Listomania
10 décembre 2019
« Pourquoi choisir ? » : le Top 2019 de Philippe Mathé
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« Pourquoi choisir ? » : le Top 2019 de Philippe Mathé

Jusqu’à la fin de l’année, nos rédacteurs publient le Top 10 de leur année pop. Voici celui de Philippe Mathé. Le Top de la rédaction sera publié dans nos hors-séries de fin d’année à pré-commander et à pré-financer ici.

1 – BIG THIEF – U.F.O.F. / Two Hands (4AD)
2 – ALDOUS HARDING – Designer (4AD)
3 – LANA DEL REY – Norman Fuckin Rockwell ! (Polydor)
4 – PURPLE MOUNTAINS – Purple Moutains (Drag City)
5 – BON IVER – I,I (Jagjaguwar)
6 – ANDREW BIRD – My Finest Work Yet (Loma Vista)
7 – NICK CAVE – Ghosteen (Ghosteen LTD)
8 –  WEYES BLOOD – Titanic Rising (Sub Pop)
9 – STEVE GUNN – The Unseen in Between (Matador)
10 – ANGEL OLSEN – All Mirors (Jagjaguwar)

À quoi bon choisir ? Cette année, Big Thief a signé deux chefs-d’œuvre qui sont les deux faces d’une même pièce : U.F.O.F. l’astral, Two Hands le terrien. Deux disques entre folk et rock indé. Deux preuves évidentes de l’immense talent de l’incroyable Adrianne Lenker. Elle s’affirme comme l’un des voix les plus habitées d’une époque qui n’en manque pourtant pas.

Ainsi, la Néo-zélandaise Aldous Harding nous a encore charmés en se montrant plus apaisée, moins gothique mais toujours aussi passionnante. Ainsi, Lana Del Rey, délestée de quelques gimmicks agaçants, n’a jamais été aussi touchante que dans ces ballades brûlantes ; Nathalie Mering, alias Weyes Blood, continue de tutoyer les sommets ; Angel Olsen transforme son spleen en ballades irrésistibles. De drôles de drames.

Des drames pas drôles aussi. Comme la disparition de David Berman quelques jours à peine après la parution d’un splendide album sous le nom de Purple Mountains, en compagnie de musiciens de Woods. Comme la mort de son fils qui continue de hanter Nick Cave dans un Ghosteen dont on n’a toujours pas fini d’explorer les méandres.

Labyrinthique, Bon Iver l’a souvent été. Jusqu’à nous perdre en route. La surprise de I,I n’en est que plus belle tant la sophistication n’empêche plus l’émotion. Tout aussi élaboré, plus classique, Andrew Bird affirme avoir présenté son meilleur travail jusqu’ici. Et on le croit volontiers. Enfin, il ne faudrait pas oublier, même s’il a dégainé en tout début d’année, Steve Gunn : génial guitariste, superbe songwriter. Il sait aussi bien faire les deux. À quoi bon choisir ?

Philippe Mathé

Philippe Mathé est journaliste à Ouest-France depuis vingt ans. Il y écrit régulièrement sur la musique, en plus de ses attributions sur les pages générales et la « une ». Il a rejoint Magic en 2016, au moment de la nouvelle formule, un magazine qu’il lisait dès les années 1990 à la glorieuse époque de la brit pop.
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