Bob Mould – Life And Times

Mine de rien, on tient là le vingt-cinquième album de Bob Mould, en place depuis bientôt trente ans d’une une carrière riche, complexe et exigeante. Il fallait voir l’homme, à la fois humble et fier, sur la scène du Café de la Danse l’an passé, revisiter autant de perles d’Hüsker Dü à Sugar en passant par sa discographie solitaire, dont ce troublant Life And Times est la douzième avancée, et pas des moindres. On y retrouve tout le nuancier dont il est capable, de la pesanteur habitée du morceau éponyme en ouverture aux excellents troussages pop (The Breach, City Lights, l’implacable MM17), sans renier quelques remontées de fièvre post-hardcore (Argos, Spiralling Down), le tout saupoudré de soli de guitare aux petits oignons. Moins immédiatement convaincant quand il ralentit la cadence (Bad Blood Better, l’étrange Lifetime en conclusion), Bob Mould est pourtant toujours capable de nous pulvériser quand il tente une synthèse sonore tout en finesse (Wasted World et son solo d’anthologie) dont il est depuis tant d’années l’un des plus vaillants tenanciers. Un brin pataud, mais toujours vert, le père Mould, quarante-neuf ans au compteur, est la preuve rassurante et rédemptrice, à l’heure où l’on a franchement de la peine pour Neil Young, que la vieillesse n’est pas nécessairement un naufrage.

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