El Perro del Mar (Big Anonymous) bannière
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© Hedvig Jenning

Alexandra Dumont a rencontré Sarah Assbring, alias El Perro del Mar, pour prolonger en questions la conversation sur la mort que la Suédoise engage avec l'auditeur sur le lyrique et superbe "Big Anonymous".

Et si la mort m’était contée. Elle le serait définitivement par El Perro del Mar. Son sixième album, Big Anonymous, aborde le thème très sensible de l’au-delà. Avec un lyrisme assumé, qui vous submerge et vous laisse à genoux. L’image n’est pas choisie au hasard. La Suédoise Sarah Assbring l’a appréhendée à maintes reprises dans la tourmente du deuil, omniprésent dans sa vie, et largement sous-estimé par nos sociétés occidentales. Pourtant, la mort est partout, en direct à la télévision, à des heures de grande écoute. Elle s’insinue sournoisement en chacun de nous, dans notre intimité, dans nos esprits. Mais on ne sait absolument rien d’elle : cette grande inconnue, ou plutôt notre plus grande certitude. Une réflexion inaccoutumée sur laquelle El Perro del Mar fait toute sa lumière. Une conversation qu’elle engage avec l’auditeur.

Tu reviens avec un nouvel album, Big Anonymous, le premier depuis huit ans, qui fait suite à l’EP Free Land, sorti en 2020. Comment est-il né ?

Free Land était traversé par la pandémie. Quand il est sorti, le monde était à l’arrêt et j’étais déjà en train de finaliser Big Anonymous. Mais je l’ai dans la tête depuis bien plus longtemps que ça. Je l’ai écrit à l’origine pour un concert-performance dont la première s’est tenue en décembre 2019 au Dramaten, le Théâtre dramatique royal historique de Stockholm. C’est très inhabituel pour moi d’écrire d’abord pour la scène, mais avec le recul, ça s’est avéré extrêmement positif. Je me suis ainsi permise de n’utiliser aucun filtre, notamment pour les paroles. Parce que la représentation impliquait des danseurs, je n’avais pas à en prendre le lead, je n’étais pas la figure centrale. J’ai beaucoup discuté avec le chorégraphe. Nous avons parlé de la musique, des émotions qu’elle véhiculait, de la façon dont les paroles pourraient accompagner les mouvements. De quoi tenir à bonne distance de moi un propos éminemment personnel, car il s’agit d’une conversation entre une personne vivante et un proche disparu, entre une fille et son père. J’avais besoin de mettre à distance ce projet pour réussir à aller au bout. Je suppose que ça m’a aidée d’une certaine façon. C’était sans doute l’un des albums les plus faciles à faire, contre toute attente (sourire).

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