9 novembre 2007
Manic Street Preachers
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Manic Street Preachers

Le groupe gallois, guidé à ses débuts par le théoricien et piètre guitariste Richey James Edwards, est l’une des figures emblématiques et incomprises de la scène pop des années 90. S’ils ont affirmé avant même leur premier album leur split pour des raisons éthiques et esthétiques (“un groupe ne devrait sortir qu’un seul album puis se séparer” ), on se félicitera que le chanteur à la voix haut perché James Dean Bradfield et ses acolytes n’aient jamais joint le geste à la parole.
Dès leurs débuts, les Manic Street Preachers – complétés par l’inamovible section rythmique Nicky Wire (basse) et Sean Moore (batterie) – se distinguent du reste de la scène britannique d’alors, en descente de baggy et portée désormais sur le shoegazing, grâce à un son et des morceaux plus volontiers rock (entre punk et hard), des textes engagés et un look glamour piqué aux Clash version 1977. En 1992 et après une poignée de Ep’s sur le génial label Heavenly Recording, le quatuor réalise sur une major son premier Lp Generation Terrorists, dont la seule Motorcycle Emptiness justifie l’achat. Évoluant entre glam et heavy, ces jeunes gens multiplient les déclarations fracassantes et actes décapants – à l’instar d’un Richey insaisissable qui inscrit au rasoir sur son avant-bras les mots “4 real” face à un journaliste qui doute de leur sincérité… Incompris hors de leur Grande-Bretagne natale – où son troisième opus The Holy Bible (1994) remporte un beau succès –, le groupe est surtout frappé en février 1995 par la disparition (son corps n’a jamais été retrouvé) d’Edwards, qui, s’il mimait plutôt qu’il ne jouait la plupart du temps sur scène, signait tous les textes. Après un temps d’hésitation, les trois survivants décident de poursuivre l’aventure et vont alors signer leurs disques les plus accomplis musicalement, piochant avec talent et effronterie dans la pop sixties ou dans la new-wave (bien avant que celle-ci ne soit réhabilitée). Et des œuvres tels Everything Must Go (1996), Know Your Enemy (2001) ou Lifeblood (2004) de rivaliser d’agilité et d’à-propos mélodiques. Alors, même s’ils n’ont jamais obtenu le succès escompté, les Manic Street Preachers n’en demeurent pas moins l’une des formations majeures de la fin du 20ème siècle et du début de ce troisième millénaire.

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