black midi 1 - Hellfire
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© Atiba Jefferson

Après "Schlagenheim" en 2019 et "Cavalcade" en 2021, le trio anglais black midi revient avec "Hellfire", trip mental et baroque sur un scénario de stress post-traumatique, fusionnant complexité math rock, stridences post-punk et orchestrations luxuriantes, entre opera-rock à la Scott Walker et anime de guerre sur Adult Swim. On a interrogé Geordie Greep (guitare, voix), Cameron Picton (basse, voix) et Morgan Simpson (batterie) sur la fabrication de ce captivant soleil noir. Trois smart guys.

Cet article correspond à la version complète de l'entretien abrégé dans les pages de l'hebdo pop moderne n°24.

Qu’est ce qui a inspiré les paroles de Hellfire, marquées par la guerre et l’idée de l’Enfer ?

Geordie Greep : La guerre est une chose universelle. Raconter des histoires sombres, infernales,  de manière fantasque, parfois humoristique, permet de rendre ces sujets graves plus appréciables, avec une certaine distance. Le récit d’Hellfire n’est pas une histoire «à clés», qui ferait référence à des personnes existantes dans le monde réel, même s’il s’en inspire évidemment. Tout est imaginaire, artificiel. Platoon, Voyage au bout de l’enfer ou Patton font partie des films que j’ai revus avant l’enregistrement de l’album, qui est un peu un pastiche de tout ça. L’enfer, ou la question de l’enfer, est fascinante : c’est fou de penser que des gens on inventé toutes sortes de manières terribles de souffrir, de se faire souffrir. La guerre et l’enfer ont toujours fait partie du présent.

Cameron Picton : La guerre en Ukraine est évidemment une coïncidence. Mais toutes les chansons enregistrées ces cent dernières années l’ont été alors qu’il y avait une guerre quelque part dans le monde. Il y a peut-être eu six mois de paix mondiale dans les trois-cents dernières années. C’est un fait avec lequel nous vivons. Qu’un conflit aie lieu actuellement en Europe ne le rend pas pire que tous ceux qui ont lieu ailleurs.

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