Baxter Dury, la Route du Rock 2026
Baxter Dury, la Route du Rock 2026 | © Magic RPM

Baxter Dury, the « night chancer » était de sortie à la Route du Rock

Pour l’arrivée « on stage » de Mister Baxter Dury, à 23h15 et quelques poussières vendredi, la foule de La Route du Rock à Saint Malo est attentive, concentrée presque, face à la grande scène du Fort de Saint-Père, mise en appétit par la solide prestation des Écossais de Mogwai qui vient de s’achever un demi-heure plus tôt. Si la température à Saint-Malo et ses environs a chuté depuis la veille de quasi dix degrés (24°C, la nuit), ce n’est pas pour longtemps.

Boum, boum, boum… L’Anglais débarque en mode showman sur fond de musique disco/pop, accompagné de ses trois musiciens, un batteur énergique, un guitariste efficace et une claviériste/chanteuse très présente et s’occupant des chœurs. Baxter arpente la scène de long en large, se la joue crooner blasé, quelque part entre Serge Gainsbourg et les Pet Shop Boys, et fait mine de tomber la veste plusieurs fois, torse en avant, en mode «Retenez-moi, je vais faire un malheur !»

On reconnaît le groove contagieux d’Albarone, son dernier album conçu avec le producteur Paul Epworth (U2, Adele, FKA Twigs…), sorti à la rentrée 2025 et plutôt bien accueilli («Le résultat est âpre, synthétique, industriel aux origines d’une EDM incisive, ascendant nu-disco bien pulsée. Baxter Dury continue malgré lui de changer de peau après être arrivée à la fin d’un cycle avec The Night Chancer (2020) mais prend le contrepied de l’album précédent, I Thought I Was Better Than You (2023) qui le voyait avaler son ego en s’effaçant derrière plusieurs voix féminines…» écrivait votre revue pop moderne préférée).

Le son est fort, les basses bien en avant donnent envie de marquer le tempo en hochant la tête en cadence, on pense à Pulp à l’époque de Separations, le groupe joue carré, concentré en mode commando, permettant à Baxter de se démener. Mais, au bout de 4, 5 morceaux, le set s’essouffle un peu. Tous les titres sont hyper «timés», s’arrêtent d’un coup, et l’Anglais semble parfois égaré dans son personnage de pop-star extraverti, déclamant ses diatribes sardoniques, tantôt rageuses, tantôt pathétiques. Comme s’il n’y croyait pas tout le temps.

L’habillage electropop, un peu rétro, des morceaux fonctionne bien pourtant mais on sent que, côté public, on peine à identifier les tubes (nous aussi d’ailleurs, dans le désordre: Pleasure, Cocaine Man, Miami…). Baxter Dury n’est pas Jarvis Cocker/Pulp et n’a pas – lui – dans son escarcelle une demi-douzaine de hits instantanément reconnaissables.

Mais le gars et son groupe s’accrochent. En rappel, la formation se regroupe et hausse le niveau, mettant en place une sorte de disco pop vicieuse, addictive, à la Giorgio Moroder. Beats funkoïdes, nappes de synthés, le tout hyper séquencé, c’est parti pour un dernier round. On reconnaît le titre Prince of Tears dans le tumulte. Baxter est toujours en mode «Tu veux te battre?» Pas besoin, Baxter, ce quatrième passage s’est bien passé.

Dans la fosse, le public crie, applaudit, siffle. Content d’avoir vu ce sacré personnage labourer la scène.