Listomania
16 novembre 2019
Tindersticks, Arlt, Bonnie « Prince » Billy : Ça sort aujourd’hui et Magic aime
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Tindersticks, Arlt, Bonnie « Prince » Billy : Ça sort aujourd’hui et Magic aime

Avec No Treasure But Hope de Tindersticks, Soleil Enculé de Arlt et « I Made a Place » de Bonnie « Prince » Billy, Magic vous a sélectionné les sorties importantes de ce vendredi 15 novembre 2019.

TINDERSTICKS No Treasure But Hope
(CITY SLANG)
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Quelques accords de piano puis une voix. Elle nous parle de la beauté, du don, de la nudité et de la douleur. Si le douzième album studio de Tindersticks, au fil des dix morceaux qu’il recueille, nous emmènera ailleurs et nous contera d’autres histoires, ces premières impressions demeureront telles des fragrances dans l’air, des lueurs teintant des chansons qui se déroulent comme aux abords d’un rêve. Là réside le chant, irremplaçable, reconnaissable entre tous, du groupe anglais Tindersticks. Au creux du rêve se niche donc un piano. Il est le point de départ du disque : autour de lui, les cinq musiciens du groupe se sont retrouvés pour des répétitions acoustiques – ainsi prirent forme les chansons de No Treasure But Hope. On écoute No Treasure But Hope, mais ce n’est pas tout à fait un rêve : au réveil, on sait que l’on pourra, en jouant à nouveau les dix chansons de l’album et à tout moment, s’y replonger. C’est un coup de cœur Magic. Quatre pages de d’interview de Stuart Staples à retrouver dans notre numéro 218 actuellement en kiosques.

ARLT Soleil enculé
(OBJET DISQUE / MURAILLES MUSIC)
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Sing Sing et Éloïse Decazes aiment à présenter leur quatrième album comme le «tout nouvel album» de Arlt, signifiant là le retour à l’enfance (mais une enfance neuve, adulte, projective) et la joie retrouvée (après une pause où la chanteuse a pu se consacrer à la naissance d’un enfant) de jouer dans un studio comme terrain de jeu, d’improvisations, d’inventions. Comme le studio, le mixage (par Ernest Bergez, de Sourdure, Kaumwald, Orgue Agnès) fait œuvre tout autant que les mélodies, les arrangements, les voix, en les faisant surgir d’un magma bouillonnant, plein de matières et de gestes. Notre rencontre avec Arlt à lire dans le n°218 de Magic.

BONNIE “PRINCE” BILLY I Made a Place
(DRAG CITY)
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I Made a Place est le premier album sous son nom, avec des compositions originales, que Bonnie fait paraître depuis Wolfroy Goes to Town en 2011. Excellente nouvelle. Il confie que ces nouvelles chansons sont très inspirées de la musique de Hawaï ainsi que de la country de John Prine, de la pop atmosphérique de la Norvégienne Susanna Wallumrod et de la musique cajun. Mais ici, ce qu’on entend surtout, ce sont des chansons de Bonnie “Prince” Billy. Une deuxième excellente nouvelle.

EMILY JANE WHITE – Immanent Fire
(TALITRES)
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Déjà dix ans que la Californienne Emily Jane White nous accompagne de sa voix singulière et grave. Dix ans et six albums comme le lent processus de maturation d’un individu en construction, d’un artiste qui imagine une œuvre en devenir. À l’heure où sort ce nouveau chapitre, l’impression flotte qu’elle n’a pas encore obtenue la juste place qu’elle mérite. En digne héritière de Joni Mitchell pour la sensibilité et la pertinence, de Kate Bush pour le spectre vocal tremblant, Emily Jane White nous bouleverse tout au long d’un disque qui tutoie la perfection jusque dans ses failles secrètement perceptibles qui ne la rendent que plus proches de nous encore.

IÑIGO MONTOYA InigEp03
(ECHO ORANGE)
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C’est brutal, agressif et ça laisse peu de place à l’espoir, comme le dessine la punchline «si tout est foutu, autant finir cannibale». Pierre et Quentin ont attendu leur troisième EP pour muscler leur électronique exotiques et durcir leur vocabulaire. C’est un uppercut, un court-circuit, un mauvais présage qu’ils nous assènent, tambour battant. Incontournable.

LIONEL LIMIÑANALeBel été (bande originale)
(BECAUSE MUSIC)
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Rien n’arrête Lionel Limiñana. Le Sudiste s’exprime désormais dans la bande originale de film, après Shadow People de The Limiñanas (2018), le premier album de L’Épée ou encore la production d’album, bientôt avec Iggy Pop. Pour Le Bel été de Pierre Creton (13 novembre), Lionel Limiñana imagine un monde de rythmes entêtants (One Blood Circle), d’envolées psychédéliques (Maria S Theme) et de mélodies vaporeuses (Ocean Kids). Une B.O. qui peut s’écouter sans les images : bien joué.

TOY Songs of Consumption
(TOUGH LOVE RECORDS)
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Quelques mois après la sortie de son quatrième album, Happy In the Hollow, Toy propose la réinterprétation de huit titres qui ont influencé les membres du groupe ces dernières années, telle une postface. Une production décharnée et un son instinctif, froid, créent l’homogénéité de cette entreprise éclectique. De Nico aux Stooges en passant par John Barry ou Amanda Lear (oui, vous avez bien lu !), le quatuor de Brighton rendre un hommage bien à sa sauce.

SQUIDTown Center
(SPEEDY WUNDERGROUND)
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Quatre titres pour une découverte incroyable. Venue de Brighton et de Londres, la musique post-punk de Squid marie l’illimité avec l’énergique, la fantaisie avec la rudesse et l’inconscience avec l’audacieux. Dans ce premier EP intitulé Town Centre, le quintette (Ollie Judge, Louis Borlase, Arthur Leadbetter, Laurie Nankivell et Anton Pearson) fourmille d’idées mais fait aussi résonner des six cordes hautement inventives avec un groove épais et un chant déclamé.

POLYCOOL Lemon Lord
(BIGWAX)
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Lemon Lord, premier album de ces quatre Parisiens, cristallise tout ce à quoi on pouvait s’attendre si l’on a déjà assisté à un concert de la formation: une musique changeant aussi facilement de couleur qu’un caméléon, passant d’influences r’n’b du début 2000 (Polywood) à de la synth-pop mélancolique (Multifriends) ou à une pépite disco-revival pour dancefloor (Cosmic Time), sans jamais se trahir artistiquement.

PLEASURE PRINCIPLE – Pleasure Principle
(BORN BAD RECORDS/L’AUTRE DISTRIBUTION)
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Paul Ramon, batteur de Bryan’s Magic Tears, s’est entouré de quelques potes merveilleux (Olivier Demeaux de Cheveu/Heimat, Paula de JC Satan, et bientôt des membres du Villejuif Underground et Rendez-Vous sur scène) pour concocter ce projet perso de synth pop lo-fi qui chronique les désenchantements de l’époque en mode YOLO.


GEYSIR
Malsamaj
(FIGURES LIBRES RECORDS)
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Le nom du groupe sonne un peu islandais. Le nom de l’album ferait presque indien. Mais les ex-NestorIsBianca Marie-Céline Leguy et Lionel Laquerrière attaquant bien la scène indie française avec cet essai essentiellement électronique, le plus souvent instrumental. Effluves new wave et synth pop irriguent cet objet étrange, pour ne pas dire fascinant, qui nous éblouit de ses feux aveuglants autant qu’il nous entraîne vers des abîmes de noirceur avec ses tempos lents et voix graves. Vous serez parfois tentés de faire passer la vitesse de votre lecteur de 33 à 45-tours (Melted, Tero, Le Mond.) avant de réaliser que c’est inutile et que vous avez perdu la guerre des nerfs avec ce disque tendu, qui suscite la même perturbation organique qu’un jour de grand soleil et de température négative.

PIKKU PIKKU – 5321
(LAFOLIE RECORDS/INOUIE DISTRIBUTION)
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La musique de Magdelana Stroj n’est pas seulement singulière pour son grain de voix qui ferait passer Alison Shaw des Cranes pour une pâle copie du chant caverneux d’Andrew Eldritch (Sisters Of Mercy). Car Pikku Pikku a bien plus à proposer que des comptines gentiment régressives. La demoiselle s’amuse à échafauder des structures à la fois complexes et transparentes à l’image d’un Cosmo Shelldrake. Entre Pop, Folklore opiacée et dérives incertaines, la polonaise stimule notre curiosité, un peu comme si nous écoutions le rejeton étrange de Kate Bush, de la japonaise Piana et de Stina Nordenstam. Singulier et assurément envoûtant !

DHARMA BUM – Deux EP
(MONTAGNE SACRÉ
E)

Dharma Bum sera bientôt une des fiertés de l’ouest français. Leur mélange de rock aussi ciselé que psyché et lo-fi entre Unknown Mortal Orchestra et Pond, n’est pas non plus sans rappeler le brillant Strasbourgeois T/O. Le prochain EP de ce quintette rouennais, Deux, paraît ce vendredi 15 novembre sur Montagne Sacrée. Vous pouvez l’écouter en boucle et en avant-première ci-dessous. Notre cœur penche pour le morceau final After Party. Et vous ? Un EP jusqu’alors avant-première exclusive sur notre site.

BERT JANSCHAvocet (1978, reissue)
(EARTH RECORDINGS / FIRE RECORDS)

Influence majeure d’une foule de guitaristes, de Jimmy Page à Johnny Marr, l’Écossais Bert Jansch est un des maîtres du folk britannique. Avocet, enregistré en trio en 1978 à Copenhague et publié l’année suivante, n’est peut-être pas la porte d’entrée la plus évidente dans sa discographie. Ce disque n’en reste pas moins un chef d’œuvre. Tout respire la légèreté, la beauté, la fluidité. Cette réédition est enrichie de trois titres, issus de l’album, enregistrés en concert en Italie.

CLASH – London Calling
(Réédition du quarantième anniversaire)
(SONY)

Quarante ans ça se fête, non ? Pour marquer le coup, Sony fait les choses en grand en rééditant ce classique crucial dans l’histoire du rock et de la pop, en proposant pour cette réédition un livret de 120 pages. Notes manuscrites, paroles, photos, fanzines, inédits : Sony nous fait miroiter une vraie mine d’or.

RYUCHI SAKAMOTO – Thousands Knives Of
(Réédition du quarantième anniversaire)
(WEWANTSOUNDS/MODULOR)

À l’occasion de ce vénérable anniversaire, le label parisien Wewantsounds nous fait une faveur en rééditant pour la première fois hors du Japon le premier album du légendaire Ryuichi Sakamoto. Quand, quelques mois avant ses débuts avec le non moins légendaire groupe arty de pop synthétique Yellow Magic Orchestra, aux côtés d’Haruomi Osono et Hideki Matsutake. le jeune Sakamoto faisait déjà paraître un album génial. Culte.

Mais rien ne vous empêche d’écouter aussi les autres sorties du jour :

DJ SHADOW – Our Pathetic Age (Mass Appeal)
PBDY – Careworn (Brainfeeder)
DAEDELUS– End of Empire (coffret trois vinyles) (Brainfeeder)
ENCHANTÉ JULIA – Boucle EP (Maison La Chapelle / Bendo Music)
DOG IN THE SNOW Vanishing Lands (Bella Union)
CUBENX & BOOGZBROWN – Antipode EP (InFiné)
STEVE LACY – Apollo XXI (Awal/Kobalt)
MOLLY BURCH– The Molly Burch Christmas Album (Captured Tracks)
DOMINIQUE FILS-AIMÉ – Stay Tuned! (Modulor)
PIKKU PIKKU – 5, 3, 2, 1 (Lafolie records/Inouïe distribution)
OLIVIER SPALDING – Novemberism (Monotreme Records)
AZIZA BRAHM – Sahari (Glittebeat / Dffer-Ant)
LOVETARAXX – Hébéphrénie (Unknow Pleasure Recording)
TIM HOLEHOUSE – Come (Aaahh!!! Real records)
MILLIE TURNER – Hide + Seek EP (Awal)
SUPER PARQUET – Super Parquet (Pagan / Inouïe Distribution)
JOSEF K – The Scottish Affair (Part 2) (Les Disques du Crépuscule)
MOKORÏÉ – Machines & Soul (autoprod – Inouïe Distribution)
FILM NOIR – Vertiges EP

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