Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Yo La Tengo - Summer Sun
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Yo La Tengo - Summer Sun

Compagnons de bord de Sonic Youth dans la croisade no-wave amorcée au milieu des années 80, le trio mixte d’Hoboken a toujours été un cas à part dans le rock. Jouant une musique atypique constamment tiraillée entre électricité débraillée et mélodies susurrées, coups d’épée dans l’eau et coups de génie, Ira Kaplan, Georgia Hubley et James McNew sont restés, de New Wave Hot Dogs à Electr-O-Pura, ces petits soldats de l’underground américain tout aussi bruyants que discrets. Alors que la bande à Thurston Moore n’en finit plus de dégringoler du sommet noisy pop que fut l’essoreuse musicale Washing Machine, Yo La Tengo a continuellement évolué à l’ombre d’une reconnaissance jamais vraiment acquise, pour passer le cap des années 2000 avec le sublime et voluptueusement apaisé And Then Nothing Turned Itself Inside Out. C’est bien dans ce sillage que s’inscrit aujourd’hui Summer Sun, album minimaliste et downtempo, construit en forme d’adieu aux guitares bavardes et malades. Toujours aussi métronomique, la batterie de Georgia enveloppe de ses effleurements de cymbales la voix de crooner fragile d’Ira, son compagnon de toujours. Sur Today Is The Day, le trio retourne à ses premières amours et sonne comme un Velvet Underground & Nico enregistré en hi-fi sur une plage baignée de soleil. Let’s Be Still, avec ses volutes de cuivres débridées et son chant joyeusement désabusé, achève de nous convaincre que Yo La Tengo n’officie plus dans d’obscurs bas-fonds new-yorkais, mais se situe quelque part entre ciel et terre, le regard tourné vers la lumière.

Thomas Bartel

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