« C’est la fin du monde tel que nous le connaissons, et Yard Act a sa solution pour s’en remettre : un peu de musique ! »
« C’est la fin du monde tel que nous le connaissons et je me sens bien », chantait Michael Stipe avec R.E.M. dans les années 1980. Quarante ans plus tard, Yard Act partage la moitié du constat. Quant à se sentir bien, c’est une autre histoire… Le troisième album du groupe de Leeds s’ouvre sur Empty Pledges, titre éprouvant et claustrophobique, où James Smith prend l’auditeur à rebrousse-poil en débitant plus qu’il ne chante ses angoisses. Comme son prédécesseur, Where’s My Utopia ? (2024), You’re Gonna Need A Little Music s’éloigne du pré carré post-punk où Yard Act s’était épanoui sur son premier album, The Overload (2022), pour explorer d’autres pistes.
Passée cette introduction éreintante, le disque prend des tournures pop et dansantes, un peu Madchester, un peu Gorillaz par moments. Enregistrés entre Leeds et Los Angeles – deux salles, deux ambiances –, les onze titres de l’album zigzaguent entre dépression et euphorie, hésitent à faire la fête ou à faire la gueule. Ce n’est pas pour rien que Yard Act a intitulé l’un de ses morceaux Cherophobe Rock, en référence à la chérophobie, soit la peur du bonheur. Le quatuor ne fuit pas pour autant la joie simple des refrains efficaces et des mélodies entêtantes (Tall Tales, Fiction, Over The Barrel). C’est la fin du monde tel que nous le connaissons, et Yard Act a sa solution pour s’en remettre : un peu de musique !