Plutôt que de s’élever vers les cimes de la pop et
continuer à sillonner les traverses de la production minimaliste agencée sur leur
premier effort, les quatre hommes de Calgary ont choisi de s’enfoncer dans la noirceur,
encore et toujours plus intensément, jusqu’à se tapir au plus profond des
entrailles terrestres. Toujours produit par l’autodidacte Chad VanGaalen, Public Strain se voit garni d’une
réalisation nettement moins fragile et beaucoup plus alésée que son prédécesseur.
La captation caverneuse de Women
(2008) s’éclipse au profit d’une production limpide qui parvient toujours à
s’échapper des cloisonnements muraux dans lesquels débute son éclosion. Le
quatuor poursuit cependant cette même voie mystificatrice, faite de distorsions
lysergiques démultipliées, de battements néandertaliens et de riffs
discordants. Une musique qui, si elle devait être traduite par quelque chose de
moins abstrait, s’apparenterait à une catastrophe naturelle ou aux services
corporelles infligées par un tortionnaire arriéré. Et comme par le passé,
l’expérience sonique s’avère totalement jouissif.
Aussi captivants que l’agitation chimique contenue dans un bécher de laboratoire, les arrangements instrumentaux de ces physiciens siphonnés libèrent des effluves acides qui finissent par altérer sérieusement leurs perceptions. Ici les guitares ne sonnent pas comme des guitares, mais plutôt comme des cors de chasses, sirènes, réacteurs d’avions, orgues sataniques ou viols lilliputiens. La basse vrombit comme un moteur et la batterie, lorsqu’elle surgit, martèle l’esgourde à la manière d’un marteau piqueur. Et tout au-dessus de cette cacophonie libérale, planent les vocalises chamaniques de Patrick Flegel, tantôt hululées dans un halo solaire, tantôt transpercées d’harmonies obscures. L’affaire se révélerait éprouvante, voire inaudible, si elle n’était pas traversée par une matrice post-punk qui apprivoise ces larsens déchaînés (Heat Distraction, China Steps, Locust Valley) et des moments d’accalmies après la tempête sonore (Penal Colony, Bells, Venice Lockjaw). Puis comme pour signifier que la bête reste encore en période de gestation, la mélodie à tiroirs Eyesore, assénée en toute fin de parcours, démontre aussi la capacité du quatuor à écrire de grandes chansons pop. Et Public Strain dans son ensemble, que Women est toujours l’un des plus chers héritiers de Wire et This Heat en terme de destruction sensitive.
Aussi captivants que l’agitation chimique contenue dans un bécher de laboratoire, les arrangements instrumentaux de ces physiciens siphonnés libèrent des effluves acides qui finissent par altérer sérieusement leurs perceptions. Ici les guitares ne sonnent pas comme des guitares, mais plutôt comme des cors de chasses, sirènes, réacteurs d’avions, orgues sataniques ou viols lilliputiens. La basse vrombit comme un moteur et la batterie, lorsqu’elle surgit, martèle l’esgourde à la manière d’un marteau piqueur. Et tout au-dessus de cette cacophonie libérale, planent les vocalises chamaniques de Patrick Flegel, tantôt hululées dans un halo solaire, tantôt transpercées d’harmonies obscures. L’affaire se révélerait éprouvante, voire inaudible, si elle n’était pas traversée par une matrice post-punk qui apprivoise ces larsens déchaînés (Heat Distraction, China Steps, Locust Valley) et des moments d’accalmies après la tempête sonore (Penal Colony, Bells, Venice Lockjaw). Puis comme pour signifier que la bête reste encore en période de gestation, la mélodie à tiroirs Eyesore, assénée en toute fin de parcours, démontre aussi la capacité du quatuor à écrire de grandes chansons pop. Et Public Strain dans son ensemble, que Women est toujours l’un des plus chers héritiers de Wire et This Heat en terme de destruction sensitive.