Terminal Crew Of Dudes
Whitmer Thomas
Fire Talk

« Terminal Crew Of Dudes » de Whitmer Thomas : musique et humour peuvent faire très bon ménage

Humoriste et acteur américain, Whitmer Thomas dévoile son troisième album “Terminal Crew Of Dudes”, associé au HBO Comedy Special du même nom. Un disque aussi drôle que réjouissant.

Whitmer Thomas a 36 ans. Il vit à Los Angeles, où il fait du skateboard – ce qui explique pourquoi la carte mémoire de sa caméra est « pleine d’ados de quatorze ans » – et du surf, mais aussi – voire surtout – du doublage de séries animées, de l’acting pour le cinéma et la télévision, ainsi que du stand-up. Sauf que, depuis le 29 juin 2026 et la sortie du single Candy Corn, Whitmer Thomas est aussi la toute nouvelle signature des très chouettes Fire Talk Records. De la musique, Whitmer en fait depuis l’enfance, mais sa carrière discographique est étroitement liée à ses collaborations avec HBO, quand la grande antenne de la télévision américaine « cool » lui accorde un comedy special, une soirée carte blanche. Il y a d’abord Songs From The Golden One, issu de The Golden One, surnom que lui donnait sa mère, décédée en 2009 des suites de complications liées à l’alcoolisme et dont le fantôme habite les dix chansons tragi-comiques du LP. Puis The Older I Get The Funnier I Was, album qui n’était – pas encore – rattaché à une quelconque émission télévisuelle. C’était juste avant qu’HBO ne lui accorde un deuxième shot de prime time : Terminal Crew Of Dudes.

Il faut d’abord souligner un truc : si votre humour est celui d’un éternel adulescent qui sait qu’il doit grandir mais n’a toujours pas trouvé comment, autrement qu’à coups de pieds au cul, naviguant entre crises d’angoisse et angoisse d’une crise – c’est un peu mon cas –, alors vous trouverez Whitmer Thomas, l’humoriste ET le compositeur, très drôle. Terminal Crew Of Dudes parle de ces gens qu’on trouve sympathiques uniquement lorsqu’ils sont dans des états seconds – Cooler When I’m Sick –, rêve de se noyer dans une agréable conformité – Trevor –, raconte une gâterie sur une plage en se focalisant davantage sur la marque de maillot de bain de WT – Boardshorts –, rend cool le manque d’ambition – Pretty Cool Guy – et s’interroge sur pourquoi les choses les plus déconseillées pour notre santé, mentale comme physique, sont toujours les plus agréables – Everything That Feels Good Is Bad. Le tout avec ce genre de phrases dépréciatives qui rappellent que l’autodérision est une belle qualité à avoir : “The closest I come to getting out the house / Is when I follow the pizza tracker from the couch”, dans Everything That Feels Good Is Bad. Un mix entre le concert dans une cave et le comedy-club, accentué par les rires de l’audience à chaque ligne bien sentie, mais aussi par les interventions des potes musiciens de Whitmer Thomas.

Parce que, oui, Terminal Crew Of Dudes est un « vrai » album live, d’une grande qualité sonore et musicale. Alors que les morceaux de The Older I Get The Funnier I Was peuvent généralement être rangés dans la catégorie « synth bedroom pop lo-fi enregistrée entre deux répétitions », leur adaptation avec un full band – deux, voire trois guitares, une basse et une batterie – les fait sonner comme un mélange entre alternative-country pour fan de MJ Lenderman et indie-rock de stade destiné à assurer les premières parties américaines des Fontaines D.C. Mention spéciale pour le morceau-titre, chanson consacrée à cette bande de potes que tout le monde vous conseille de lâcher, mais avec laquelle vous vous êtes juré « à la vie à la mort » entre deux éclats de rire gras comme un burger à trois heures du matin, et qui ferait une parfaite B.O. de road-trip au volant d’un pick-up tenant encore miraculeusement sur trois roues. Dans la rediffusion du HBO Special que je regarde pendant l’écriture de cette chronique, Whitmer Thomas fixe le plafond plutôt que la foule et se lamente : “I really really really want to be cool”. Qu’il se rassure. Il a désormais le « Jules Vandale stamp of cool approval ». Certains tueraient pour ça.

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