Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Yann Destal - The Great Blue Scar
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Yann Destal - The Great Blue Scar

En cette entame de nouvel an, on était pourtant pétri de bonnes résolutions. En particulier, on s’était promis de ne plus s’en prendre vertement à  ces premiers albums hexagonaux, aussi abjects qu’indigestes, qui envahissent et polluent chaque mois les rayons, parfois même les têtes de gondole, des disquaires de France et de Navarre. On s’était même juré de ne pas tenir rigueur à  ces jeunes chanteurs de leurs activités antérieures, fussent-elles sinistrement rédhibitoires. En conséquence de quoi, on a écouté la première échappée en solitaire de Yann Destal avec une coupable bienveillance, une attention démesurée. Pour s’infliger la somme de boursouflures insensées et de vides intersidéraux s’écoulant ici près d’une heure durant, il faut soit prendre les vessies du chanteur de Modjo pour les lanternes de Freddie Mercury, soit considérer la mégalomanie et le pompiérisme comme les seuls signes distinctifs du génie de Michel Polnareff. Ou alors, plus simplement, devoir justifier aveuglément son salaire de directeur artistique d’un label d’Universal, le pourtant exemplaire département Barclay. D’ailleurs, à  propos de chèques en blanc, le prestigieux générique de ce disque (du célèbre producteur Stephen Hague au fameux ingénieur du son Paul Kendall en passant par l’insigne arrangeur Bertrand Burgalat) qu’on imagine ô combien coûteux est censé servir de caution artistique, donc d’alibi critique. Pauvre France.

Franck Vergeade

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