Chad VanGaalen – Shrink Dust

“Cut off both my hands and put them in the sand/Watch them swim away like a pair of bloody crabs”. Après Diaper Island (2011) qui se terminait par ces mots : “Maybe if I shave my pussy, then you’ll love me baby/I’m really feeling ugly”, on finirait par croire que Chad VanGaalen a un problème avec son corps. Surtout lorsqu’il insiste quelques titres plus tard en entonnant à tue-tête I’m a monster”, décrivant une à une les mutations fantasques de sa morphologie. L’explication est sans doute ailleurs. Chez Chad VanGaalen, les chansons ne sont qu’une excuse à la représentation d’idées tordues, comme des transcriptions musicales de l’univers graphique qu’il dessine et anime sans relâche. Depuis sa pochette monstrueuse, Shrink Dust, sixième LP officiel du Canadien, se veut être – en plus de la bande-son de son film d’animation imminent – un disque de country. Pari à moitié réussi car même si plusieurs morceaux tutoient effectivement la plus haute forme de spiritualité à l’américaine (Hangman’s Son, Weighed Sin), l’excentricité inclassable du songwriter protéiforme ressurgit forcément. Il ne faut pas une minute à la ballade inaugurale Cut Off My Hands pour s’habiller d’une parure sonore biscornue, et lorsque l’arrangement reste sage, sa voix frêle va pousser la mélodie vers un maniérisme à la Marc Bolan. Comme on ne se refait vraiment pas, Chad n’est pas non plus avare en déferlements d’énergie crue qui envoient la sauce et dont il est devenu coutumier (Leaning On Bells, Where Are You?), mettant alors les pieds dans le plat de l’esthétique lo-fi nord-américaine comme elle se pratique depuis deux décennies. Si les efforts de Chad ont perdu avec le temps de leur séduction immédiate, Shrink Dust a au moins le mérite de présenter une solide nouvelle collection de vignettes farfelues, sans chef-d’œuvre ni ratage. Trois petits ronds et on en parle plus.


On en profite, retour en 2009 avec la Sans Piles Session du bonhomme :
                         

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