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Reflections
Sufjan Stevens, Timo Andres et Conor Hanick
Asthmatic Kitty Records

Chronique : Sufjan Stevens, en mouvement(s)

Sufjan Stevens confie sept pièces instrumentales de sa composition aux pianistes Timo Andres et Conor Hanick. Le résultat, "Reflections", confirme la liberté et la vitalité de son geste savant, deuxième manière du Michiganais par ailleurs révéré pour son génie pop. C'est l'album de la semaine de Magic du 19 mai 2023.

​​Il faut parfois rappeler les évidences. Sufjan Stevens est un génie, un immense arrangeur et un grandiose songwriter. Il ne fait jamais rien comme les autres. Qu'il s'emploie à malaxer une matière électronique ambient avec Convocations (2021), à exorciser le deuil avec le sublime Carrie & Lowell (2015), à retravailler le piano sur une face méconnue de l’EP All Delighted People (2010) le temps de miniatures éphémères et sibyllines, Sufjan Stevens, depuis ses premiers disques, compose une musique hybride faite de ses multiples influences : la musique contemporaine, Bartók ou Debussy, mais aussi la période baroque. Celui que l'on pourrait presque considérer comme une sorte d'ethnologue musical à travers ses explorations de milieux humains sur Michigan (2003) ou Illinois (2005) est aussi un artiste du concept, d'une idée qui court tout au long d'un disque. Ce qui est en germe depuis longtemps dans la musique de l'Américain, ce qui finit par ressembler à une marotte voire une obsession, c'est ce rapport à la musique savante. Reflections n'est pas son coup d'essai dans le domaine de la musique classique, loin de là, mais ce disque marque assurément un tournant dans la carrière du songwriter.

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