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Hercules
Tracey Nelson
K Records

Avec « Hercules », Tracey Nelson livre un petit bijou alt-country… sous le patronage de MJ Lenderman

« Basé à New York, ville peu évocatrice de l’imaginaire country des grands espaces américains, "Hercules", premier album de Tracey Nelson, sonne pourtant comme s’il avait planté sa tente au cœur des Smoky Mountains »

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Deux ans après la sortie du fabuleux Manning Fireworks, disque qui a fait passer MJ Lenderman du statut de « tu savais que le guitariste de Wednesday faisait aussi sa propre musique ? » à celui de « tu savais que l’ex de MJ Lenderman a un groupe qui s’appelle Wednesday ? », mon cerveau, ravagé par la nouvelle scène alt-country, a besoin d’une nouvelle dose. Et à défaut d’avoir du neuf concernant le MJ le plus cool de l’histoire – qui vient d’ailleurs de décliner l’invitation de la méga-star de la country Zach Bryan à l’accompagner sur une tournée des stades –, je me mets à traquer chacune de ses apparitions, le moindre featuring, le moindre disque qui excite les mêmes zones de mon cerveau. C’est comme ça que, quelques jours avant sa sortie, je suis tombé sur Hercules, premier album de Tracey Nelson, alias Austin Noll, ancien guitariste de Hotline TNT, et sur sa magnifique pochette inspirée de Woody Woodpecker. Ô miracle : MJ Lenderman figure parmi les crédits du projet. Ô, deuxième miracle : on y retrouve aussi Karly Hartzman, Colin Miller, Ethan Baechtold et Xandy Chelmis, autrement dit l’intégralité ou presque de Wednesday.

Oui, toute cette introduction sur « oh là là, MJ Lenderman me manque » est un peu gratuite. Mais elle pose malgré tout un point essentiel : Hercules manque peut-être, par moments, d’une personnalité qui lui soit pleinement propre. Sauf que, ô troisième miracle – le plus beau de tous –, même sans ce casting cinq étoiles, le disque tient parfaitement debout. Basé à New York, ville peu évocatrice de l’imaginaire country des grands espaces américains, Tracey Nelson sonne pourtant comme s’il avait planté sa tente au cœur des Smoky Mountains, histoire d’absorber l’essence des Appalaches avant d’en parsemer toute sa tracklist. La réalité n’est d’ailleurs pas si éloignée de cette fiction : Hercules a été enregistré aux Haw Creek Studios, à Asheville, épicentre de la scène indépendante de Caroline du Nord, et co-produit par MJ Lenderman et Colin Miller.

Tracey Nelson, troubadour autoproclamé qui emprunte le nom de sa mère pour qu’elle rayonne partout où il passe, livre, sur les treize morceaux de son premier album, une alt-country folky, bluesy et jangly très scolaire – dans le sens où j’aurais envie de lui mettre un solide 17/20 si j’étais son professeur –, mais surtout extrêmement agréable. Il possède cette voix un peu âpre et traînante, plaintive sans jamais sombrer dans la déprime, le genre de timbre parfait pour chanter ses chagrins d’amour à l’ombre du perron de la maison familiale, sur lequel s’écrasent les rayons du soleil. Majoritairement acoustiques ou habillées de ce twang et de cette légère saturation si caractéristiques de la country, les guitares constituent l’un des grands points forts de Hercules – ce qui n’a, encore une fois, rien d’étonnant au vu du pedigree des musiciens impliqués. À leurs côtés, une section rythmique aussi détendue qu’un samedi d’août, un lap steel joué par Xandy Chelmis – cheat code absolu ; j’en connais qui ont ajouté cet instrument à leurs compositions juste après avoir écouté une chanson de Wednesday –, un harmonica – je devrais peut-être en ajouter dans mes compositions pour me démarquer des gens qui ajoutent du lap steel dans les leurs – ou encore un fiddle, ce violon qui, dès qu’il se met au service des musiques folkloriques, cesse mystérieusement de s’appeler violon. Sans oublier les chœurs de… MJ Lenderman et Karly Hartzman. Bref, tout ce qu’il faut pour accompagner votre été, et patienter jusqu’à la rentrée… voire jusqu’à la sortie du successeur de Manning Fireworks – avec Tracey Nelson dans le casting ?

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