Le duo britannique d’électro Overmono se trouve dans une curieuse position : trop référencé et malin pour connaître le même succès que Fred Again.. (avec qui ils ont collaboré) mais trop mainstream pour le circuit underground. Résultat, Overmono se retrouve souvent programmé en second couteaux de festival – pas grand monde devant leur set pourtant excellent à We Love Green en juin dernier – sans obtenir le succès qu’il mérite.
Espérons que cela change avec son deuxième album, Pure Devotion qui, sans révolutionner la formule des frères Russell, nous offre une nouvelle démonstration de la science du rythme du duo. Les inspirations sont toujours à chercher dans la scène techno des années 1990 en même temps qu’elles se rapprochent de cette nouvelle vague électronique “mélancolique” explorée par Four Tet, Burial ou Fred Again.
Barum et Mialon, au milieu de l’album, développent parfaitement cette ambiance de fin de soirée au lever de soleil. Mais le génie d’Overmono se mesure surtout à ses chansons house/techno pop qui font immédiatement secouer la tête : l’ouverture Lockup, Laxbrook ou encore Gem Lingo (ovr now). Le groupe ne rechigne pas à s’adjoindre les services de tel ou tel vocaliste pour sublimer ses ambiances. On appréciera Knight In Shining Prada sur lequel le poète anglais John Joseph Hold pose son spoken word sur une bande son mélancolique qui n’est pas sans rappeler les Daft Punk.
On pense aussi au remix qui a fait connaître Overmono, I Have A Love. Sur Even Angels Ghost, la voix de Kindora est filtrée comme souvent, pour accoucher d’un banger pop mainstream presque trop binaire. Alors oui, l’effet de surprise a disparu… Mais on aime beaucoup ce deuxième album très efficace qui pourrait faire passer un cap au duo. Ce que pense visiblement leur tourneur également : le prochain passage du duo, ça sera à l’Olympia en novembre prochain.