Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Breakbeat Era - Ultra-Obscene
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Breakbeat Era - Ultra-Obscene

Roni Size et les siens continuent, imperturbables, de porter la drum’n’bass vers des contrées plus abordables pour le néophyte, qui n’y voit à première vue qu’une cascade éreintante de breakbeats laminant tout sur son passage. Et il reste à peu près le seul des grands maîtres à persévérer, Goldie nous fourguant sa psychanalyse assommante, Adam F. lorgnant vers la musak et Photek étrennant sa rutilante grosse voiture payée avec l’avance conséquente des majors toujours apeurées à l’idée de passer à côté de quelque chose. Après le monumental New Forms, Roni Size garde Dj Die du collectif Reprazent, engage Leonie Laws comme chanteuse et se lance sous cette nouvelle formule au nom prédestiné, Breakbeat Era. Ceux qui subodoraient une approche plus pop en sont pour leurs frais; Leonie n’a rien à envier à la sculpturale Onnallee présente sur New Forms, même si sa voix par manque de coffre passe plus en force et apporte un surplus de rage. Aux manettes digitales, les deux magiciens continuent d’imprimer un rythme d’airain où les basses monstrueuses ressemblent à des câbles d’arrimages pour paquebots (les lignes de basse de Rancid ou Breakbeat Era s’impriment dans votre estomac de façon indélébile). Incontestablement, Roni Size reste l’un des seuls avec Smith & Mighty à savoir dompter cette tachycardie musicale et la rendre plus accessible sans en renier l’essence.

Joël Tanter

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