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Formation emblématique de l’ère du « revival garage psych », les Allah-Las reviennent avec "Sirenas", leur sixième album. Et même si ce nouveau disque laisse de côté les harmonies vocales au profit d’une collection entièrement instrumentale de chansons, il donne toujours autant envie de sortir son longboard... même si vous habitez au bord du canal de l’Ourcq. Rencontre avec Miles Michaud.

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Salut Miles ! Vous êtes en tournée, c’est ça ?

Miles Michaud (chant / guitare) :  Oui, tournée au Royaume-Uni. Enfin, là, on est à Utrecht. On vient juste de rentrer du Royaume-Uni hier soir, en ferry.

Et comment se passe la tournée jusqu’ici ?

C’est super. Il n’a pas autant plu qu’on le pensait. Il fait plutôt beau. Les concerts sont chouettes. On a eu quelques nuits bien tardives, tu vois.

Vous avez emporté un peu du climat californien avec vous.

Ouais. Il fallait bien qu’on en ramène un peu.

À quoi ressemble votre setlist aujourd’hui, avec tous vos morceaux classiques des précédents albums et maintenant un album entièrement instrumental, Sirenas

On essaie de jouer quelques morceaux de chacun de nos albums. C’est toujours comme ça qu’on aime faire. On ne veut pas faire écouter trop de nouveaux morceaux aux gens, mais personnellement, on n’adore pas non plus jouer uniquement les anciens. On essaie donc de saupoudrer tous les tubes de tous les albums dans le set.

Parce que je vous ai découverts, comme beaucoup de gens, vers 2012-2013, quand j’ai commencé à m’intéresser à cette vague garage-psyché, surtout chez les artistes californiens comme vous, FIDLAR et tous ces groupes. Et avec Catamaran, vous avez sorti l’un des grands hymnes de cette époque. Après cinq albums à explorer ce genre de son, est-ce que tu as ressenti le besoin de vous en éloigner ?

Je pense qu’on a commencé le groupe en 2008 et qu’on a joué pendant un moment avant que notre premier album sorte. Et comme tu le dis, tout à coup, beaucoup de groupes ont commencé à avoir ce son. Partout où on se tournait, il y avait un nouveau groupe avec des guitares pleines de réverbération. C’était quelque chose qu’on aimait, mais on aimait aussi plein d’autres sons, plein d’autres types de musique, tout ça. Et en fait, la raison principale pour laquelle on a fini par avoir ce son, c’est qu’on répétait littéralement dans un garage. On écrivait nos morceaux dans un garage, on jouait super fort et on essayait de jouer les uns par-dessus les autres. Ce n’était pas une décision consciente de devenir un groupe de surf rock ou quoi que ce soit. Mais oui, je pense que même au moment où le premier album est sorti, malgré le fait qu’il ait eu un gros impact avec Catamaran, Long Journey et tout ça, on était déjà prêts à nous éloigner un peu de ce son. On avait envie d’aller vers quelque chose d’un peu plus psychédélique, folk, comme ce qu’on a fait sur Worship the Sun, avec ce côté Laurel Canyon. Donc oui, et depuis, on n’a jamais arrêté de changer.

Et qu’est-ce qui vous a poussés à passer à un album entièrement instrumental et sans rupture ?

Tu sais, c’est encore une fois quelque chose qui n’était pas vraiment prévu. On se retrouvait chez moi – j’ai un studio à Topanga Canyon – et on se retrouvait là-bas pour trouver des idées, les enregistrer, avec l’idée de les transformer plus tard en morceaux. Mais beaucoup d’entre elles nous plaisaient telles quelles, en tant qu’instrumentaux. Donc on les a simplement terminées comme ça. On a encore d’autres morceaux qu’on avait écrits à cette époque et qui serviront pour d’autres chansons à l’avenir. Mais on s’est dit « pourquoi ne pas sortir ceux-là tels quels ? » Ils étaient prêts, ils fonctionnaient. On ne voulait plus y toucher, on ne voulait pas les surcharger, et ils marchaient très bien comme instrumentaux. Alors on s’est dit : pourquoi pas ?

Donc tu disais que vous aviez déjà ces morceaux. Est-ce que tu dirais que vous aviez tout ce qu’il fallait — que ce soit le matériel ou simplement les techniques musicales — pour faire en sorte qu’ils fonctionnent sans avoir besoin de paroles ?

Je pense qu’avec toute la merde qu’on avait mise dans ces morceaux au niveau instrumental, il n’y avait de toute façon plus de place pour des paroles. Toutes les mélodies qui auraient pu être ajoutées sont déjà prises par d’autres instruments et tout ça. Donc je me suis dit qu’on allait laisser celui-ci devenir un instrumental. Les gens aiment beaucoup la musique instrumentale en ce moment, nous y compris, alors pourquoi pas ?

Dans le communiqué de presse, Brian Eno est évidemment cité. Est-ce qu’il y a d’autres artistes ou groupes – qui étaient déjà entièrement instrumentaux, ou qui ont commencé comme des groupes avec voix avant de faire des albums entièrement instrumentaux – qui vous ont influencés pour ce disque ?

Tu sais, Cluster, Neu!, Fripp & Eno… Je crois qu’on cite beaucoup Eno. Beaucoup de krautrock et tout ça. Ces groupes sont principalement instrumentaux, même s’ils ont aussi fait des albums avec des voix. Mais je pense qu’on a toujours énormément aimé tout ce qui touche au krautrock et qu’on en a intégré certains éléments sur ce disque.

Et qu’est-ce qu’un morceau instrumental peut transmettre qu’une chanson classique ne peut pas, selon toi ?

Je pense que ça permet peut-être de mieux transmettre une sensation de lieu. Quand tu n’interprètes pas la musique à travers les paroles, tu peux l’interpréter à travers les sons de l’espace. Et peut-être pas tellement une émotion, mais plutôt une sensation physique. Je pense que ça peut transmettre ce genre de sensation un peu mieux que des mots.

Quand je pense à un disque comme Sirenas, je pense à quelque chose comme Plantasia de Mort Garson, qui était un album conçu pour faire pousser les plantes. Si tu devais utiliser Sirenas pour provoquer quelque chose dans le monde réel, est-ce que ce serait pour faire pousser des vagues ou quelque chose comme ça ?

La culture de la vague, mec. Invoquer les vagues des dieux des océans et des mers. J’adore l’idée (rires). Ce sera notre prochain projet.

Parce que ce que j’aime avec Sirenas, c’est qu’en l’écoutant, je n’ai pas vraiment trouvé de morceau qui se détache particulièrement. D’habitude, pour moi, un morceau qui sort du lot sur un album est souvent celui dont je peux m’approprier les paroles. Là, il n’y a pas de paroles, évidemment, mais ça donne au disque une vraie fluidité, comme de l’eau, dans le meilleur sens du terme. Et j’ai lu que vous aviez un peu pensé comme des DJ sur ce disque. Qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Eh bien, tu sais, on faisait autrefois le podcast Reverberation Radio, et on a repris un peu cette méthodologie pour le mixage et l’enchaînement des morceaux. Il y a toujours un passage de la face A à la face B qui est un peu abrupt, et c’est volontaire. Mais à part ça, les deux faces s’enchaînent assez naturellement. Je ne sais pas, on aime simplement ça. On aime écouter les choses de cette façon. Reverberation Radio nous manque un peu. Ça fait un moment qu’on ne le fait plus. À l’époque, c’était presque comme un autre boulot, et on ne gagnait jamais d’argent avec, donc on finissait par se demander pourquoi on faisait ça. Mais maintenant, ça nous manque, évidemment. Donc c’était amusant de séquencer un album de cette manière, dans cet esprit. Et tu as raison : les morceaux ne donnent pas forcément l’impression de devoir se retrouver tous sur le même disque. C’est justement peut-être pour ça qu’ils fonctionnent encore mieux les uns avec les autres.

Et pour revenir au live dont on parlait tout à l’heure, certains morceaux pourraient aussi servir d’interludes pendant vos concerts.

Oui, tout à fait. On en a parlé. On a aussi parlé de laisser les gens les télécharger et les remixer s’ils en ont envie. S’ils veulent ajouter des voix dessus, ce serait cool aussi. L’idée était un peu d’en faire un disque de transition. Entre deux albums avec des voix, on sort cet album instrumental. Ça nous met un peu moins de pression et on veut simplement laisser les gens en faire ce qu’ils veulent, l’interpréter comme ils veulent. Donc ça nous intéressera beaucoup de voir ce qu’ils vont en faire.

L’un de mes albums préférés de 2026, c’est la version super deluxe de Box for Buddy, Box for Star de This Is Lorelei. Et la version super deluxe, c’est essentiellement chaque morceau qui a été retravaillé par un artiste que Nate Amos apprécie. Tu as donc des versions énormément différentes des chansons. Donc peut-être que Sirenas pourrait devenir un super disque à faire évoluer comme ça : donner les morceaux à des groupes et à des artistes dont vous êtes proches, les laisser travailler dessus, éventuellement créer des paroles…

Ouais, c’est une super idée.

Et justement, comme Reverberation Radio a aussi cette dimension…Je pense que ce serait un super moment pour recommencer, puisque ce disque a été aussi fortement influencé par ça.

Non, on en a parlé. On a envie de recommencer. Il faut simplement qu’on trouve la bonne manière de le faire, parce que je ne pense pas qu’on le refera sous la forme d’un podcast. On le fera probablement sur un autre service, mais on aimerait développer le projet et en faire quelque chose de plus important. Peut-être intégrer de la vidéo et d’autres choses comme ça. Donc on travaille dessus.

Oui. Et avec Reverberation Radio, vous avez passé des années non seulement à faire votre propre musique, mais aussi à dénicher et partager celle d’autres artistes. Est-ce que tu dirais que ce travail de curation a changé les standards que tu imposes à ta propre musique ?

Probablement. Tu sais, on était des collectionneurs et des curateurs avant d’être des artistes, avant même d’être un groupe. Donc c’est difficile de dire dans quelle mesure ça nous a influencés. Mais tout ce travail de recherche qu’on a fait, tous les genres, toutes les périodes et toutes les époques musicales dans lesquels on s’est plongés… Ça doit forcément avoir une influence sur quelque chose. C’est juste que je ne saurais pas dire exactement comment. Tout ça est dans nos têtes chaque fois qu’on se retrouve pour écrire de la musique, et ça ressort d’une manière ou d’une autre.

Est-ce qu’il y a un nouveau rabbit hole dans lequel tu aimerais plonger pour les prochains albums ?

Je ne sais pas, c’est difficile à dire. Mais je pense qu’on aimerait refaire quelques morceaux pop, tu vois. Des trucs un peu fédérateurs, qu’on puisse chanter tous ensemble, quelque chose comme ça.

Parce que, comme je le lisais dans tes précédentes interviews, tu suis chaque impulsion, chaque idée qui te vient, mais certaines de ces impulsions ne mènent nulle part. Du coup, quelle place occupe, dans Sirenas, le fait d’apprendre à savoir quand arrêter de suivre une idée ?

Tu vois assez vite quand il y a trop de choses. Donc on enregistrait toutes sortes de trucs, puis on revenait en arrière, on en retirait certains. Et généralement, à la fin de ce processus, tu as quelque chose sur lequel tout le monde peut se mettre d’accord.

Quel morceau t’a demandé le plus de temps pour arriver au résultat final ?

Probablement Vini Da Gama. C’est le seul qu’on a entièrement réenregistré. Et c’est aussi celui pour lequel on a eu le plus gros travail de réflexion, de préparation et tout ça. Donc ouais, c’est celui-là.

C’est intéressant que tu mentionnes Vini De Gama parce que le titre ressemble vraiment au nom d’une plage.

On voulait faire un morceau hommage à Vini Reilly, de The Durutti Column. Et puis on s’est rendu compte qu’un autre groupe avec qui on est amis, de Californie du Sud, avait un morceau qu’ils n’ont pas encore sorti… Oh putain, les lumières viennent de s’éteindre ! Je suis dans un immeuble néerlandais, donc tout est automatique. Et là j’ai plus de lumière… Ah, c’est bon ! Et donc ouais, ils ont un morceau qui s’appelle Ode to Vini, même s’ils ne l’ont pas encore sorti. Du coup, on s’est dit « OK, il faut qu’on trouve autre chose. » On aurait pu l’appeler « Vasco De Gama », comme l’explorateur, mais on a choisi Vini Da Gama. Donc ce n’est pas une plage, mais ça en a le son.

Et Abre Caminos, quelle était ton inspiration pour ce titre ?

Il y a une bougie de prière mexicaine dans le studio, et dessus, il y a écrit « Abre Caminos ». Ça veut dire « ouvrir les routes ». Et l’image montre une voiture qui roule sur une route sinueuse, avec une illustration assez cheap, des signes dollar et tout un tas de trucs. C’est de là que vient le titre.

Quelle route aimerais-tu ouvrir ?

Je veux surtout m’assurer qu’elles restent ouvertes.

De quelle manière ? Est-ce qu’il y a une dimension politique derrière ça ?

C’est davantage quelque chose d’inspirant, mais oui, ça peut aussi être politique. Enfin, tu peux l’interpréter comme tu veux. Tu ne veux aucune route fermée. Tu veux que toutes les routes soient ouvertes, que tout circule. Le trafic, les informations, l’énergie… Tu veux que tout soit fluide.

Quand j’ai vu dans le communiqué de presse les références à Cousteau, ça m’a parlé, parce que c’était aussi une de mes icônes quand j’étais gamin : Jacques Cousteau, le célèbre documentariste français. J’ai grandi dans une ville balnéaire du nord-ouest de la France, donc j’étais complètement obsédé par la vie marine. Comment tu as découvert son travail et qu’est-ce que tu trouves de si inspirant chez lui ?

Eh bien, en plus de la vieille musique, on aime aussi les vieux films, les vieilles émissions de télé et toutes sortes de trucs comme ça. Donc on a regardé plein de vieux films de Jacques Cousteau dans le van ou dans le bus. Et on aime beaucoup les figures iconiques qui consacrent toute leur vie à leur passion. Et qui l’a fait davantage que Jacques Cousteau ? C’est vraiment quelqu’un de très inspirant. Donc ouais, on l’adore. Et je suis content d’apprendre que toi aussi.

Ouais, il a pratiquement inventé la plongée sous-marine et la biologie marine moderne. Tu comprends pourquoi Wes Anderson a fait La Vie aquatique. Et, aussi sérieusement que ça puisse paraître, j’ai vraiment ressenti une sorte d’ambiance de documentaire biologique sous-marin dans cette musique. Est-ce que créer un jour la bande-son d’un documentaire, c’est quelque chose qui te plairait ?

Absolument. On a d’ailleurs parlé de ce disque comme d’une possible bande-son pour un film qu’on aimerait faire un jour. On a commencé par faire la bande-son. Donc, tu sais, on verra si on fait le film ou pas, mais j’adorerais, c’est sûr. On a déjà fait des trucs de ce genre, en composant des morceaux pour des films et tout ça, et on adore toujours ça.

Quel genre de film tu créerais avec ce disque ?

Un western spaghetti, peut-être.

Chaque fois que j’écoute le disque, j’ai un peu l’impression que chaque morceau représente son propre environnement. Chaque morceau représente son propre monde.

C’est exactement ce qu’on disait. Chaque morceau pourrait être sa propre scène. Le premier morceau, par exemple, se déroule dans un restaurant italien. Ensuite, tu es dans un aéroport, puis dans une fumerie d’opium, ou je ne sais pas, n’importe où. Mais chaque morceau est un peu sa propre petite vignette. Et c’est comme ça qu’on a commencé à avoir l’idée d’en faire un film.

Et vous avez construit cet univers collectivement, ou chacun des membres du groupe avait sa propre vision, ses propres idées, ses propres lieux en tête pour les morceaux ?

N’importe qui pouvait arriver avec une idée qui allait servir de base au morceau. Ça pouvait être une ligne de basse, un rythme de batterie, une ligne de guitare, un synthé, peu importe. Et si c’était suffisamment accrocheur, on construisait tous autour. Donc ouais, il n’y avait pas vraiment de formule. C’était simplement celui qui avait l’idée autour de laquelle les autres avaient envie de jouer. C’est comme ça qu’on fonctionne. On a aussi passé beaucoup de temps à déconner en studio, tu vois, mais c’est justement ce qu’il y a de plus amusant. C’est ce qu’on aime faire.

Et en dehors du studio, est-ce qu’il y a eu des endroits particulièrement inspirants que vous avez visités pendant le processus de création de Sirenas ?

Je ne sais pas trop. Être à Topanga est déjà assez inspirant en soi. Tu es à dix minutes de Malibu. Tu es entouré d’arbres, de grottes, de ruisseaux. Donc je pense qu’on a vraiment beaucoup puisé dans cet environnement pour ce disque.

Est-ce qu’il y a une plage dans le monde que tu aimerais visiter plus que tout ?

Peut-être les Maldives.

Quand j’étais ado, je faisais un peu de surf et je me suis récemment souvenu des Mentawai, un archipel en Asie. Et je me disais : « Putain, si je reccomence à surfer, il faudrait absolument que j’aille là-bas. » Toi, ta musique a toujours été influencée par le surf. Est-ce que tu surfes toujours ?

Ouais, bien sûr. Ouais. J’ai grandi avec la plage visible depuis chez moi. Donc c’était simplement quelque chose que tu faisais. C’était très naturel. Tu apprenais à surfer, tu apprenais à faire du skateboard, tu passais juste beaucoup de temps à la plage, de manière générale. Donc ouais, ça faisait partie de mon enfance et j’essaie d’y retourner autant que possible aujourd’hui. J’aimerais pouvoir surfer davantage, mais j’essaie quand même d’y aller quelques fois par mois.

Ouais, mais la musique, c’est un peu comme le surf, tu vois. Dans les deux cas, c’est créatif et ça demande de s’y consacrer. Bon, au moins, pour faire de la musique, tu n’as pas besoin d’attendre que les vagues soient suffisamment bonnes.

Enfin, tu dois quand même attendre quelque chose. Tu dois attendre cette petite étincelle qui arrive. Et parfois, c’est comme ça que j’ai toujours fonctionné. Je n’essaie jamais de forcer les choses. Même si je devrais probablement le faire, je n’essaie jamais de… J’attends toujours qu’une idée arrive, et à ce moment-là, il faut que je sois prêt à l’enregistrer et à la développer immédiatement. Sinon, je me laisse distraire et je l’oublie.

Qu’est-ce qu’une sirène représente pour toi ?

Ah, tu veux dire le concept de la sirène ? C’est la tentation, et on peut en trouver partout. Il y a plein de choses qui sont tentantes, qui t’éloignent de ce que tu devrais faire et de ce sur quoi tu devrais te concentrer. Et putain, il y en a beaucoup, surtout aujourd’hui. Il y a tellement de distractions. Donc c’est de plus en plus difficile de rester concentré, de travailler sur ses objectifs et tout ça. Donc les sirènes sont partout.

Quelle a été ta dernière distraction ?

Probablement être en tournée et boire. Et faire la fête. Et me lever trop tard. Mais bon, ça fait partie de la tournée. Mais une fois rentré chez moi… C’est assez difficile pour moi de me mettre dans un état d’esprit créatif quand je suis constamment bombardé par toutes ces putains de nouvelles. Donc ouais, je dirais que c’est probablement le plus gros obstacle à surmonter.

Ouais. Mais ce que je trouve vraiment cool avec Sirenas, c’est que quand tu l’écoutes, ton esprit entre un peu dans une sorte d’état de flow, où il se laisse porter. Et tu oublies tout ça. 

Ouais. Ouais, c’est un bon point. Je pense que c’est quelque chose d’important pour un disque : être capable de provoquer ça. Et je pense que le fait que ce soit un disque instrumental facilite peut-être le fait de s’y perdre. Tu complètes les choses avec ton propre esprit, ta propre expérience, ta propre vision. Alors que si quelqu’un te parle ou chante pour toi, tu vas peut-être davantage te concentrer sur ce qu’il essaie de te communiquer. Tu vois ? C’est une manière intéressante d’envisager les choses, non ?

Et est-ce que tu dirais qu’explorer le monde vivant et explorer ton monde intérieur sont deux choses liées ?

Je pense que la manière dont tu vis ton monde intérieur influence directement la manière dont tu perçois le monde extérieur, à 100 %. Je pense que… Ouais. Tu dois vraiment réfléchir à la manière dont tu te perçois, à la manière dont tu laisses les choses extérieures t’affecter et à la manière dont tu les intériorises. Et ça, à son tour, influence la manière dont tu extériorises les choses.

Quelle est la suite pour Allah-Las ?

Je pense qu’on va commencer à enregistrer de nouveaux morceaux cet hiver. Et l’année prochaine, on va continuer à tourner pour cet album, Sirenas. Et avec un peu de chance, d’ici la fin de l’année prochaine, peut-être l’été prochain, on aura de nouveaux morceaux à partager.

Tu as mentionné l’hiver. Mais il n’y a pas vraiment d’hiver à Los Angeles, si ?

Il ne fait simplement pas une chaleur insupportable, donc c’est une bonne période pour enregistrer.

Ouais, ouais. Et donc, ma dernière question, c’est une question que je pose à chaque fois que je fais une interview. Quelle est la question qu’on ne t’a jamais posée mais que tu aurais rêvé qu’on te pose ?

« Mais comment tu fais tout ça ? » ! Je ne sais pas. Je ne peux pas te le dire. Si je te le dis, je vais devoir te tuer. (Rires)

Un autre long format ?