Nidjo dévoile "Funambule" en exclusivité pour Magic, et on a été plutôt soufflés par ce clip en stop-motion, digne d’un Wallace & Gromit, qui accompagne cette mélancolique pop DIY à la Mac DeMarco.
Ouf. À l’heure où il suffit de donner deux-trois vagues consignes à Google Gemini pour avoir un clip tout « beau » en vingt-huit secondes, parfait pour accompagner la musique sans colonne vertébrale pondue par votre dernier prompt Suno, on a encore des artistes qui « en chient comme pas possible », comme dirait mon paternel, pour donner vie, littéralement, à leur art. Nidjo est de cette catégorie-là.
Nidjo, aka Nicolas Jovovic, guitariste aussi bien sur scène que pour la musique à l’image, possède actuellement 29 auditeurs Spotify par mois – plus pour longtemps –, et s’inspire de Mac DeMarco ou Connan Mockasin pour façonner une pop en français, dont Funambule est le deuxième extrait. Une pop lo-fi, mais pas trop, avec un peu de synthé et un peu de guitare. Une pop mélancolique traitant de l’addiction aux smartphones, de l’isolement et de la dépression – thèmes ô combien importants pour la génération Z –, mais agréable et accueillante comme un siège de métro sur la ligne 11 en heure de pointe.
Le métro, parlons-en : Nidjo a passé les six derniers mois à réaliser le clip de Funambule en stop-motion, armé de carton, d’armatures en métal et de beaucoup, beaucoup, beaucoup de pâte à modeler, et autant, comme suggéré par le communiqué de presse, de moments de galère. Oui, toutes les images de ce mini-Nidjo ont été animées à la main, millimètre par millimètre, frame par frame, en utilisant la même technique de stop-motion qu’un bon vieux Wallace & Gromit. Et quand un clip nous scotche autant que le morceau qu’il accompagne, on se doit de le souligner.
Seul point d’interrogation – pour avoir une rame de métro aussi vide, Nidjo prend-il la 3 Bis ? La 7 Bis ? Une question qui va nous travailler toute la journée.