Après avoir publié une forme d’autobiographie
musicale en deux volumes inusables, thématiquement liés mais bien distincts – À
L’Origine (2005) et Trash Yéyé (2007) –, Benjamin Biolay s’est
décidé à franchir le pas en publiant son premier véritable double album. Un
format qui suscite généralement bien des craintes tant il s’est souvent avéré
synonyme de complaisance redondante et de longueurs superflues mais qui sied à
merveille à un talent polymorphe, parfaitement à son aise dans la gestion d’une
telle profusion. Une fois encore, les esprits chagrins en seront pour leur
frais, bien en peine pour pointer la moindre faiblesse et le plus minuscule
relâchement. C’est bien simple : la proportion de déchets parmi ces
vingt-deux titres avoisine le zéro absolu.
Émancipé des limites inhérentes au format court, le maître des lieux explore les facettes contrastées de son inspiration et parvient à faire cohabiter sans tension ballades acoustiques (Raté, très réussi), scansions hip hop à la The Streets (Brandt Rhapsody, en duo avec Jeanne Cherhal) et hymnes pop d’une évidence parfaite où transparaît définitivement son amour pour The Smiths (Prenons Le Large, Si Tu Suis Mon Regard). Il prend également un plaisir communicatif en approfondissant une gamme de sentiments plus diverse et complexe encore qu’à l’accoutumée, juxtaposant la mélancolie solitaire (Night Shop) et les grands élans euphoriques (Padam, prochain single), la désillusion la plus noire (Mélancolique) et les sursauts d’espoirs (Reviens Mon Amour).
Et même si les sentiments amoureux et l’ambivalence qu’ils suscitent demeurent ici omniprésents, Biolay s’autorise quelques incursions judicieuses dans des tonalités moins égotistes (Assez Parlé De Moi, s’exclame-t-il ironiquement), dédicaçant une chanson à sa fille (Ton Héritage, bouleversant) et s’attaquant même, de manière à la fois poétique et incisive, au totalitarisme mollasson, si caractéristique de l’époque (Sans Viser Personne). Tout aussi à l’aise dans les courses de fond que dans les sprints fractionnés, Benjamin Biolay n’a décidément rien perdu de sa Superbe.
Émancipé des limites inhérentes au format court, le maître des lieux explore les facettes contrastées de son inspiration et parvient à faire cohabiter sans tension ballades acoustiques (Raté, très réussi), scansions hip hop à la The Streets (Brandt Rhapsody, en duo avec Jeanne Cherhal) et hymnes pop d’une évidence parfaite où transparaît définitivement son amour pour The Smiths (Prenons Le Large, Si Tu Suis Mon Regard). Il prend également un plaisir communicatif en approfondissant une gamme de sentiments plus diverse et complexe encore qu’à l’accoutumée, juxtaposant la mélancolie solitaire (Night Shop) et les grands élans euphoriques (Padam, prochain single), la désillusion la plus noire (Mélancolique) et les sursauts d’espoirs (Reviens Mon Amour).
Et même si les sentiments amoureux et l’ambivalence qu’ils suscitent demeurent ici omniprésents, Biolay s’autorise quelques incursions judicieuses dans des tonalités moins égotistes (Assez Parlé De Moi, s’exclame-t-il ironiquement), dédicaçant une chanson à sa fille (Ton Héritage, bouleversant) et s’attaquant même, de manière à la fois poétique et incisive, au totalitarisme mollasson, si caractéristique de l’époque (Sans Viser Personne). Tout aussi à l’aise dans les courses de fond que dans les sprints fractionnés, Benjamin Biolay n’a décidément rien perdu de sa Superbe.