul Vignal, Oak Leaf (Talitres)
69- Halo Maud, Je suis une île (Heavenly Recordings / [PIAS])
70- Haley Heynderickx, I Need to Start a Garden (Mama Bird Recordings)
71- Go-Kart Mozart, Mozart’s Mini-Mart (Cherry Red)
72- Anna St. Louis, If Only There Was a River (Woodsist Records)
73- Thousand, Le tunnel végétal (Talitres)
74- Fenster, The Room (Altin Village & Mine)
75- Elvis Costello, Look Now (Concord Records)
76- Franz Ferdinand, Always Ascending (Domino Records)
77- Joel Henry Little, Spuyten Duyvil (Life is a Minestrone)
78- Frànçois Atlas, Fleurs du mal (Silène Records)
79- Natalie Prass, The Future and the Past (ATO Records)
80- The Limiñanas, Shadow People (Because Music)
81- Dream Wife, Dream Wife (Lucky Number Music Limited)
82- Ezra Furman, Transangelic Exodus (Bella Union)
83- Yo La Tengo, There’s a Riot Going On (Matador Records)
84- Rolling Blackouts Coastal Fever, Hope Downs (Sub Pop)
85- L. A. Salami, The City of Bootmakers ([PIAS])
86- Alexandra Stréliski, Inscape (Secret City Records)
87- The Goon Sax, We’re Not Talking (Wichita Recordings / [PIAS])
88- Daniel Avery, Song for Alpha (Phantasy Sound / [PIAS])
89- Barbagallo, Danse dans les ailleurs (Almost Musique / Sony)
90- Irmão Victor, Irmão Victor (Pop Superette Records)
91- Guillaume Charret et Lonny Montem, Tara (Marjan Records)
92- Juanita Stein, Until the Lights Fade (Nude Music / Modulor)
93- MGMT, Little Dark Age (Columbia Records)
94- Earl Sweatshirt, Some Rap Songs (Columbia Records)
95- Anna Calvi, Hunter (Domino Records)
96- Tony Molina, Kill the Lights (Slumberland Records)
97- Gruff Rhys, Babelsberg (Rough Trade)
98- Pyrit, Control (Kick the Flame)
99- Laura Veirs, The Lookout (Bella Union)
100- Brace! Brace!, Brace! Brace! (Teenage Hate Records / Howlin Banana Records)
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