Le groupe français Syd matters a gravé, entre 2003 et 2010, quatre albums entre pop et folk psychédélique, avant de s’évanouir. Jonathan Morali, qui en écrit et interprète les chansons, s’est ensuite consacré à la musique instrumentale, notamment à l’occasion de collaborations avec le cinéma. Le cinquième album du groupe sort finalement en l’extrémité de cet été 2026. Le silence est rompu, la voix retrouvée, l’art intact. "A Gospel of Some Sort", enregistré avec les musiciens de toujours de la formation – à savoir en un quintette d’exception – est un grand disque sur la perte, à la profondeur inépuisable. Rencontre avec Jonathan Morali.
Il s’est passé près d’une quinzaine d’années depuis le précédent album de Syd matters et pourtant, on retrouve, intacts, le son du groupe, le grain du chant. C’est comme si ces années n’avaient pas passé. Comment l’expliques-tu ?
C'est vrai qu'il y a une continuité entre ce disque et les précédents, malgré les années qui les séparent. Il y a, paraît-il, deux types de musiciennes et musiciens : ceux qui cherchent qui ils sont en explorant des chemins différents à chaque fois, en essayant de se réinventer à chaque disque. Et ceux qui creusent inlassablement le même sillon tout au long de leur carrière. Je fais clairement partie de cette dernière catégorie ! Ce n'était pas pr