Listomania
17 janvier 2020
The Innocence Mission, Bill Fay, Of Montreal, A Girl called Eddy… Ça sort aujourd’hui et Magic aime
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The Innocence Mission, Bill Fay, Of Montreal, A Girl called Eddy… Ça sort aujourd’hui et Magic aime

Avec See You Tomorow de The Innocence Mission, Countless Branches de Bill Fay et Ur Fun de of Montreal, Magic vous a sélectionné les disques importants de ce vendredi 17 janvier.

THE INNOCENCE MISSION – See You Tomorrow
(BELLA UNION / THERESE RECORDS)
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Rien n’a vraiment changé pour Karen Peris et les siens. Pourtant, tout est différent depuis Sun on the Square (2018), et la signature du trio américain sur le label Bella Union. The Innocence Mission est dans une révolution permanente du détail, de l’infime indice qui révèle une nuance dans le décor. See You Tomorrow sonne en bien des points comme une synthèse qui cherche à réconcilier les différentes étapes de l’histoire de The Innocence Mission. Un disque ami et irradiant d’empathie.

BILL FAY – Countless Branches
(DEAD OCEANS)
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Cinquante ans après son premier album, Bill Fay, voici Countless Branches, cinquième album du chanteur et troisième depuis son retour en 2012. Fay continue ici d’explorer les thèmes qui lui sont chers : la nature, le cycle de la vie, les destinées humaines – et leur caractère éternel et éternellement mystérieux. Les chansons tranchent ici par le choix de l’épure qui a guidé leur enregistrement. Elles sont courtes (généralement moins de trois minutes) et resserrées autour de la voix et du piano de Bill Fay, semblant, en leur art de la suggestion, dix haïkus. Bouleversant.

OF MONTREAL – Ur Fun
(POLYVINYL)
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Les dernières années avaient été quelque peu décevantes pour les fans d’of Montreal, après une décennie dorée ponctuée d’une poignée de très grands disques. Leurs albums restaient bons mais presque attendus dans leur excentricité – un comble pour un groupe aussi fou et né dans la queue de comète du collectif Elephant 6. Dès sa pochette, chromée comme un clip MTV, Ur Fun annonce une coloration eighties plus marquée, tout en solos de claviers irisés et rythmiques agressives. Un peu plus synthétique que psychédélique, ce seizième album garde heureusement, et magnifie même, tout ce qui fait la grandeur du groupe de Kevin Barnes. 

A GIRL CALLED EDDY – Been Around 
(ELEFANT RECORDS)
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On n’aurait sans doute pas parié un kopeck, avant sa collaboration en 2018 avec Mehdi Zannad de Fugu sous le nom de The Last Detail, sur le retour d’Erin Moran alias A Girl Called Eddy. Bien avant Weyes Blood, sur son premier et unique album (à ce jour) produit par Richard Hawley en 2003, l’Américaine s’inspirait de la pop West Coast. Usant des gimmicks du genre, des ballades à la Bacharach ou des cuivres virevoltants, Erin Moran ne tombe jamais dans le seul exercice de style. Been Around vient encore démontrer cette qualité que l’on trouve toujours dans les grands disques, des œuvres qui s’infiltrent malgré nous à la faveur d’une oreille distraite et auxquelles on reviendra ensuite pour mieux en découvrir avec surprise les détails à chaque écoute. 

ALICE BOMAN – Dream On 
([PIAS])
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À l’instar des inévitables et plus ou moins indispensables polars nordiques, cette songwriteuse élégiaque de provenance boréale a un air de déjà-vu. Mais on aurait tort d’ignorer cette native de Malmö, en Suède, tant la poignée de singles à laquelle sa discographie pouvait se résumer jusqu’à présent fait preuve de constance d’écriture. Sa dream pop gracile s’étire désormais sur un album délicieusement mélancolique. La bande son toute trouvée pour un hiver au coin du feu.

AOIFE NESSA FRANCES – Land of No Junction 
(BA DA BING RECORDS / BASIN ROCK) 
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Un disque en forme d’invitation au voyage à travers les mille vies que semble avoir déjà vécues la jeune autrice-compositrice-interprète irlandaise dont la voix chaude et intemporelle envoûte à la première écoute. La Dublinoise, aidée par le guitariste surdoué Cian Nugent avec qui elle coproduit le disque, nous offre la rencontre parfaite entre folk orchestrale et pop psychédélique, tout en se permettant quelques irrésistibles variations jazzy. On pense aux débuts de Weyes Blood tout en rêvant à Nico et on se dit que l’on tient sans doute déjà l’une des grandes révélations de l’année.

MARTHA HIGH & THE ITALIAN ROYAL FAMILY Nothing’s Going Wrong
(BLIND FAITH RECORDS) 
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Chanteuse dans le backing band de James Brown pendant trente-deux ans – c’est elle dans l’intro de The Payback, hit de 1974 – Martha High, soixante-dix-neuf ans, revient avec Nothing’s Going Wrong sur le label italien Blind Faith Records avec le producteur Luca Sapio aux commandes. Derrière sa voix presque juvénile se cache une grande dame toujours à l’écoute des bouleversements sociaux. Et même si cet album n’apporte rien de plus à la musique afro-américaine, l’exil à Rome de la diva aura le mérite de marier les grandes heures de la funk et des cuivres façon Ennio Morricone.

AJJ – Good Luck Everybody
(AJJ UNLIMITED LTD) 
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Ne vous fiez pas aux apparences. Les ballades guillerettes aux airs de comptines de Noël issues de Good Luck Everybody, septième album studio d’AJJ (ex-Andrew Jackson Jihad), risquent de refroidir l’ambiance de vos soirées d’hiver. “Mega Guillotine I love you”, “The ugliest word is anthropocene”… Les folkeux d’Arizona, pour la première fois sans label, crachent avec humour et cynisme leur dégoût pour les vices de notre époque dirigée par l’homme au teint orange.

KEELEY FORSYTH – Debris 
(THE LEAF LABEL) 
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Debris fait partie de cette catégorie des premiers disques immédiatement habités. L’Anglaise Keeley Forsyth y distille une étrangeté fantasque qui ne dépareillerait pas chez Aldous Harding. Malaxant le désuet et le désespoir, elle invente une musique d’une singularité parfois glaçante. Avec sa voix rauque au maniérisme théâtral, elle creuse dans ses propres plaies pour en extraire une matière vivante faite d’ellipses et de complaintes folk intemporelles. Peut-être la naissance d’une future immense artiste. 

ALGIERS – There Is No Year
(MATADOR)
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There Is No Year marque une nouvelle étape dans la discographie de ce quatuor originaire d’Atlanta. Un disque qui se révèle moins claustrophobique, grâce à la science de la reverb du producteur Randall Dunn. Même si le passif hardcore du multi-instrumentiste Ryan Mahan ressurgit et malgré quelques facilité, cette grande marmite d’influence dépoussière à merveille la protest song de ce début de siècle.

Mais rien ne vous empêche d’écouter aussi les autres sorties du jour :

Holy Fuck – Deleter (Last Gang)
Lina_Raül Refree – Lina_Raül Refree (Glitter beat)
Deena Abdelwahed – Dhakar (InFiné)
Mura Masa – R.Y.C (Polydor)
Emmanuel Tugny – Délie (Boom Record / Inouïe Distribution)
Pinegrove – Marigold (Rough Trade)
Deleyaman – Sentinel
Oval – Scis (Thrill Jockey)
Jochen Tiberius Koch – Astoria (Scole Records)
Pale Saints – The Comforts of Madness (réédition augmentée) (4AD)
Pop Crimes – Debut EP (Howlin Banana)
Molécule – Nazaré EP  (Because)
Pâle Regard – Terrain Vague EP
McBaise – Raviolo EP

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