Listomania
5 novembre 2019
Nos 6 concerts préférés au Pitchfork Festival 2019
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Nos 6 concerts préférés au Pitchfork Festival 2019

La soirée du vendredi 1er novembre, très pop et très indie, a été sans surprise la plus mémorable pour nous au Pitchfork Festival 2019, avec Weyes Blood en état de grâce.

1. Weyes Blood

Dans un environnement plus impressionnant, Natalie Mering a mis un peu plus de temps à se chauffer que lors de son passage à la Maroquinerie ce printemps. Mais une fois Seven Words passée, l’Américaine a atteint des sommets de grâce et de musicalité. Soustraites à leurs arrangements luxuriants, les chansons de son merveilleux Titanic Rising demeurent des sommets harmoniques et mélodiques que ses yeux mi-clos et sa voix habitée transcendent en permanence. Movies, final interprété dans une lumière bleu aquatique, hante encore celles et ceux qui ont vu ça.

2. Primal Scream

Le temps n’a pas de prise pour ce groupe qui, dans les années 1990, aura réussi le double exploit d’être le chantre du cross over rock – acid house grâce à Screamadelica (1991) et de signer en 1994 avec Give out but don’t give up le meilleur album des Rolling Stones depuis Exile on Main Street. Le degingandé Bobby Gillespie, dans son costume trois pièces rose flashy, et Simone Butler, la bassiste la plus sexy de l’histoire du rock, ont eu le temps d’égrener un rapide best-of. De Loaded (avec sa fameuse introduction dite par Peter Fonda) à Country Girl reprise par toute la salle (y compris le public âgé de vingt ans…) en passant par Rocks devenu un must des concerts du groupe écossais alors même que l’album dont il est tiré – celui de 1994 – avait été considéré par le NME comme une « trahison ». Vendredi soir, Primal Scream a surtout montré combien il demeurait fidèle à son talent et à son public, et ce, depuis maintenant trente bonnes années.

3. The Comet is coming

Quelles meilleures conditions pour voir un groupe qui mélange allègrement jazz, musiques électroniques, funk et psychédélisme qu’une salle confinée où il fait chaud, où les gens sont collés et dansent comme des forcenés ? C’est ainsi que s’est laissé découvrir « le studio », nouvelle salle située au sous-sol de la grande halle de la Villette où le Pitchfork s’est encore tenu cette année. Shabaka Hutchings, saxophoniste et clarinettiste anglais reconnu pour son avant-gardisme et sa technique, y a donné, accompagné de ses deux acolytes (un calviériste et un batteur), un show d’une folie et d’une générosité peu commune. Ce voyage dans le temps et dans l’espace piloté par « King Shabaka » n’aura laissé aucun doute quant à l’origine d’un tel surnom.

4. Orville Peck

Ce même studio était bien trop étroit pour tous ceux qui avaient hâte d’entendre une des sensations de l’année : Orville Peck. Alors que le chanteur country est généralement assimilé à un américain balèze et beau gosse portant des chemises de bucheron, Orville Peck, lui, est canadien, queer et… beau gosse, on n’en sait rien, puisqu’il a pris l’habitude de porter un drôle de masque. Mais au-delà de la curiosité, la salle était surtout pleine à craquer pour entendre une country scandée par le fils naturel de Roy Orbison et Chris Isaak. Tout était parfait sauf la taille de la salle inversement proportionnelle à la passion qu’a suscitée la prestation de l’auteur de Pony

5. Belle and Sebastian

Le groupe écossais était en grande forme, porté par un bonheur communicatif, aux antipodes du halo de mystère savamment entretenu dans lequel avait débuté sa carrière il y a plus de vingt ans. Il avait promis « des vieilleries et des chansons plus récentes ». Les classiques, dès l’inaugural Dog on wheels, ont été les temps forts d’un set radieux, conclu par une espèce de party géante sur scène pour une centaine d’heureux spectateurs. Certains n’étaient manifestement pas nés quand l’album Tigermilk suscitait l’hystérie de la presse indé. Culte.

6. Ezra Collective

Il était tôt, ce jeudi, premier soit du festival, quand la quintette britannique Ezra Collective a donné le premier récital du festival sur la grande scène. A l’image de ce que nous avions décrit dans notre numéro 214 sur la scène jazz londonienne, ce fut un flow de sons puisés aux racines du cool des années 1950 et 1960, dans un souffle épique nourri des musiques urbaines du siècle nouveau. Quelques solos superflus, comme presque à chaque fois que le jazz rôle. Mais un son brillant, bouillant et si actuel.

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