Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Trashcan Sinatras - Weightlifting
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Trashcan Sinatras - Weightlifting

Weightlifting marque la fin d’une incroyable traversée du désert, huit années passées entre découragement et persévérance, enthousiasme et exigence. Portés par une foi inébranlable, les Trashcan Sinatras (comme annoncé sur leur site en janvier, le groupe a bien légèrement modifié son nom, en accolant « trash » et « can ») reviennent de loin. En 1999, éjectés de leur label, en proie à des difficultés financières mais aussi à des doutes récurrents, ils jettent l’éponge et décident de se séparer. En guise de baroud d’honneur, une tournée d’adieu au Japon, où leur popularité ne s’est jamais démentie. La formation compte manifestement des fans chez Sony Music Japon qui leur propose d’enregistrer un maxi, le magnifique Snow, accueilli chaleureusement au pays du Soleil Levant et dans quelques foyers éclairés ici-bas. Pour les Écossais, c’est le déclic salvateur : pas question d’en rester là. Pour autant, la suite est confuse et la gestation de Weightlifting chaotique. Une première version de l’album atterrit directement dans la poubelle à l’automne 2000. Il faut tout reprendre à zéro. Le résultat est là aujourd’hui, sublime. Hors du temps, ce quatrième Lp tient toutes les promesses de sa lente maturation, suite naturelle du génial A Happy Pocket, merveille de pop mélancolique et avenante. Mais c’est presque un autre groupe que l’on entend ici, plus serein et confiant, au sommet de son art (songwriters accomplis, instrumentistes d’une grande finesse, arrangeurs hors pair). Si le disque est dans l’ensemble doux et lent, le quintette n’a rien perdu de sa capacité à pondre des chansons pop parfaites : All The Dark Horses ou It’s A Miracle séduisent ainsi par leurs mélodies enlevées et une harmonie générale stupéfiante. Le signe qui ne trompe pas, c’est ce jeu de basse très musical, pas uniquement cantonné à l’édification d’une rythmique alerte mais part importante de la construction mélodique. Il se dégage ailleurs quelque chose d’un peu suranné, dans les arrangements soul de Trouble Sleeping, dans la magie d’une pédale wah-wah sur Leave Me Alone. Les cordes, très présentes tout au long du disque, soulignent la mélancolie du chant de Francis Reader. Sa voix est d’une grande beauté, douce, souvent secondée par des choeurs simples mais bouleversants, comme sur Usually et Weightlifing, où les Trashcan Sinatras se montrent fidèles à une phrase glanée au détour d’un couplet : « I celebrate the beauty in life/It’s my duty in life ».

Vincent Théval

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