Listomania
20 décembre 2019
Les 100 albums de l’année 2019
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Les 100 albums de l’année 2019

Titanic Rising de Weyes Blood trône en première place de notre Top annuel. Suivi de près par le délicat U.F.O.F. de Big Thief et la grande œuvre pour piano-voix de Shannon Wright, Providence. Lors d’un débat passionné, nous avons constitué ce classement qui souligne in fine ce que nous affirmons depuis des mois maintenant : les femmes sont au firmament de la pop.

Comme il se doit, chaque fin d’année, nous vous proposons une respiration pour scruter avec attention l’année musicale et discographique écoulée. Nous vous dévoilons ici le classement des 100 meilleurs disques millésimés 2019 selon la rédaction de Magic. Si vous avez participé à notre campagne de pré-commandes de nos deux hors-séries, vous pourrez lire l’analyse que nous faisons de ce classement dans quelques jours. Vous pouvez dès à présent rattraper les disques qui vous ont échappés ou confronter vos choix aux nôtres. Bonne lecture !

1 – Weyes Blood – Titanic Rising (Sub Pop)

« Titanic Rising a la prestance de ces œuvres-univers qui imposent leur autorité dès les premières coulées de son, puis qui consolident leur irréelle puissance avec le temps. Un artiste ne touche pas cet état de grâce trente-six fois dans son itinéraire. Il suffit de converser quelques minutes avec la Californienne pour saisir qu’elle porte encore en elle de beaux paquets d’enchantements à venir, mais il est manifeste que toutes les planètes se sont alignées pour mettre au monde les dix merveilles de chanson qui constituent cet album. » (Magic #214)

2 – Big Thief – U.F.O.F. (4AD)

« Ce disque est hanté comme un conte. Adrianne Lenker y chante de sa voix mi-espiègle, mi-habitée une forêt, des chauves-souris, des vers bouillis, des miroirs magiques et des pigeons qui tombent comme des flocons de neige… C’est donc officiel, Big Thief n’est pas le projet solo déguisé de sa chanteuse. Le groupe rivalise de musicalité, de finesse et de complicité. Rarement a-t-on entendu dans un disque pop une section rythmique aussi subtile. (Magic #215)

3 – Shannon Wright – Providence (Vicious Circle Records)

« Providence est exceptionnel. Les mots qu’y chante Shannon content une histoire douloureuse, celle d’un amour qui échoue, d’une relation qui se meurt, de deux chemins qui se séparent. Derrière son piano, Shannon Wright se fait multitude. Sa voix se dédouble, ses mains sur le clavier dialoguent, l’écho nimbe les chansons d’une brume qui en brouille les contours, en repousse les limites. Ces nœuds de résistance que sont les morceaux de Providence prennent des airs de chants infinis. D’hymnes à l’appel au large. La voix perce de ses aigus la fine pellicule qui semblait, jusqu’à ce qu’elle s’exprime, séparer Shannon du reste du monde. (Magic #217)

4 – Aldous Harding – Designer (4AD)

« Deux ans après Party, qui lui valut la reconnaissance internationale, Aldous Harding maintient le rythme en faisant paraître Designer, un disque qui, plus encore que le précédent, est parti pour prendre un abonnement sur nos platines, par choix (c’est magnifique) et par nécessité (cherchons le sens de cette beauté). » (Magic #214)

5 – Tyler, The Creator – Igor (Columbia / Sony Music)

« Le concept du disque donne à l’avatar du rappeur californien toute sa substance. Découpé en douze épisodes, IGOR est la chronique douloureuse d’une relation dont même les premières effluves, celles qui respirent encore à peu près le bonheur, ont quelque chose de toxique. À partir de là, l’histoire ne peut prendre qu’un tour dramatique : pris dans l’étau d’un triangle amoureux, Tyler bataille pour éviter que l’homme qu’il aime ne le quitte pour retomber dans les bras de son ex-compagne. Entre en scène Igor, l’incarnation de son égo torturé, sorte de double maléfique au cœur brisé, rongé par la jalousie. » (Magic #216)

6 – Nick Cave – Ghosteen (Ghosteen Ltd)

« L’œuvre que Nick Cave fait paraître cet automne nous enseigne que, blessé dans sa vie d’homme comme il l’a été, il n’a plus ni besoin ni moyen de se mêler à la comédie humaine. Son dix-septième album, Ghosteen, est un événement musical de soixante-huit minutes qui n’appartient pas tout à fait au monde des vivants, œuvre qui a su mettre en musique et en vers la plus puissante intimité des êtres, celle de la mort qui rôde ou, plus douloureux encore – dans le cas de Nick Cave –, la fin de vie de l’enfant, probablement le plus insupportable des sorts. » (Magic #218)

7 – JPEGMafia – All My Heroes Are Cornballs (EQT Recordings)

« Même s’il a dorénavant l’attention des médias branchés et du grand public depuis son l’excellent Veteran (2018) JPEG Mafia, Barrington DeVaughn Hendricks de son vrai nom, a dévoilé un album en forme de majeur tendu au mainstream. Ce trublion provoc’ du rap US underground ne semble pas prês de renoncer à sa chaotique créativité. Toujours sinistre, quoique plus mélodique que son prédécesseur, All My Heroes Are Cornballs, étend encore la palette de JPEG Mafia. Il est partout à la fois. Il rappe, chante, produit, tout cela avec un brio fou. » (Magic #218)

8 – Big Thief – Two Hands (4AD) 

« Au fil des albums de Big Thief (le quatrième en quatre ans, le deuxième cette année sans compter les deux disques en solo des membres fondateurs du groupe, Adrianne Lenker et Buck Meek, publiés en 2018), cette voix s’est affirmée comme l’une des plus singulières et des plus intenses du paysage musical contemporain. Two Hands paraît moins de six mois après son précédent, le magistral U.F.O.F. (déjà coup de cœur Magic il y a deux numéros, mais pourquoi résister ?). » (Magic #217)

9 – Bertrand Belin – Persona (Cinq 7 / Wagram Music / Grosse Boîte)

«Produire, c’est réduire», nous disait un jour une amie musicienne. En six albums depuis 2005, Bertrand Belin semble avoir fait de cette stratégie, pas si oblique que ça, son motto, déroulant sur ce Persona nouveau son rythme si caractéristique, balancier du marcheur dans la grande ville, ou du blues le plus ancien, mais moins porté ici par son singulier jeu de guitare que par des batteries mates, des basses répétitives, ponctuées d’inserts subits de synthétiseurs, comme des trouées de lumière, ou d’obscurité, dans la narration. » (Magic #213)

10 – Altin Gün – Gece (Glitterbeat Records)

« Jasper Verhulst, avec deux autres musiciens vus eux aussi aux côtés de Jacco Gardner, ainsi que Merve Dasdemir et Erdinc Yildiz Ecevit, natifs du Proche-Orient, modernisent les standards turcs à coup de pédales fuzz. Dans leur deuxième album, le lumineux Gece, la bande mixte continue de rendre hommage à cette période prolifique où psychédélisme occidental et répertoire classique turc ont fusionné. »

11 – O – À terre ! (Vietnam)

12 – Bill Callahan – Shepherd in a Sheepskin Vest (Drag City)

13 – Tindersticks – No Treasure But Hope (City Slang)

14 – La Féline – Vie future (Kwaidan Records)

15 – (Sandy) Alex G – House of Sugar (Domino Recording)

16 – Cate Le Bon – Reward (Mexican Summer) 

17 – Bruit Noir – II / III (Ici, d’ailleurs…)

18 – Efterklang – Altid Sammen (4AD)

19 – Floating Points – Crush (Ninja Tune)

20- Philippe Katerine – Confessions (Cinq7 / Wagram Music)

21 – Fontaines D.C. – Dogrel (Partisan Records)

22 – Angel Olsen – All Mirrors (Jagjaguwar)

23 – Orouni – Partitions (December Square)

24 – DIIV – Deceiver (Captured Tracks)

25- Andrew Bird – My Finest Work Yet (Loma Vista Recordings)

26 – Thom Yorke – Anima (Unsustainabubble / XL Recordings)

27 – Purple Mountains – Purple Mountains (Drag City)

28 – Steve Gunn – The Unseen in Between (Matador Records)

29 – Sharon Van Etten – Remind Me Tomorrow (Jagjaguwar)

30 – Olden Yolk – Living Theatre (Trouble In Mind Records)

31 – Vincent Delerm – Panorama (Tôt ou tard)

32 – Fat White Family – Serfs Up! (Domino Recording)

33 – Jessica Pratt – Quit Signs (City Slang)

34 – Baptiste W. Hamon – Soleil, soleil bleu (Bmg Rights Management)

35 – Deerhunter – Why Hasn’t Everything Already Disappeared? (4AD)

36 – Helado Negro – This Is How You Smile (RVNG Intl.)

37 – Kevin Morby – Oh My God (Dead Oceans)

38 – Swans – Leaving Meaning (Young God / Mute)

39 – Little Simz – GREY Area (Awal Recordings)

40 – Froth – Duress (Wichita Recordings / [PIAS])

41 – Metronomy – Metronomy Forever (Because)

42 – Chris Cohen – Chris Cohen (Captured Tracks)

43 – Jungstötter – Love Is ([PIAS] Germany)

45 – Tiny Ruins – Olympic Girls (Marathon Artists)

46 – Orville Peck – Pony (Sub Pop)

47 – Hyperculte – Massif Occidental (Bongo Joe Records)

48 – Sandro Perri – Soft Landing (Constellation)

49 – Michael Chapman – Americana Vol. 1 & 2 (Mooncrest Records)

50 – Oiseaux-Tempête – From Somewhere Invisible (Sub Rosa)

51 – David Chalmin – La Terre invisible (Ici D’ailleurs)
52 – The Soft Cavalry – The Soft Cavalry (Bella Union)
53 – Lewsberg – Lewsberg (Lewsberg Records)
54 – Bill Pritchard & Frédéric Lo – Rendez-vous Streets (Water Music)
55 – Le Villejuif Underground – When Will the Flies in Deauville Drop (Born Bad Records)
56 – Sneaks – Highway Hypnosis (Merge Records)
57 – FKA Twigs – Magdalene (Young Turks)
58 – Charlene Darling – Saint Guidon (L’Amour aux mille parfums)
59 – Calexico and Iron & Wine – Years to Burn (City Slang)
60 – Ezra Collective – You Can’t Steal My Joy (Enter The Jungle)
61 – Arlt – Soleil enculé (Objet Disque)
62 – Julia Jacklin – Crushing (Transgressive Records / [PIAS])
63 – Faye Webster – Atlanta Millionaires Club (Secretly Canadian)
64 – Mohamed Lamouri – Underground Raï Love (Almost Music)
65 – Michelle Blades – Visitor (Midnight Special Records)
66 – Ride – This Is Not a Safe Place (Wichita Recordings / [PIAS])
67 – Nilüfer Yanya – Miss Universe (ATO Records / [PIAS])
68 – Biche – La Nuit des Perséides (Banquise Records)
69 – Bruce Springsteen – Western Stars (Bruce Springsteen)
70 – Derya Yıldırım – Kar Yağar (Bongo Joe)
71 – Slowthai – Nothing Great About Britain (Method Records)
72 – Cochemea – All My Relations (Daptone Records)
73 – Emily Jane White – Immanent Fire (Talitres)
74 – Flying Lotus – Flamagra (Warp)
75 – It’s Sunday – Tissue Issues (CryBaby & Howlin Banana Records)
76 – Frédéric Lo – Hallelujah! (Water Music) 
77 – Jesca Hoop – Stonechild (Memphis Industries / Hoop da Hoop)
78 – Wives – So Removed (City Slang)
79 – Marble Arch – Children of the Slump (Géographie)
80 – Pierre Daven-Keller – Kino Music (Kwaidan Records)
81 – The Proper Ornaments – Six Lenins (Tapete Records)
82 – Rozi Plain – What a Boost (Memphis Industries)
83 – Michael Kiwanuka – Kiwanuka (Polydor)
84 – Tropical Fuck Storm – Braindrops (Joyful Noise Recordings / Tropical Fuck Storm)
85 – Whitney – Forever Turned Around (Secretly Canadian)
86 – Elias Dris – Beatnik Or Not To Be (Vicious Circle Records)
87- Patrick Watson – Wave (Secret City Records / Domino Recording)
88 – Gilles Poizat – Horse in the House (Carton Records)
89 – The Gotobeds – Debt Begins at 30 (Sub Pop)
90 – Theo Lawrence – Sauce Piquante (TOMIKA RECORDS / BMG)
91 – Unloved – Heartbreak (Heavenly Recordings / [PIAS])
92 – Temples – Hot Motion (ATO Records / [PIAS])
93 – Sinkane – Dépaysé (City Slang)
94 – Battles – Juice B Crypts (Warp Records)
95 – Ezra Furman – Twelve Nudes (Bella Union)
96 – Th Da Freak – Freakenstein (Howlin Banana Records)
97 – Le SuperHomard – Meadow Lane Park (Elefant Publishing / Alter K Publishing)
98 – Beck – Hyperspace (Fonograf Records, under exclusive license to Capitol Records)
99 – Fabio Viscogliosi – Rococo (Objet Disque)
100 – Stephen Malkmus – Groove Denied (Domino Recording)

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