Listomania
1 janvier 2020
« Féminine, inventive, variée » : Le Top 2019 de Luc Broussy
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« Féminine, inventive, variée » : Le Top 2019 de Luc Broussy

1. ALDOUS HARDING – Designer
2. SHANNON WRIGHT – Providence
3. TNDERSTICKS – No treasure but hope
4. LANA DEL REY – Norman Fucking Rockwell
5. LA FÉLINE – Vie Future
6. FLOATING POINTS – Crush
7. LITTLE SIMZ – Grey Area
8. DIIV – Deceiver
9. STEVE GUNN – The unseen in between
10. DERYA YILDIRIM & GRUP SIMSEK – Kar Yagar

Aldous Harding, Shannon Wright, Lana Del Rey, Adrienne Lenker (Big Thief), La Féline, Little Simz, Derya Yildirim, Cate Le Bon, Angel Olsen, Sharon Von Etten, Jessica Pratt, Julia Jacklin, Faye Webster, Michelle Blades, Nilüfer Yanya, Emily Jane White, Bedouine, Tiny Ruins, Helena Deland ou Weyes Blood sont autant d’artistes qui auront marqué cette année 2019. Et encore Courtney Barnett, Molly Burch, Julia Holter, PJ Harvey, Cat Power, Barbara Carlotti ou Léonie Pernet n’ont-elles pas sorti d’albums !

Pourtant, la journaliste Sophie Rosemont dans son Girls Rock édité cette année aux Editions NiL continue d’évoquer cette invisibilité des femmes musiciennes comme d’ailleurs parfois des journalistes musicales (ce qui me permet de rappeler, insidieusement, que lors de l’arrêt de Magic en avril 2016 la rédaction comptait… 20 hommes sur 20 : désormais vous pouvez lire tout au long de l’année les chroniques et articles de Alexandra Dumont, Violaine Schütz, Marie Moussié, Paméla Rougerie, Chayma Mehenna, Zoé Pinet, Laurence Buisson, Anouck Renaud…). Or se clôt en 2019 une décennie qui n’aura jamais connu une telle abondance, une telle concentration d’artistes féminines de talent.

Au moment d’élaborer ce Top 10 – en ayant volontairement fait l’impasse sur l’évidence Weyes Blood, meilleur album de l’année pour les rédactions de Magic et de Uncut – me sont venus naturellement à l’esprit la folk revisitée par la grimaçante et habitée Aldous Harding ou le piano démiurgique de Shannon Wright. L’évidence, c’était aussi de rendre hommage au chef-d’œuvre d’une Lana Rel Rey, celle qu’on a longtemps prise pour une poupée sans âme, et qui se révèle une des artistes majeures de la décennie.

Choisir Vie Future était également incontournable, La Féline Agnès Gayraud, « philosophe-journaliste-maman » s’imposant progressivement une auteure et musicienne phare de la scène française. Il fallait bien un représentant de cette réjouissante vague anglaise du moment (Slowthai, Ezra Collective, Dave, Mura Masa, Skepta..) : ce sera la volubile et inventive Little Simz. J’ai craqué enfin pour la pop psyché de l’allemande d’origine turque Derya Yildirim qui remet au goût du jour l’anadolu pop.

Dans un registre plus classique mais impressionnant de maîtrise, Steve Gunn (que Magic avait reçu au printemps 2017 en première partie de Vashty Bunyan), les New-Yorkais de Diiv ou les inusables Tindersticks n’ont pas quitté ma platine. Et puis est arrivé en fin d’année un de ces albums qui délivrent ses secrets écoute après écoute : Floating Points (derrière lequel se cache le neuroscientifique (si si…), Sam Shepherd) fait partie de ceux-là comme d’ailleurs le Nick Cave, définitivement hors-concours.

2019 aura ainsi été à l’image de la décennie qu’elle clôture : féminine, inventive, variée.

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