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O Monolith
Squid
Warp Records

Chronique : Squid, permis de déconstruire

Sur son deuxième album, Squid réplique à la dérive du Royaume-Uni avec un exercice de grand démantèlement de ses chansons. Les petits cauchemars post-punk d'"O Monolith" en font l'album de la semaine de Magic du 9 juin 2023.

Quand même vos rêves de réincarnation vous transforment en poignée de tiroir, alors qu’ils sont la seule tentative de pouvoir échapper au délitement d’un pays qui sombre dans le minable, – “Ergonomic for the rest of my days / I'd rather melt, melt, melt, melt, melt, melt, melt away”, gueule Ollie Judge dans Undergrowth –, c’est qu’il est grand temps de mettre les voiles. Ou, deuxième option, de sortir un album encore plus cynique, encore plus mordant que le précédent. Et ça nous arrange, chez Magic, puisque ce fut l’option choisie par Squid, deux ans après un Bright Green Field qui arrivait à rire jaune – enfin, plutôt vert – de la situation du Royaume-Uni post-Brexit. O Monolith semble de prime abord plus gris, dès cette pochette qui paraît fraîchement coulée, rehaussée par cette titraille en simili-broderie. Gris comme les images de ces caméras fixées sur les hélicoptères qui survolent les émeutes qui constituent le terrain de jeu de The Blades“All those cameras from up high / They make you all look grey / Joyriding in the sky / The blades will make you pay” –, symbole d’une contestation politique qui devient un peu plus vaine chaque jour. Gris comme le moral après une journée passée à vivre une guerre par procuration sur les réseaux sociaux. Gris comme la nature qui se noie sous les nappes de béton, comme ces couloirs délabrés d'hôpitaux ou d'écoles vidés de leurs fonds.

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