Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Barbara Morgenstern - The Grass Is Always Greener
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Barbara Morgenstern - The Grass Is Always Greener

Fine fleur de l’electro pop allemande au sein du label berlinois Monika Enterprise, Barabara Morgenstern a pris goût aux voyages à la suite d’une tournée internationale. Ainsi, ce quatrième album prend donc l’allure d’un carnet de notes très personnel où les couleurs et les climats varient selon les impressions délocalisées de son auteur. The Grass Is Always Greener est une succession de cartes postales du meilleur goût écrites pour la plupart dans la langue de Goethe, la tête dans les nuages mélancoliques de Lali Puna, les mains occupées à tisser un songwriting légèrement oblique cher à Brian Eno. Mais Morgenstern n’adopte jamais un profil bas par la force d’arrangements électroniques aérés et foisonnants autant que par la sensualité qui émane de cette langue étrangère souvent réduite à ses sonorités gutturales tranchantes. The Grass… ne fait d’ailleurs l’impasse sur aucune matière de l’école germanique, décapsulant un single pétillant comme Ms John Soda (The Operator), traçant des croquis faussement naïfs sur des chansons pop pianotées (The Grass Is Always Greener,Unser Mann Aus Hollywood, Ein Paar Sekunden) quand il ne s’enroule pas dans la contemplation remuante d’instrumentaux doux-amers (Juist,Die Japanische Schranke) fortement marqués par la récente collaboration avec Robert Lippok (To Rococo Rot). Comme son ancienne voisine de label Masha Qrella, autre femme délicate et audacieuse, Morgenstern ravive les tons électroniques, enjambe avec aisance les clichés de la pop robotique et affine une forme d’écriture au piano évidente qui bruit et résonne avec une envergure dissimulée. L’herbe est effectivement toujours plus verte ailleurs.

THOMAS BARTEL

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