Christophe n’aura jamais livré de successeur aux Vestiges du Chaos, parus en 2016. Ces Vestiges, ce dernier album, marqueront à jamais l’achèvement d’une quête d’un demi-siècle. Celle qui a vu le dernier des Bevilacqua poursuivre sa propre identité artistique.


Un article paru dans le numéro 221 de Magic


Dès les premières paroles de Définitivement, la chanson d’ouverture des Vestiges du Chaos, sortis en 2016, Christophe interpelle directement son auditoire. “Je vous propose / D’ouvrir des choses / Des choses avec moi / Sur de nouvelles voies”, chante-t-il de sa voix unique. 

Ces “nouvelles voies”, cette “plus belle flamme”, comme il l’ajoute plus tard, il aura pourtant fallu cinquante ans à Christophe pour parvenir à y emmener son public. Ses paroles signent la conclusion d’une quête musicale au long cours débutée un demi-siècle plus tôt, alors yéyé voué à l’amour des minettes, et achevée en icône branchée, saluée et respectée par tout ce que la France compte d’oreilles artistes et mélomanes, aujourd’hui en pleurs.

Ce temps, c’est celui dont aura eu besoin Christophe, décédé le 16 avril de complications pulmonaires, pour se trouver. Toute sa discographie, du tube Aline en 1965 au chef-d’œuvre Vestiges du chaos en 2016, pourrait se résumer à cette recherche d’un son propre, personnel, ultime. S’assumer. Écrire. Être soi. Il aura fallu pour cela toutes ces années, ces rencontres, ces étapes. Ces éclipses et ces résurrections. Treize albums en tout. Kubrick, dont il était un grand admirateur, n’a pas fait plus de films. 

1. ALINE, NAISSANCE D’UNE VEDETTE

Christophe (1966)

Au départ, Daniel Bevilacqua n’a pas d’autre ambition que celle de reproduire. Né un vendredi 13 dans la France libérée d’octobre 1945, le futur Christophe grandit avec des images d’Amérique plein les yeux. Reviens Sophie, son premier disque paru en 1964, est une maladroite tentative de blues. Le rockeur s’est rebaptisé Christophe, parce qu’il aime le prénom du saint patron des voyageurs, dont sa grand-mère lui a offert une médaille lorsqu’il avait seize ans. 

Cet habitué du golf Drouot, qui traine avec Dick Rivers et la bande du Drugstore, le soir, près de la fontaine Saint-Michel, force un peu sa voix pour sonner plus grave. Le quatre-pistes, auquel participe d’ailleurs en partie le violoniste Jean-Luc Ponty, bientôt figure du jazz fusion, passe totalement inaperçu. 

Ce n’est évidemment pas le cas d’Aline, éternelle ritournelle que Christophe ne voudra, contre toute évidence, jamais voir autrement que comme un blues. Pour lui rendre justice, on prétendra parfois que la composition aurait été arrachée à ses racines par les arrangements du compositeur Michel Delancray.

Christophe ne reniera jamais Aline. Il savait sans doute tout ce que sa carrière, même s’il détestait le mot, lui devait. Il lui restera fidèle, malgré les accusations gênantes de plagiat de Jacky Moulière, un jeune chanteur dont le titre La Romance, sorti dans l’indifférence du public, possède quatre premières mesures proches, sur le plan mélodique et harmonique. 

L’énorme résonance de ce tube estival vendu en millions d’exemplaires vaut à Christophe d’entrer dans la vie publique et artistique en total décalage de ses ambitions naissantes d’authenticité rock, loin de la vague yéyé et des tubes en toc pour jeunes filles sensibles. Au point, probablement, de les brouiller durablement.

Ces velléités électriques ne disparaissent pas tout à fait. On peut citer Cette musique, en 1966, son baragouinage anglais et ses bégaiements forcés à la manière de Roger Daltrey du My Generation de The Who, sorti un an plus tôt. Mais il ne s’agit pas du titre phare de ce 45-tours. Celui-là, c’est J’ai entendu la mer, ses “châteaux de sable” écroulés et sa plage “sale d’amours fanées”.

Ballotté de compositeur en parolier, de demi-succès en succès surfait, l’interprète des Marionnettes, peu à peu, semble se lasser d’être celle des producteurs. “Je continue à chanter pour m’acheter des voitures: une Ferrari, ça représente 30 000 disques vendus”, concède-t-il un jour*, avant de s’éloigner des micros. Une première fois. 

Dans une boîte de la Contrescarpe, à Paris, il rencontre Alain Kan en 1967. L’homme deviendra, des années plus tard, une icône underground. Passé de la variété au glam rock, auteur d’albums cultes et provocants, bisexuel et toxicomane, il disparaîtra au coin d’une station de métro un jour d’avril 1990, sans plus jamais réapparaître. Il sera devenu, entre-temps, le beau-frère du chanteur en lui présentant sa sœur, une jolie brune nommée Véronique. Christophe, lui aussi, deviendra bientôt un personnage.

2. DANDYSME ET MOTS BLEUS

Les Paradis perdus (1972)
Les Mots bleus (1973)

Au tournant des années 1970, son retour aux affaires est d’abord marqué par la sortie de La Petite Fille du troisième et sa structure complexe, sur laquelle le jeune Alain Bashung le voit s’acharner lorsqu’ils se croisent dans les studios des éditions Labrador, au 55, rue Pierre-Charron dans le VIIIe arrondissement parisien. 

Mais cette ambition musicale renouvelée, celle d’une recherche sonore plus aboutie, qui replace les sections instrumentales au coeur des chansons, est surtout immédiatement perceptible dans son premier bijou, la bande-originale du film La Route de Salina, de Georges Lautner en 1970, et son titre phare, The Girl From Salina. Son chant aérien, en anglais, plus aigu que jamais, est ostensiblement truqué, la voix gonflée de reverb. Une future signature.

En coulisses, Christophe n’arrive pas toujours à se hisser à la hauteur de ses nouvelles aspirations quasi symphoniques. Au studio de la Gaité, le compositeur André Georget est obligé de venir en aide, accompagné du jeune Bashung et même d’un jeune non-voyant, Gilbert Montagné, qui retravaille au piano des trouvailles du chanteur à la guitare. Le retard pris est tel qu’un groupe, Clinic, est embauché par Georges Lautner pour signer la moitié de la bande-originale.

Reste que le chanteur a désormais une vision artistique, à laquelle il décide de refuser toute compromission. Pendant trois ans, il enchaîne les collaborateurs et les brouilles. Francis Dreyfus, emblématique patron du label Motors, dont il est la star, finit par lui proposer pour parolier un jeune féru de synthétiseur, diplômé de Lettres modernes à la Sorbonne. Dans les flambants neufs studios Ferber, à l’est de la capitale, l’alchimie est instantanée. Le duo Jean-Michel Jarre – Christophe est né. 

Un de leurs musiciens, Dominique Perrier, décrira des années plus tard “des types capables de passer des heures sur un son, peaufinant la moindre note”. “Christophe était un passionné qui savait nous faire partager sa folie, se souvient-il. C’était comme un nouveau monde.

Christophe, désormais, ne compose plus à la guitare mais sur un synthétiseur, un ARP Odyssey. En studio, il développe cette habitude de chanter côté consoles, avec les techniciens, les compresseurs et les effets. Pour finaliser Les Paradis Perdus, la dernière séance de mixage dure 39 heures. 

Premier véritable album après deux 33-tours en forme de compilations, Les Paradis perdus, en 1972, réinventent Christophe en dandy décadent, “un peu maudit, un peu vieilli”. Le chanteur, qui porte depuis peu la moustache, a trouvé une nouvelle place à sa voix, perchée tout en haut, sur des rocks menés tambour battant (Mama) comme sur des complaintes douloureuses (Emporte-moi). 

Les arrangements, parfois progressifs, souvent synthétiques, le romantisme affecté du chanteur, son timbre nasillard, donnent un alliage de modernité et de classicisme renversant. Sur l’ouverture, une succession de samples des premiers succès du chanteur, et notamment un disque rayé d’Aline, semble renvoyer pour de bon ces premières œuvres dans le passé. 

Cette nouvelle identité musicale, Christophe ne l’assume pas tout de suite sur scène. Il choisit d’abord de l’approfondir et retourne immédiatement en studio avec ses musiciens. C’est ainsi que naît, à peine un an plus tard, la deuxième moitié de ce dyptique bientôt culte : Les Mots Bleus

La chanson-titre, un slow langoureux, emblématique, est un tube absolu. Nouveau jalon posé sur la route de sa maturité artistique, Christophe chante son propre nom de famille sur l’ouverture, Le dernier des Bevillacqua, une longue introduction de neuf minutes. Il n’écrit toujours pas ses paroles mais Jean-Michel Jarre puise son imaginaire dans sa personnalité.

Surtout, Christophe renoue avec les concerts, après dix ans loin des planches. La presse spécialisée, qui semblait avoir ignoré son précédent disque, officialise son changement de statut. “Nous savions bien, surtout depuis la sortie de ce merveilleux album qu’était Les Paradis perdus, que Christophe n‘était pas du tout ce que l’on croyait”, se félicite la revue Best

3. SURPLACE PROGRESSIF

Samouraï (1976)
Le Beau bizarre (1978)
Pas vu, pas pris (1980)

La transformation de Christophe va marquer un coup d’arrêt. Après lui avoir fourni les paroles de trois derniers morceaux (Daisy, Macadam et La Dolce Vita, qui sortiront un peu plus tard en 45 tours), Jean-Michel Jarre part chercher son oxygène ailleurs. Ce départ coïncide avec une nouvelle période, plus compliquée, pour le chanteur. Nul ne se doute encore du nombre d’années qu’il lui faudra pour parvenir à sa mue : vingt, dont seize sans album.

Ses disques suivants ne sont pas mauvais. Le premier, Samouraï, se situe d’ailleurs plutôt dans la lignée des deux précédents. Mais là où les premiers semblaient dynamiter les carcans de l’époque, ce troisième “véritable” album semble parfois se complaire dans les excès progressifs des années 1970, à l’image des onze minutes de Pour que demain ta nuit soit moins moche. La marque, peut-être, des affinités des quatre musiciens présents : tous formeront bientôt le groupe de rock progressif Bahamas, avant que le claviériste Dominique Perrier et le batteur Roger Rizzitelli ne composent le duo électronique Space Art, auteur du succès Onyx. 

Le Beau Bizarre, deux ans plus tard, ne fait qu’appuyer le constat. Malgré toutes les qualités du disque et son titre-phare d’une beauté cristalline, Christophe se cherche encore. Sur la pochette, son allure rock, col du smoking relevé, annonce des guitares nerveuses, un nouveau côté mauvais garçon, bravache. Sa voix, bizarrement grave, est exempte de toute retouche. 

Un jour, le chanteur s’effondre en plein studio. Syncope. Isolé, Christophe s’est mis à la cocaïne. Plus tard, il expliquera dans Rock&Folk avoir jeté ce jour-là “20 ou 30 grammes dans les chiottes”. Et ne plus jamais y avoir touché depuis. Au même moment, son label décide de rééditer son vieux tube Aline. Carton. Voilà le rockeur ramené à son ancienne bluette… 

La pochette colorée, très eighties, de Pas Vu Pas Pris, appuie cette navigation à vue dans laquelle le chanteur semble se perdre. Certains musiciens sont venus des États-Unis, à l’image du guitariste Buzzy Feiten, qui a déjà accompagné Bob Dylan, Stevie Wonder et Gene Clark. Cette production XXL s’accommode mal des accents rock et sombres du disque, dont la moitié des titres ont été écrits par Alain Kan, le fameux beau-frère. 

Christophe est alors comme résigné, peut-être un peu cramé. “Je suis fatigué de faire semblant d’être un héros”, chante-t-il de sa voix fluette retrouvée. Il ressort de l’enregistrement insatisfait. L’album ne décolle pas. Ce sera son dernier avant seize ans.

4. BOULE DE FLIPPER

Clichés d’amour (1983)

Il y a bien quelques projets. Son isolement le pousse à écrire, pour la première fois, seul, les paroles et la musique d’une chanson, Succès fou. C’est un retour aux basiques, un tube de l’été 1980. Comme s’il fallait d’abord se rassurer.

Le patron de son label le contraint alors plus ou moins à une série de reprises de standards américains, publiés sous le nom Clichés d’amour.  Christophe obéit sans trop en faire. Il rechigne à apprendre les paroles, enregistre les morceaux par bribes. “Je le fais pour vous faire plaisir, mais je vais vous faire chier un petit peu, pas trop, gentiment”, résumera Philippe Paringaux, rédacteur en chef de Rock&Folk, chargé de traduire les chansons.

Sortent aussi Jl’ai pas touchée, une jolie chanson aux nappes synthétiques et au beat aujourd’hui très daté, et Ne raccroche pas, au parfum de scandale puisqu’elle s’adresse à Stéphanie de Monaco, vingt ans. Mais Christophe tarde à se lancer dans un projet plus consistant. 

Il s’est fait installer une console 48-pistes à son domicile, boulevard Flandrin. Il y passe de plus en plus de temps. Regarde des films. Répare ses jukebox. Se brouille avec Francis Dreyfus, quitte son label. Tout juste apprendra-t-on qu’il a écrit en 1986 Boule de flipper, le tube de la belle Corynne Charby, avec qui il s’entend très bien. 

Dans une de ses rares interviews accordées à Juke-box Magazine, il revendique n’être “pas assez caméléon comme certains”. Et de s’indigner : “Période hippie, hippie ; période punk, punk… Je veux être moi-même.” 

5. CHRISTOPHE, UN SON

Bevilacqua (1996)
Comm’ si la Terre penchait (2001)

Il faut attendre quinze ans pour que le visage de Christophe, front dégagé, se retrouve de nouveau sur une pochette d’album. Bevilacqua, son nom de famille, n’est plus utilisé en ouverture : il sert tout simplement de titre au disque. Comme, enfin, l’idée d’une avancée depuis Les Mots Bleus

Dans Les Inrocks, le chanteur se dévoile en architecte sonore. Pendant ces dix ans, dit-il, il s’est avant tout adonné à la technique. Il l’assure :  “Créer du son est aussi important pour moi qu’écrire des chansons.”

Le disque, de fait, est très travaillé, complexe aussi, sans doute un peu froid. Il mêle une forme de dramaturgie rock à des arrangements hyper électroniques, tout en soulignant la fragilité du chant. L’identité de Christophe est en train de renaître.

Le résultat est d’autant plus personnel qu’un parolier, Jean-René Mariani, s’est occupé de mettre en forme ses propres mots. “Il faut faire ce que j’appelle une cérébroscopie, c’est-à-dire lui mettre le cerveau à plat, et lui extorquer les bonnes choses, les structurer puis raconter une histoire”, explique-t-il. 

Le chanteur a par ailleurs invité l’une de ses idoles, le fondateur du groupe de no-wave Suicide, Alan Vega. De quoi renforcer sa crédibilité et le placer, après tant d’absence, à une place à part dans la nouvelle chanson française. L’album s’achève sur ces mots enregistrés sur magnétophone : “Il y a toujours mieux. Alors je cherche toujours”.

Enfin, la carrière de Christophe semble devenir linéaire. Comm’ si la Terre penchait, en 2001, se rapproche encore du naturel. Il chante sur un fil, en surplomb de quelques sons synthétiques seulement, loin de l’ultra habillage électronique du précédent album. L’héritage de son oeuvre est bien là : pour l’ouverture, la voix un peu cassée, fluette, répète “Elle dit, elle dit, elle dit” et on entendrait presque une réminiscence du “Elsa, Elsa, Elsa” de La Dolce Vita

Disque d’or, l’album reçoit des critiques unanimement élogieuses. Sur Radio Nova, Christophe confie se sentir “bien”. “Il y a toujours des choses, des espèces de point noir qui s’éclaircissent comme ça à un moment et qui tout à coup donnent la direction. Et là, j’aperçois quelque chose dans le lointain pas si lointain que ça.” Cela fait vingt-cinq ans qu’il n’est pas monté sur scène. 

La tournée de 2002 est un triomphe, ponctuée de quatre soirées à l’Olympia, dont l’une est enregistrée. Ses musiciens sont sciés par sa prestance. Christophe, maintenant sexagénaire, enchaîne en 2008 avec Aimer ce que nous sommes, sur le label AZ, qui appartient désormais à Universal. Clin d’œil du destin : il s’agit du label pour lequel il avait enregistré Aline et Les Marionnettes

6. LE CHEF-D’ŒUVRE ULTIME

Les Vestiges du chaos (2016)

Le chanteur se trouve enfin en phase avec ses aspirations artistiques profondes, aux confins de l’électronique, du rock et de la pop romantique. Toujours perfectionniste mais non plus timide.. “J’ai envie qu’on me connaisse mieux, annonce-il dans Voici. J’ai une joie de vivre en moi qui brûle, qui me chauffe. J’ai la flamme.” Christophe se lance dans une tournée en solo. Le nom ? “Intime”. “J’ai enfin découvert le public en solitaire, sans le filtre des musiciens”, avouera-t-il à Magic en 2016. 

Les Vestiges du Chaos vient alors de paraître, après toutes ces étapes, ces caps franchis, ces révélations profondes. Le titre de l’album est signé Jean-Michel Jarre, le vieux complice des Paradis perdus

L’album, dans lequel Magic voit “un sommet” de sa discographie, permet à l’architecte Christophe de montrer l’étendue de sa palette sonore. En ouverture, c’est une interférence, entre un ampli et une ligne téléphonique, qui vient happer l’auditeur. Un chant s’y pose délicatement, suivi de choeurs profondément modifiés. Comme si la reverb du siècle passé avait été poussée à un degré ultime de recherche et de raffinement. 

La rencontre avec Alan Vega, au résultat plutôt anecdotique vingt ans plus tôt, devient un tube d’électro-rock. “Les Vestiges Du Chaos est le troisième côté d’un triangle formé par Le Beau Bizarre et Bevilacqua”, analyse-t-il dans nos pages. Sans savoir que la fin de ce cycle marquera la fin de sa discographie, exceptés deux albums de duos, Christophe Etc., dont il finira par accepter le concept.

En 2017, lors d’un entretien en vue d’un livre consacré à Jean-Claude Vannier, il confiait encore ses envies de progrès, de modernité. “Quand j’écoute le travail en studio du groupe de rap PNL, je trouve qu’ils ont d’autres astuces intéressantes. Si je travaillais avec eux, ce serait juste pour comprendre des choses.” Cette collaboration n’aura jamais lieu. Au fond, elle n’avait peut-être plus de raison d’être. Christophe n’avait pas besoin de nouveau son. Il possédait le sien. Définitivement

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