Rééditions
Happy Mondays
Because Music

1987-1992 : les années folles des Happy Mondays

Les quatre premiers albums des Happy Mondays réalisés entre 1987 et 1992 ont été réédités. Retour sur l'âge d'or de ce groupe culte.

Comme Screamadelica de Primal Scream (1991) ou Fools Gold des Stone Roses (1989), les albums des Mancuniens Happy Mondays œuvrent au début des années 1990 à la fusion entre rock et dance music. Habitués de l’Hacienda, le club monté par Tony Wilson, le boss de Factory Records (maison mère de Joy Division, New Order) ces lads slackers y dealent des ecstas et en rapportent toutes les musiques qui vont définir leur mixture pop : northern soul, rock, krautrock, puis funk et house. Un premier album produit en 1987 par – excusez du peu – John Cale, un deuxième réalisé en 1988 avec Martin Hannett (l’inventeur du son de Joy Div’), leur permettent de préciser leur vocabulaire : guitares claires, basses Peter Hook désaccordées, chanteur harangueur (Shaun Ryder, prolo provoc’ qui fait le miel des trash-médias anglais d’alors), percussions cheloues, avec un soupçon de wha-wha et de sitar. C’est avec l’EP Madchester Rave On (1989) et son tube acid-house Hallelujah(Club mix) comme un trip mystique sous LSD, qui les intronise tête de gondole du bataillon Madchester (Stone Roses, Charlatans, Inspiral Carpets, James…) avec, en infatigable fantassin, le célèbre Bez, un pote trop défoncé pour jouer autre chose que des maracas, devenu chaman-showman arpentant, yeux exorbités, les scènes du monde entier. Produit par Paul Oakenfold, Pills and Thrills and Bellyaches («Pilules, frissons et maux de ventre») assied en 1990 la réputation de mélodiste de Shaun Ryder et entérine un succès pas si immérité (Kinky Afro ou Step On sont toujours très efficaces). Leur dernier album, le très dispensable Yes please!, enregistré aux Barbades avec Chris Frantz et Tina Weymouth des Talking Heads (et Tom Tom Club) sera un gouffre financier et un cuisant échec commercial en 1992. Il finira de couler Factory Records. Plus punk que disco, ces «joyeux lundis» resteront comme un symbole du groupe pauvre en idées mais assez malin pour profiter à fond du buzz et de la vie de rock-star.

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