Baxter Dury – It’s A Pleasure

([PIAS] Le Label)

It’s A Pleasure… Tu ne crois pas si bien dire, Baxter. Avoir de tes nouvelles trois petites années après Happy Soup (qu’on avait attendu pendant six ans après Floor Show) est une joie immédiate et précieuse. Ce titre tout con nous va aussi bien qu’à toi. On y lit dans un même élan ta modeste nonchalance, ta souriante ironie et ton élégance toute britannique. Depuis quelques mois, le single Pleasure tourne déjà sur nos platines et dans nos têtes avec sa boîte à rythmes mouillée, sa mélodie sur trois notes et ta voix, Baxter, cette voix de conteur sensuelle et sans filtre, revenue victorieuse des abus et des larmes, et que nul ne peut contrefaire. “J’aimerais revenir avec quelque chose de différent”, lançais-tu à la fin de notre entrevue en 2011.

On t’aime, alors on a envie de dire que tu y es arrivé. Même si ce n’est pas vrai. Pour tout dire, on t’aime tellement que ça n’a aucune importance. Qu’on le survole ou qu’on le dissèque (on a fait joyeusement les deux), It’s A Pleasure s’inscrit clairement dans le cadre esthétique de Happy Soup, ton troisième LP à succès. Basse ronde au volant, subtils arrangements de claviers et guitares, rythmes métronomiques et néanmoins chaloupés, chœurs féminins d’une pâleur réconfortante (entendra-t-on un jour à nouveau ta voix de tête ?), écriture minimaliste des liaisons contrariantes. Sauf que dans la pop, il n’y a que les chansons qui comptent vraiment, et une fois encore, ton songwriting (mot que tu n’aimes pas, l’associant aux feux de camp) fait des merveilles.

On n’est toujours pas sûr de savoir comment ta technique fonctionne, mais moins tu en fais, plus c’est beau. Cela ne tient pas seulement à ton talent d’arrangeur ou à ce son de “jardin sous les vagues” décrit par mon collègue Matthieu Grunfeld (ce qui reste plus parlant que ton “psychédélisme de bord de mer”). C’est plutôt une question de rapport mélodique entre instruments et chant, un jeu gagnant-gagnant où les facilités s’effacent. S’il fallait voyager léger, on emporterait d’abord, en plus du single précité, les délicieux Lips, White Men et Babies (bonne idée de garder le plus bouleversant pour la fin). En guettant ton retour dans les mêmes dispositions, It’s A Pleasure.

 

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