Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Jaga Jazzist - What We Must
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Jaga Jazzist - What We Must

Privé de la sensualité acoustique de ses (anciens ?) partenaires, Jaga, sans Jazzist, publie un nouvel album, What We Must, d’obédience plus électronique qu’organique. Curieux d’ailleurs d’avoir utilisé ce nous rassembleur pour définir une oeuvre tristement solitaire. Fausse bonne nouvelle du mois, ce disque sacrifié sur l’autel de l’ego roi donne à entendre sept titres honnêtes qui, ouverts à d’autres horizons, auraient pu casser la baraque. On conviendra qu’il est plus aisé d’allumer un laptop que d’organiser une session regroupant une dizaine de chevelus aux instruments plus imposants les uns que les autres, mais tout de même… Pour qui aura un tant soit peu goûté aux partouzes musicales (The Stix notamment) de nos dix originaires d’Oslo, les récentes aventures solos de Jaga ou Pooka s’apparentent forcément à quelque acte masturbatoire. Or, il n’y a qu’à la chavirante Hilde Marie Kjersem et son très cuivré Red Shoes Diary qu’on autorisait pareil digression. Mais passons. What We Must, tout imparfait qu’il soit, contient son lot de moments magiques, comme ce Swedenborgske Rom d’un lyrisme échevelé absolument indispensable, ou ce Mikado qui ne dépareillerait pas dans les Dj bags les plus cultivés. Disque en demi-teintes, inspiré mais paresseux, What We Must s’adresse donc essentiellement aux inconditionnels de la tribu norvégienne, qui n’envisageraient de toute façon pas de saison nouvelle sans leur dose d’electronica délicatement givrée. Les autres resteront sur leur faim, à attendre un nouvel enregistrement de Jaga Jazzist qui pourrait bien ne jamais voir le jour.

RENAUD PAULIK

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