Neil Finn – Dizzy Heights

Même si sa carrière s’étale désormais sur près de quatre décennies, Neil Finn n’a publié ses œuvres solitaires qu’avec une parcimonie qui l’honore, préférant souvent les collaborations fraternelles avec son aîné Tim, notamment au sein de Split Enz puis Crowded House. Dizzy Heights n’est ainsi que le troisième véritable jalon de sa discographie et encore éprouve-t-on quelques réticences à le qualifier d’album solo. Enregistrées entre New York et les antipodes, ces onze nouvelles chansons sont largement imprégnées par la patte omniprésente de Dave Fridmann, qui coproduit l’album et confère souvent un relief captivant aux compositions un peu linéaires de Finn. La rencontre entre les deux hommes s’avère donc globalement fructueuse, notamment lorsque Fridmann met à profit toute sa science des arrangements pour surligner de quelques traits de cordes majestueux les contours délicats des mélodies de Finn comme sur Flying In The Face Of Love, tube pop aux colorations à la fois soul et épique, qui évoque le meilleur de Paul Weller tout autant que l’inusable rengaine Wide Open Space (1996) des oubliés Mansun, ou White Lies And Alibis et son crescendo final aussi ébouriffant qu’Arcade Fire. On peut cependant regretter que, çà et là, le producteur invité ne puisse s’empêcher d’empiéter sur les plates-bandes de son hôte au point de les phagocyter, notamment sur ce Divebomber qui fait plouf quand Neil s’efforce tant bien que mal de projeter une voix de tête forcée sur un fond d’instrumentaux classico-psychédéliques directement calquées sur ceux de Deserter’s Songs (1998) de Mercury Rev. Sans doute le prix, somme toute modeste, à payer pour ce lifting musical aux incontestables effets régénérateurs.



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