Sous Surveillance
28 avril 2015
Velvet, porno et scène française : Entracte Twist à l’honneur
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Velvet, porno et scène française : Entracte Twist à l’honneur

QUI ?
Maxence Tomasso (chant, guitare)
Étienne Chuc (basse)
Sam Ramon (batterie)
Stanislas de Miscault (guitare)
Ilhan Palayret (clavier, machine)

OÙ ?
Paris (France)

QUOI ?
Composé d’une bande de Lyonnais et de Strasbourgeois montés à la capitale pour s’y ennuyer, Entracte Twist combat l’abattement avec une morgue altière. Enfant du Velvet Underground (donc de Suicide, des Feelies et de La Souris Déglinguée), le groupe est nourri “de films de science-fiction des nineties, d’images urbaines qu’on découpe et qu’on colle”, confie Maxence, chanteur et guitariste. Six-cordes sur le fil, basse qui caracole et rythmique sous pression mais jamais speed (songez aux Stooges), Entracte Twist dresse le panorama grisâtre de ce début de siècle. On pense forcément à Mustang à l’écoute de chansons du calibre de 38 Special. Et l’on décèle un clin d’œil à David Bowie dans le break de Superstructure, chanson la plus “velvetienne” de toutes, ainsi baptisée d’après un vieux concept tenant de l’architecture comme du marxisme. On ne soulignerait même pas le chant en français (désormais enfin ancré dans les mœurs) si la plume ne jouait pas si joliment avec la langue. Écriture automatique ? “On aime ce qui est mécanique et répétitif. Ça évite les références ou les messages lourdingues”, poursuit Maxence, qui “admire des stylistes comme Metal Urbain ou Charles Trenet”.

DERNIÈRE SORTIE
Pour l’heure, un EP disponible sur Bandcamp contient quatre morceaux. D’autres extraits comme Crash ou Jimmy Et Moi traînent sur la Toile. “On a beaucoup de nouvelles chansons qui ne sont pas encore enregistrées mais qu’on joue déjà sur scène”, avertit Maxence. “On attendait de pouvoir se roder en concert avant de publier un format physique. Le groupe est jeune, on a fêté notre premier anniversaire en janvier 2015.” Le mois de février dernier devait voir Old Vibrations Records éditer une (inévitable) cassette. “C’est un peu hipster, mais c’est cool et pas cher.”

TUBE ABSOLU
Christine Young. Sans pudibonderie, on avoue qu’on a dû “googler” ce nom pour se rencarder. Une starlette porno, donc. C’est une tradition pop ou presque : Traci Lords avait joué avec les Ramones et Manic Street Preachers, Hefner avait baptisé The Fidelity Wars (1999) d’après un film pour adultes et Sasha Grey a donné de la voix chez Current 93. “C’est un hommage à notre adolescence, les premiers émois, les jeunes filles en fleur et surtout le porno. Quand on a quinze ans à Lyon, coincé entre des concerts du Peuple De L’Herbe ou des mecs qui font des bolas sur les quais, le porno reste une valeur sûre pour tromper l’ennui.” Cela dit, pas besoin de connaître la filmographie intégrale de la jeune Canadienne pour apprécier ce garage nerveux posé sur un rythme obsédant. Et Maxence d’ajouter : “Son nom sonne plutôt pas mal. Alan Vega aurait pu l’utiliser, comme Mr. Ray ou Frankie Teardrop.”

FUTUR CONDITIONNEL
La tournée de tout ce que Paris compte de squats, de rades et de salles avant le split dans l’indifférence générale ? Ou un triomphe pour ce que la France a enfanté de plus hargneux depuis les précités Mustang ? Ça ne tient qu’à vous, après tout. Laissons la parole aux intéressés : “Actuellement, la scène française est sans doute la plus excitante de ces dix dernières années avec des groupes de garage ou de pop incroyables, souvent signés chez Born Bad ou Teenage Menopause. Ce qui manque ? Des salles sans limitateur de son. Et sortir de France, justement.”

Par Thibaut Allemand

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