Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Portishead - Roseland NYC Live
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Portishead - Roseland NYC Live

Portishead, avant tout, c’est un choc. Autant esthétique qu’émotionnel. Celui d’une voix fragile, parfaite avec cette musique hors d’âge et pourtant si moderne. Sur disque, l’alchimie créée par Geoff Barrow et Beth Gibbons a pris son envol dès Dummy, un premier album à la beauté étrange. Puis, Porti-shead est venu prolonger l’état de grâce malgré un pillage en règle dans l’intervalle par bon nombre de formations, séduites par cette recette un peu magique. On ne donnait donc pas cher de la peau du groupe en concert, tant il paraissait impossible de récréer pareille atmosphère. Et pourtant, dès ses premières apparitions publiques, Portishead a su séduire par une présence physique et une aisance technique étonnantes sans perdre de son pouvoir d’at-traction. Dans ses conditions, le concert que le groupe de Bristol a donné le 24 juillet 1997 au Roseland Ballroom de New York en prélude à la sortie de son second album avait tout de l’événement : un lieu prestigieux, un set inédit et la présence d’un orchestre symphonique. Bien évidemment, le groupe prit soin d’immortaliser cet instant en filmant et enregistrant sa prestation. Roseland NYC Live n’est pourtant pas tout à fait l’exact reflet de cette soirée exceptionnelle. Pour cela, il faudra se reporter à la vidéo du même nom qui sort simultanément. Car pour le disque, on ne sait pour quelles raisons, le groupe a triché. Sour Times a été enregistré à San Francisco et Roads en… Norvège. Passés ces détails, cet album reste un formidable document. Impossible de rester de marbre devant les versions sublimes de Humming, Cow-boys, Only You ou Glory Box. Le groupe formé autour du guitariste Adrian Utley est tout simplement parfait. Les deux musiciens de Invisible Pair Of Hands, à savoir John Baggot (claviers) et Jim Barr (basse), tout comme Clive Deamer, le batteur de Reprazent, jouent avec retenue et disponibilité et participent à la solennité quasi religieuse de ce live précieux et recueilli. Du coup, Roseland NYC Live, même s’il n’offre pas d’inédits, permet de vibrer à l’unisson du petit millier de privilégiés qui constituait l’assemblée. Frissons garantis.

Philippe Jugé

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