Concert
3 décembre 2017
Shame, « that’s the name »
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Shame, « that’s the name »

Le groupe Shame s’annonce comme la prochaine sensation du rock anglais. Bonne nouvelle, les cinq potes de lycée assument parfaitement leur statut, notamment lors de lives survoltés, comme vendredi dernier au Point Ephémère à Paris.

Les premières notes de Dust On Trial résonnent à peine dans la petite salle du Point Ephémère à Paris que Shame impressionne déjà par sa puissance magnétique et sa cohésion redoutable. Les premiers sourires s’inscrivent sur les visages d’une assistance hétéroclite : les cheveux grisonnants perçoivent une résurgence du passé qui a pioché le meilleur de Television, de Joy Division ou de The Fall. Les plus jeunes, eux, peuvent voir dans cette jeune formation de potes d’à peine 20 ans de moyenne d’âge, un futur mythe, capable de révolutionner le rock anglais.

À en croire le regard habité de son charismatique leader, Charlie Steen, combinaison noire sur scène, vite partiellement abandonnée pour se retrouver torse nu après quelques chansons, les deux versions convergent dans un fracas aussi impressionnant que leur performance scénique. “Je veux que vous dansiez, assène le chanteur à une fosse extatique. Même si vous ne savez pas comment faire. Je ne sais toujours pas comment chanter”. Steen montre ici son art de la punchline mais sa voix, grave et remarquablement organique, s’impose comme un repère évident dans cet éboulement formidable de mélodies bouillantes.

Sur la route depuis 2014, très heureux d’être de retour en Europe après une tournée américaine, le groupe venu de Londres n’a encore sorti aucun album. Il faut attendre encore un gros mois avant la parution de Songs Of Praise chez Dead Oceans le 12 janvier 2018. En concert, Shame terrasse déjà son auditoire grâce à une succession de tubes aussi excitants que foisonnants. Concrete, déjà sorti cet automne, rappelle le meilleur du post-punk, One Rizla est une pop fascinante, Gold Hole subjugue par sa précision rock teintée de new-wave. Les cinq membres, ultra-solidaires et déchaînés, déploient une énergie folle et contagieuse. Sheen n’hésite d’ailleurs pas à offrir son micro aux premiers rangs ou à sauter dans la foule, voire à se faire porter par elle.

En cadeau, le groupe offre deux inédits, dont une piste intense et très courte en guise de rappel. “Shame! Shame! Shame! That’s the name”, hurle Charlie Sheen dans son micro à la fin d’un show inoubliable. Il peut en être sûr : après une telle performance, personne n’oubliera son nom.

Luc Magoutier

Partager sur Facebook Partager sur Twitter