Gravenhurst – The Ghost In Daylight

Qu’importe après tout les cinq années d’attente fébrile passées à guetter l’arrivée de ce nouvel album de Gravenhurst lorsque la patience est ainsi récompensée. Dans le droit fil du splendide The Western Lands (2007), Nick Talbot poursuit donc à son rythme son délicat labeur d’hybridation entre la tradition du folk britannique incarnée par Pentangle et la modernité des sonorités plus contemporaines. Avec une justesse et une précision qui forcent une fois encore l’admiration et sans jamais forcer le trait, il mêle à l’extrême délicatesse de ses compositions acoustiques dignes des grands maîtres du passé quelques touches électriques et électroniques qui contribuent à les transfigurer. Tout ici respire l’équilibre et la cohérence : les circonvolutions rythmiques entêtantes de l’inaugural Circadian, la superposition des cordes et des guitares rugissantes qui emporte The Prize vers des sommets qui donnent presque le vertige, le souffle électro-fantomatique qui sert de toile de fond à The Foundry ou encore la rêverie bucolique de l’instrumental Peacock. Talbot parvient ainsi à transcender la plupart de ses influences encore détectables en les détournant sur des chemins inattendus, comme sur Fitzrovia où il apporte la preuve en acte qu’il est possible d’entrelacer de bien beaux arpèges acoustiques avec une guitare taillée directement dans le bois extrait d’A Forest de The Cure. S’il continue d’enchaîner des performances de ce niveau, on pardonnera toujours aisément à Gravenhurst ses quinquennats sabbatiques.

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