The Rentals – Lost In Alphaville

Qui en 2014 a gardé suffisamment de souvenirs adolescents et conservé assez de ferveur pour espérer le retour de The Rentals ? Au moment de jeter une oreille sur Lost In Alphaville, on redoute forcément de découvrir ce qu’est devenue la musique de Matt Sharp près de vingt ans après son premier et dernier grand succès (le single Friends Of P. en 1995), et surtout de savoir si nos âmes seront toujours réceptives aux sucreries pop et innocentes qui en faisaient tout le charme. Depuis le très décevant Seven More Minutes (1999) qui conviait tout le gratin de la pop nineties (Damon Albarn, Rivers Cuomo, Miki Berenyi de Lush, Donna Matthews d’Elastica), et malgré sa discrétion, l’ancien bassiste de Weezer a sorti en douce le coffret Songs About Time (2010), un ambitieux projet réunissant quatre CD, un DVD de courts métrages (Films About Weeks) et un livre de photographies (Photographs About Days), le tout constituant un premier indice de bon augure. Car malgré leur minimalisme presque enfantin, les titres de Songs About Time contenaient suffisamment de jolies mélodies pour raviver quelques émois nostalgiques. Lost In Alphaville compile dix des chansons issues de ce copieux coffret, réenregistrées pour l’occasion dans une forme plus pop avec une production qui ne surprendra pas les amateurs du fameux Return Of The Rentals (1995).

Le Moog est de retour, les jolis chœurs féminins aussi (ceux de Jess Wolfe et Holly Laessig du groupe Lucius remplacent ceux des sœurs Haden), et les dix morceaux ont toujours cette énergie et cette vie qui habitaient The Love I’m Searching For, Waiting ou Brilliant Boy. Surtout, tordant le cou aux apparences potaches qui collent à The Rentals depuis Friends Of P., Lost In Alphaville est un disque émouvant, obsédé par l’idée du temps, des éternels retours et acceptant l’idée de la nostalgie (comble de la ringardise pour l’esthète contemporain !). “It’s time to come home”, répète inlassablement Matt Sharp en introduction de l’album. Plus loin, sur la très jolie Traces Of Our Tears, il fredonne à nouveau : High above the city lights/We move tonight/Retracing steps, retracing time/We search for signs/But there are only traces of our tears. Plus loin encore, 1000 Seasons a tout du hit qu’on n’osait plus espérer de la part de l’Américain. La chouette envolée Irrational Things rappelle étonnamment Please Let That Be You avant que Song Of Remembering ne poursuive cette belle épopée lyrique. The Rentals serait-il, comme le suggérait avec une certaine précocité le titre de son premier LP, un groupe d’éternels revenants ?

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