Maschere EP
Makeshift
North Records / WeWant2Wecord

Avec Makeshift, ça vaut toujours le coup d’attendre

Retour en février 2018. Makeshift sort son premier album éponyme. Comme nous l’écrivions à sa sortie, le quintette signe « un coup de maître de pop sans frontière« . Neuf titres énergiques, beaux et foisonnants. Une « pop à tiroirs », « un patchwork de bordel sans nom », selon les mots des membres du groupe lorsque nous les avions rencontrés, qui se distingue par sa préciosité, son intelligence et finalement sa grande cohérence. Fort logiquement, les Normands étaient présents dans notre dossier sur les 40 formations françaises qui libèrent la pop (voir Magic n°208) et faisaient figure d’une des plus belles promesses de cette liste. 

Si au terme de notre entretien, Vincent Condominas (guitare/chant) déclarait que les musiciens souhaitaient enregistrer des nouvelles chansons « dès maintenant », Makeshift a finalement pris son temps, comme pour ce premier disque issu de longues phases d’enregistrement. « 4 morceaux, quatre, pas un de plus. Mais vu la qualité, fallait pas trop charger la mule », expliquait en septembre dernier le groupe sur sa page Facebook dans un post (comme toujours) plein d’ironie.

Il a fallu attendre (encore) trois mois. Le 19 décembre 2021, voilà les quatre titres promis, réunis dans un EP intitulé Maschere. C’était long mais le résultat vaut largement l’attente. En quatre mouvements, ces pistes contiennent plus de densité, d’intérêt, de moments de grâce que bon nombre de LP sortis ces derniers temps.

Les compositeurs et chanteurs Michaël Roth (claviers), Vincent Condominas et Baptiste Poirier Rossi (guitare) aiment toujours les mélodies élastiques, constamment en mouvement et en recherche de bouleversements. Exemple : la fin très électronique de The Monk’s Monkey Mask, après une mélodie très sixties et très Beach Boys. 

Avec cet EP, Makeshift joue sur ses forces en multipliant des structures marquantes (les lignes de guitares de Persian Almond et Bitter Berry) qui se bonifient lors de montées en tension maîtrisées. En proposant aussi des motifs psyché comme sur ce brillant Self Interest que n’aurait pas renié un MGMT inspiré. Maschere suggère surtout une certitude : quatre morceaux, pas un de plus, mais un talent toujours aussi évident et un groupe régénéré, toujours capable des plus belles métamorphoses. On est prêts à être patient et à attendre encore quatre ans pour une nouvelle salve de titres à la pop si éclatante. 

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