A lire
Jonathan Clancy (voix, guitare)
Giulia Mazza (clavier, chœurs)
Luca Mazzieri (guitare, chœurs)
Stefano Roveda (violon, Theremin)
Paul Pieretto (basse)
Federico Oppi (batterie)
Bologne (Italie) via Ottawa (Canada)
Un sextuor mené par Jonathan Clancy, compositeur canadien exilé en Italie qui préside aussi aux destinées de son projet solo His Clancyness. D'abord comparé à Arcade Fire à cause d'un effectif en surnombre et d'un violon qui saccade sec sur un EP éponyme paru en 2008, A Classic Education a parfait sa mue avec l'élégance du mirliflor. Puisant autant dans la patine sixties que dans la pop bleue des années 80, le mélomane obsessionnel Clancy a nuancé les intentions de sa brigade par des claviers doux-amers et de la pudeur dans l'exécution. Autant de nobles tralalas qui mettent les six compositions du dernier maxi en date, Hey There Stranger (2010), à l'abri du temps et de ses épreuves.
À l'heure où le moindre glandu peut moduler son esthétique à outrance, A Classic Education reste fidèle à la même artiste pour illustrer ses sorties physiques. Amie de Jonathan, Ester Grossi aligne les portraits pop et graphiques, brodant une galerie de personnages aux traits sobres mais tranchants, raffinés mais pleins de caractère : chez A Classic Education, l'image et le son, c'est kif-kif bourricot.
Terrible Day. Si son entrain ralenti n'en fait pas le titre le plus immédiat, cette chanson impressionne par sa profondeur mélancolique, ses paroles qui flashent d'emblée, et son vernis atemporel. Les guitares en écho tournoient de façon plus instantanée sur What My Life Could Have Been, comme si l'instinct solaire de The Shins illuminait les sentiments à vif de The Pains Of Being Pure At Heart.
Épaulé par Holiday Records, le label à la célébrité éphémère créé par Jacob Graham (The Drums), A Classic Education a trouvé depuis refuge au sein de Lefse Records (Dominant Legs, How To Dress Well…). Invitée par le festival texan SXSW ou le CMJ new-yorkais, la bande des six est habile à l'heure d'exporter sa pop chiadée au-delà des frontières italiennes.
Une telle maîtrise pourrait propulser le premier album d'ACE vers les cimes. Enregistré au studio Rear House de Brooklyn par Jarvis Taveniere (Woods), l’essai devrait paraître au printemps sur Lefse Records.
Leur cote d'amour grandit à mesure que leur goût pour la reprise rétro fait naître les réussites. Les Francophones ont été bercés par la relecture classieuse de Toi (Gilbert Bécaud). Les Américains ont été extasiés par le décoiffage acide de Spanish Harlem (du producteur frappadingue Phil Spector). Et l’amoureux universel s’est lové dans le remaniement électrisant du Wonderful World de Sam Cooke. Un train-train qui finira par mettre tout le monde à genoux.
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