9 novembre 2007
Radiohead
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Radiohead

Ce quintette d’Oxford réunit les frères Greenwood (le guitariste Jonny et le bassiste Colin), le batteur Phil Selway, le guitariste Ed O’Brien et le chanteur guitariste Thom Yorke. En 1993, après quelques mois de disette et une percée sur le front américain, Radiohead connaît son premier succès sur le vieux continent par l’intermédiaire du single Creep, placé sous haute influence de Nirvana, extrait d’un premier Lp un peu tendre et hésitant entre rock furieux et pop élaborée, Pablo Honey (1993). Deux ans plus tard, The Bends (1995) dévoile le quintette plus sûr de son fait, passé maître dans l’art de la ballade tortueuse et vénéneuse, portée par la voix de falsetto très particulière de Yorke. Dès lors, deux solutions semblent s’offrir à un groupe qui commence à séduire : un succès démesuré à la U2 ou une carrière météorique à la Joy Division, tant le chanteur semble en proie à un mal de vivre communicatif… C’est finalement la première option que Radiohead décide de suivre. En 1997, le groupe, conscient de sa popularité et animé d’ambitions presque démesurées, publie ainsi OK Computer, œuvre aussi surprenante que saisissante où la formation abandonne les schémas conventionnels pour s’intéresser à d’autres formes musicales – le groupe l’avoue, la découverte d’Aphex Twin, Autechre ou Steve Reich les a bouleversés. Cet album fait, entre autres, monter la cote de son producteur, Nigel Godrich – considéré à raison comme un sixième membre de l’ombre – et surtout expédie ses auteurs dans les plus hautes sphères de la pop moderne. Plutôt que de se reposer sur des lauriers mérités, Radiohead continue ses recherches en tâtonnant avec le diptyque Kid A (2000) et Amnesiac (2001), deux disques qui lui valent les acclamations de la scène électronique sans pour autant offenser son public. Fidèles en amitié et en business (ils travaillent sur la route avec la même équipe depuis leurs débuts), Yorke et ses compagnons laissent libre cours à toutes leurs idées, organisent des concerts dans des lieux particuliers et conçoivent même un chapiteau qu’ils emmènent tout autour de la planète. Et puis, vient l’heure d’un retour aux sources, avec la parution en 2003 de Hail To The Thiefs : les guitares, certes mêlées à des convulsions synthétiques, retrouvent une place de choix le temps d’une œuvre qui synthétise le savoir-faire du quintette. Considéré comme LE groupe majeur des années 90, Radiohead a réussi son passage dans le nouveau millénaire et est parvenu à emprunter de multiples directions musicales, en conservant une popularité sans cesse croissante. Ce qui lui permet de claquer la porte de son label historique (EMI) pour voler de ses propres ailes. Les cinq comparses viennent ainsi de publier In Rainbows, un album brut et d’une efficacité éprouvée, que le public a pu télécharger en fixant le prix qu’il souhaitait alors que les fans définitifs ont pu commander une somptueuse version offrant vinyle, Cd et photos. Ce qui n’empêche pas les natifs d’Oxford de proposer une version plus traditionnelle de ce nouvel Lp, témoin d’une liberté étourdissante sans cesse renouvelée.

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