Elvis Perkins – I Aubade

(Mir Image/Believe)

Il y a des absences que l’on remarque plus que d’autres. C’est peu dire qu’Elvis Perkins a cruellement manqué ces dernières années après avoir offert coup sur coup deux de ses plus beaux albums à la décennie 2000. De la douceur éplorée d’Ash Wednesday (2007) aux incroyables oscillations d’Elvis Perkins In Dearland (2009), entre rock’n’roll rugueux et folk, le New-Yorkais avait donné la pleine mesure de son talent.

Une écriture, un sens de la mélodie et une voix exceptionnelle que transcendaient une personnalité ombrageuse et un goût pour le mouvement assez spectaculaire. Au fil des nombreux concerts donnés entre les deux disques, il s’était constitué un solide gang de musiciens soudés au point qu’il donnait désormais son nom au projet : Elvis Perkins In Dearland. Grand souvenir que son concert du 2 avril 2009 à Paris où l’on avait vu l’avenir : la gloire, le succès, l’histoire en train de s’écrire. Et puis plus rien.

Quelque chose s’est sans doute écrit mais pas sur disque et loin de nous. On ne sait pas trop à quoi Elvis Perkins a consacré ces six dernières années mais l’étrange densité de I Aubade marque un étonnant et paradoxal mouvement de repli. Ce troisième LP n’a pas été enregistré en studio mais avec des moyens plus rudimentaires. Elvis y est à la fois seul et très entouré : “J’ai enregistré et produit surtout chez moi (à New York), parfois avec des gens chez eux (Hudson, Dallas, Los Angeles), dans des hôtels américains et pour une courte période dans une caravane.” Le résultat est une fascinante collection de chansons au psychédélisme lancinant, faussement épurées.

Elles se présentent à nous sous les atours bienveillants du folk acoustique, mais une somme d’arrangements étranges les parasitent et les habillent. La liste est longue des amis invités à poser leur pierre au fragile édifice. Parmi eux, soulignons la présence du fidèle batteur Nick Kinsey (qui se lance par ailleurs en solo avec des compos merveilleuses), John Congleton, Cornelia Livingston aux chœurs ou l’excellent violoniste Frank Fairfield.

Ondes vacillantes, cuivres, percussions, chœurs, Minimoog, autoharp, flûte, piano, tonnerre : on croirait les ritournelles flanquées de fantômes. De cet équilibre instable entre le pur (voix, mélodies) et l’impur (les arrangements) naît un grand disque où brille à nouveau une écriture singulière, capable de divagations douces (My Kind, On Rotation Moses, le gospel hébété I Came For Fire), d’éclats mélodiques mémorables (Hogus Pogus, Gasolina) et de moments magnifiquement suspendus entre les époques (All Today, rock’n’roll spectral au ralenti). Contours effacés, repères brouillés, sens engourdis… I Aubade est un sublime rêve éveillé.JTNDaWZyYW1lJTIwd2lkdGglM0QlMjIxMDAlMjUlMjIlMjBoZWlnaHQlM0QlMjI0NTAlMjIlMjBzY3JvbGxpbmclM0QlMjJubyUyMiUyMHNyYyUzRCUyMmh0dHBzJTNBJTJGJTJGdy5zb3VuZGNsb3VkLmNvbSUyRnBsYXllciUyRiUzRnVybCUzRGh0dHBzJTI1M0ElMkYlMkZhcGkuc291bmRjbG91ZC5jb20lMkZwbGF5bGlzdHMlMkY2MDkxMzg0NiUyNTNGc2VjcmV0X3Rva2VuJTI1M0RzLWRqaWcyJTI2YW1wJTNCYXV0b19wbGF5JTNEZmFsc2UlMjZhbXAlM0JoaWRlX3JlbGF0ZWQlM0RmYWxzZSUyNmFtcCUzQnNob3dfY29tbWVudHMlM0R0cnVlJTI2YW1wJTNCc2hvd191c2VyJTNEdHJ1ZSUyNmFtcCUzQnNob3dfcmVwb3N0cyUzRGZhbHNlJTI2YW1wJTNCdmlzdWFsJTNEZmFsc2UlMjZzaG93X2FydHdvcmslM0RmYWxzZSVFMiU4MCU5QyUzRSUzQyUyRmlmcmFtZSUzRQ==JTNDaWZyYW1lJTIwd2lkdGglM0QlMjIxMDAlMjUlMjIlMjBoZWlnaHQlM0QlMjI0NTAlMjIlMjBzY3JvbGxpbmclM0QlMjJubyUyMiUyMGZyYW1lYm9yZGVyJTNEJTIybm8lMjIlMjBzcmMlM0QlMjJodHRwcyUzQSUyRiUyRncuc291bmRjbG91ZC5jb20lMkZwbGF5ZXIlMkYlM0Z1cmwlM0RodHRwcyUyNTNBJTJGJTJGYXBpLnNvdW5kY2xvdWQuY29tJTJGdHJhY2tzJTJGMTc4NDg2MTU4JTI2YW1wJTNCYXV0b19wbGF5JTNEZmFsc2UlMjZhbXAlM0JoaWRlX3JlbGF0ZWQlM0RmYWxzZSUyNmFtcCUzQnNob3dfY29tbWVudHMlM0R0cnVlJTI2YW1wJTNCc2hvd191c2VyJTNEdHJ1ZSUyNmFtcCUzQnNob3dfcmVwb3N0cyUzRGZhbHNlJTI2YW1wJTNCdmlzdWFsJTNEZmFsc2UlMjZzaG93X2FydHdvcmslM0RmYWxzZSUyMiUzRSUzQyUyRmlmcmFtZSUzRQ==

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