Chroniques d'albums
20 avril 2011
Low - C'mon
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Low - C'mon

You try to spleep, then you never wake up« , chante Low sur le premier morceau de ce nouvel album, neuvième étape d’une carrière désormais longue de dix-huit années. On aurait pu craindre en effet que le trio de Duluth peine à émerger du grand sommeil dans lequel il semblait plongé depuis la sortie de Drums & Guns (2007), dont les tonalités glaciales auraient pu suffire à expliquer cette longue phase d’hibernation volontaire. Une vie de famille bien occupée pour Mimi Parker, un retour à la bande dessinée pour Zak Sally et un projet parallèle chronophage pour Alan Sparhawk (Retribution Gospel Choir) : autant de symptômes de lassitude qui semblaient augurer d’un avenir pour le moins incertain. En compagnie d’un nouveau bassiste (Steve Garrington), le couple princier du slowcore s’est pourtant décidé à rompre ces quatre ans de silence pour se confronter bille en tête à son glorieux passé.

Enregistré dans la même église que Trust (2002), C’mon apparaît comme un retour aux sources lumineux et inspiré, où les guitares lancinantes et les entrelacs vocaux de Parker et Sparhawk résonnent immédiatement de manière familière alors que quelques invités (Nels Cline à la pedal-steel, Dave Carroll au banjo) apportent parcimonieusement une coloration musicale inédite à quelques arrangements plus folk ou plus country S’éloignant des thèmes martiaux et sombres évoqués sur son précédent album, Low renoue également avec les évocations plus classiques du sentiment amoureux (le splendide et dépouillé 20$, les huit minutes épiques de Nothing But Heart). Alors qu’une chorale de jeunes séraphins conclut en beauté l’ultime Something’s Turning Over, on se dit que Low peut se rendormir paisiblement pour quelques années encore. Qu’importe puisqu’il laisse derrière lui la matière musicale nécessaire pour alimenter les plus doux des rêves.

Matthieu Grunfeld

Partager sur Facebook Partager sur Twitter