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2 août 2011
MIDI-Festival : Récap’ 2011 – 02/08/11
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MIDI-Festival : Récap’ 2011 – 02/08/11

Un délai d'un mois pour vous parler de Primavera, quinze jours pour remettre le nez dans le FIB, et une semaine pour faire sa fête au Midi Festival... On devrait être à l'heure pour vous raconter la Route du Rock ! Voici donc venir nos impressions en léger différé, et dans le désordre, de la septième édition du meilleur festival français du monde. La galerie complète des photos est à admirer par ici. [Article Jean-François Le Puil - Photos Philippe Lebruman - Vidéos La Mire Sonique].
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Le Midi Festival a cela de particulier qu’il expérimente sa logique de pari musical et de foi en l’avenir jusque dans son cadre et son fonctionnement interne. En 2007, la fiesta s’interrompait tôt dans la soirée et laissait le mélomane sur sa faim. Si la venue d’Animal Collective était le signe d’une croissance bien entamée, les deux autres jours virent un public parfois clairsemé assister aux prestations pourtant éblouissantes de Caribou et Rusty Santos. Ce dernier nous paraissait d’ailleurs être la révélation d’alors, mais l’avenir nous donna tort… là où il vérifia nos dires au sujet de Girls, qui suscite aujourd’hui l’excitation à grande échelle après avoir ouvert le festival en 2008, dès 19h30, devant trois arsouilles en amorce de désaltération massive et un tronc d’arbre ancestral. En 2009, grâce à la présence d’artistes plus confirmés, le public devient consistant sur l’ensemble des trois jours, permettant à Skeleton$ de s’amuser avec assez de nerfs pour provoquer une transe collective lors de la clôture dominicale, à un horaire devenu tardif. L’après-midi à la plage faisait alors son apparition à la grande joie des baigneurs. La réputation grandissant et la somme des médias présents augmentant, l’édition 2010 voit fleurir les paris sur l’identité de la « révélation » à venir. WU LYF met tout le monde d’accord, mais le tapage de Yuck aussi, comme la rave diabolisée sur la plage de l’Almanarre par le manitou des platines Andrew Weatherall, qui permet enfin aux âmes enivrées de s’oublier jusqu’à l’aube, et au festival de créer le pont temporel qu’il aime imaginer entre les différentes générations d’artistes marquants.

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L
e naturel de l’évolution laisse entrevoir l’habileté des décideurs à l’heure de faire grandir leur événement en évitant les chausse-trappes financières… mais pas que. Son succès pointe aussi une chouette capacité à flairer l’air du temps musical et à le renouveler lorsque les odeurs de renfermé abondent. Symbole de sa cohérence et de l’existence de vraies convictions, après avoir été quasiment crée pour porter aux nues la scène new-yorkaise menée par Animal Collective, puis celle californienne menée par Matt Fishbeck (Holy Shit), et avoir tenté d’importer quelques fleurons pop des Antipodes, le Midi Festival se tourne maintenant clairement vers une Angleterre jusqu’ici délaissée (quasiment aucun représentant en 2008 et 2009). 2010 avec WU LYF, Kindness, Egyptian Hip Hop, Yuck, Lonelady… et nous y voilà, en 2011, avec pas moins d’une dizaine de ressortissants du Royaume-Uni à l’affiche.

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Deux d’entre eux taillent leurs confrères en pièces le samedi, avec pour point commun la morgue qui tord des lèvres diseuses de paroles jusque-là enfouies sous un coussin de frustrations. Par cette rage juvénile et leur aplomb à jouer sans lanières stylistiques, Psychologist et King Krule ont démontré que le génie n’était jamais plus intense que lorsqu’il cinglait à l’âge de tous les ressentiments. Sûrement pas aussi jeune que son compatriote, le chanteur blond et émacié de Psychologist affiche pourtant une joie de gamin lorsque, les mains jointes dans le dos, il se met à onduler des jambes pour faire mouliner une chorégraphie saugrenue sur un tapis de beats aussi concis que supersoniques. Des interludes rigolos au diapason d’une joie de jouer apparente, le visage du garçon tout de noir vêtu s’éclairant d’un sourire dès que son regard maquillé croise celui, mutin, des deux choristes violonistes qui l’entourent. La paire d’ordinateurs humains reste en arrière-plan pour rythmer un canevas sonore glacial.

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Car en dehors des moments façon danse des canards, et des liens cordiaux entre les musiciens, la musique de Psychologist est tel un récital de banquise, où la cantatrice mâle – « musclée sec », les manches allongées jusqu’au bout des doigts tel un… ado mal dans sa peau – éructe d’une voix agressivement portée des vers introspectifs sur fond de post-dubstep martial. Le minimalisme du genre et le chant affecté attisent les comparaisons avec James Blake – un collègue connaisseur évoquera aussi Ozark Henry –, mais si le lyrisme pointe (Psychologist a repris Song To The Siren), les synthés métalliques succèdent aux basses lourdes comme des silences et le froid monolithe s’élève en se délestant des attaches de genres, éraflant les consciences au passage. Parvenir à créer chez le spectateur un sentiment d’empathie, voire de plénitude, en produisant une musique aussi douloureuse, voire oppressante, relève du tour de force cathartique.


King Krule suscite également la sympathie dans les rangs par la franchise incandescente de sa performance, mais lui, tout à son insolence timide de jeunot même pas majeur, s’en tamponne royalement et ne renvoie au visage de spectateurs rendus gaga par tant d’aplomb précoce, qu’un timbre de vieux crooner déjà revenu de tout. Ce léger décalage… Un peu comme quand, dans la soirée du dimanche, alors qu’on observe avec un regard admiratif le King et sa bande au sortir de l’hippodrome en attendant une navette pour retourner en ville, nous calmons notre joie en voyant l’un des loubards du crew s’armer d’un tesson de bouteille de Gin et sprinter pour le balancer sur un van qui accélérait au loin sans embarquer plus de passagers. Le goût de la confrontation ! Il ratera sa cible, cela dit. Mais revenons à la Villa Noailles, ce samedi 23 juillet, en début de soirée. Reebok antiques aux pieds et sweat Fila trop grand qui recouvre une large partie de sa frêle carcasse, casquette frondeuse posée sur sa tignasse rouquine et rasibus, l’ex-Zoo Kid (c’était mieux comme blase) étoffe l’aridité de ses compositions originales en s’entourant d’un trio de potes musiciens à peu près réglés. Leur blues iconoclaste et erratique n’est pas de leur âge. Et si on a comparé Archie Marshall au Mike Skinner des débuts, seule la verve fougueuse les rapproche, car le sentiment d’urgence urbaine que dégageait la musique original du leader de The Streets est remplacé ici par un intense feeling de désabusement en chambre.

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Comme si la colère avait été étouffée avant d’avoir traversé les murs, se concentrant fatalement dans la gorge d’Archie. De la sagesse enragée. Les variations sont minimes, et chaque suite d’accords exécutée avec plus d’intensité, ou le moindre haussement de ton, propage dans l’assistance un dangereux frisson. Le charisme est maximal et l’accueil du public dépasse les attentes du groupe, qui n’en avait sûrement aucune, et qui sourit en coin face aux applaudissements nourris. Il montre un réel plaisir – renfrogné, forcément – lorsque les acclamations accompagnent les premières notes du hit ascensionnel Out Getting Ribs. Un morceau inhabituel encore, fureteur et libéré, qui monte et vrille à sa guise, la guitare et l’électricité ne paraissant être que des supports opportuns pour King Krule et son propos. On sent qu’il pourrait se jouer des formes, user d’autres moyens, mais sa voix et son intensité resteraient les mêmes, preuve d’une personnalité en surchauffe qui devrait brûler les étapes et faire fondre les foules.

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Après notre luron typique d’Angleterre, c’est un loner déraciné qui traîne sa longue carcasse sur le devant de la scène de la Villa Noailles. La transition est rude, car après le spectacle étonnamment fédérateur de King Krule, Dirty Beaches met à l’épreuve notre sociabilité en délivrant un show autiste, pétaradant dans sa radicalité lo-fi, mais qui peine à enrôler l’auditeur. Pas question de séduire avec une telle musique de rocailles réduites en miettes, évidemment.

Mais au moins de provoquer. Car là où Suicide – la comparaison est inévitable – sermonnait l’auditeur avec ses récits d’épouse liquidée, de jeunesse assassinée, de pays qui se fait un fix à l’unisson, ou de gonzesse en cuir, le Canadien né à Taïwan ressasse son imaginaire de façon quasiment incompréhensible et se démène un peu en vain, le corps sculpté qu’un léger débardeur recouvre avec parcimonie, mèche gominée et tatouages apparents. Sur disque, l’univers de l’artiste interpelle pourtant nos pensées intérieures. Sur scène et planté en pleine réalité, l’agression sonique n’est pas si radicale et nous voilà entre-deux : intrigué par un personnage au physique de bagnard qui lacère avec une certaine beauté le calme de la nuit tombante, mais circonspect face aux stances electro-noisy-kamikazes qu’il nous vocifère à la gueule.

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Une autre qui a la tête de l’emploi, c’est Piper Kaplan. Sa chevelure blonde, sa jupe courte qu’il faut retenir de se soulever, et ses mijaurées servent de paravent idéal à la pop en écho de Puro Instinct, qui fit en ce jour la jointure incongrue entre la prestation de Psychologist et celle de King Krule. On était curieux de voir Piper en chair et en os, elle qui arrose les réseaux sociaux de ces saillies rigolotes et qui s’est affirmée comme l’une des personnalités les plus attractives du giron indie. Ce soir, elle rayonne en biais, de toute son aura défoncée, et émoustille les garçons… mais moins qu’on aurait pu le croire. Sa voix hautement réverbérée surplombe l’amas brut et un brin brouillon que forment le clavier cosmique, la basse rondelette et la guitare millimétrée d’une petite Skylar Kaplan impériale avec ses cordes qu’elle fait étinceler par petites touches.

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Cherchant l’équilibre entre vitesse, langueur et élévation, entre groove et slow, quelque part entre Lush et Slowdive, les Californiens parviennent le plus souvent à faire honneur à leur réputation de receleurs d’hymnes à la fois diaphanes et parasités. Mais l’uniformité des rythmes, et une exécution de plus en plus débraillée, égarent l’attention. La lassitude est partagée par les musiciens, débarqués à peine dix minutes avant l’entrée en scène après une journée passée dans les embouteillages. Les regards protecteurs du parrain Matt Fishbeck et du grand-père R. Stevie Moore, présents au premier rang, n’y changent rien, mais ajoutent une touche bienveillante.


Contrairement à la fausse ingénue Piper Kaplan, Washed Out déboule à l’heure, lui. En toute fin de soirée, pour nous infecter d’une fièvre du samedi soir toute molletonnée. Son disco élégiaque est arrangeant, ni trop pur pour les allergiques aux danses effrénées, ni trop doucereux pour les militants du dancefloor. Grisé par le lieu et le moment, Ernest Greene se forcerait presque à créer l’euphorie, modifiant au passage la beauté nostalgique et magnétique de ses textures au groove rentré et aux ondulations lumineuses. Faut-il être coincé du boule pour ne pas accepter que l’ondoyance fainéante de l’album Within And Without, une fois transposée à l’air libre, se doit d’être moins abstraite pour être suivie d’effets, surtout à une telle heure de fiesta commandée ?

Plongé dans le noir et entouré d’un décor naturel qui semble avoir poussé pour elle, la musique de Washed Out se dote au fil des minutes d’une aura édénique, les nappes de synthés chatoyantes et la mécanique huilée de l’attelage nous détournant des volutes vocales bien légères d’un chanteur presque trop gracile. Et l’on se dit qu’après l’annulation l’année passée des concerts de Toro Y Moi et Memoryhouse, c’est finalement Washed Out qui aura célébré au Midi Festival la mutation d’un mouvement hédoniste et lo-fi – dont il a été le chef de file – en musique dense et célébrée.

Si l’on rembobine de vingt-quatre heures, la veille, vendredi 22 juillet, c’est un autre genre de musique circuitée qui a monopolisé nos sens. Après des mois de cache-cache 2.0, Stay+ avait annoncé la couleur avant sa prestation : ça allait être le choc… Pas tant que ça au final. La scénographie prend pourtant une allure particulière lorsqu’une rangée de quidams se plante d’entrée devant l’écran géant pour former, chacun avec son tee-shirt lettré, le nom du groupe. Les deux cadenceurs du tonnerre se mettent alors en action derrière leur laptop et le hic survient : une chanteuse qui braille au ciel, écho maximal en renfort, avec une classe nulle et non avenue.

Armés d’une telle diva malheureuse, les ex-Christian AIDS se lancent à corps perdus dans un set techno aussi minutieux que surboosté, qui rappelle aux non-spécialistes les terribles heures dance des années 90, et aux plus lettrés, les transes opiacées de l’acid house. Trop radical pour susciter l’adhésion, le spectacle, finalement assez unidimensionnel malgré les choristes muets et les vidéos projetées, délaisse les nuances et génère des regrets. Comme un manque de relief après la montée en pression énigmatique orchestrée depuis des mois par les Mancuniens.

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Les apparats énigmatiques de cette première journée furent plutôt à chercher du côté d’Alt-J. Comme lors de notre soirée BimBamBoom, les ex-Films tricotent une parade singulière et troublante, les mélodies de rien se nourrissant de quelques accords électriques finement choisis et d’un chant nasillard qui fait grincer l’âme. Comme autant de mantras raccourcis, les chansons se succèdent pour former une lente incantation, une procession à l’obscurité effilée qui gagne encore à s’incarner sur scène, mais qui promet un album au fort potentiel envoûtant.

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Le disque de Gross Magic, en revanche, devrait rentrer par une oreille et sortir par l’autre. Mais c’est pas un mal, plutôt l’effet recherché. Avec leur rock acnéique qui trousse les chansons comme ces branleurs intégraux doivent s’imaginer trousser les filles quand ils seront grands et célèbres – sans tact mais avec un doigté jouissif –, on verrait bien les Anglais partir en tournée avec DOM et faire de leurs aventures communes le futur Wayne’s World 3. C’est rigolo, mais on ne s’en souvient plus trop cinq minutes après. Peut-être aussi parce qu’avant eux, R. Stevie Moore avait dévasté la scène de son triple quintal offensif. Un quintal de chair rougeaude, un quintal de légende incarnée, et un quintal de volts assourdissants.

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Il y a quelque chose de presque choquant à voir R. Stevie Moore foutre en l’air aussi vertement l’image qu’on avait pu se faire de lui à travers ses clips rigolards et sa pop enregistrée avec un dictaphone. Où l’on se rend compte que le nabab de la lo-fi loufoque est aussi un membre secret de ZZ Top, un GG Allin revenu du pays des bisounours, le timbre de Barry White croisé avec un Carlos nourri aux amphétamines. Ariel Pink est bien le petit-fils efféminé de ce papy qui a mal tourné, stentor aviné et mentor arraché. Il bombarde ses ritournelles contagieuses avec un aplomb massif, vachement soutenu dans ses circonvolutions électriques par les peu connus Tropical Ooze. Tellement soutenu et si massif qu’on aimerait revoir un jour R. Stevie Moore sans ces imposants compagnons de révolution.

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La soirée contrastée de ce vendredi avait débuté avec les élucubrations instrumentales de Johnny Hawaii, soit la musique dronatique la plus cool du monde. Du new age sur planche, un Cankun de plage, où les samples s’étirent dans une ambiance totalement relax. Kid Francescoli est préposé au sampler surf, Oh! Tiger Mountain occupe le poste de second distilleur de riffs rallongés, et Johnny Hawaii, comme si de rien n’était, est là pour orchestrer les manœuvres capiteuses. Un hors d’œuvre divin qui étire notre imaginaire, entre exil et surplace.

En matière d’ouverture, Mazes a une lourde tâche à assumer ce dimanche 24 juillet à l’hippodrome. Dans un lieu inédit pour le Midi Festival, qui étrenne là une jauge de quelques milliers de personnes qui ne se remplira que très partiellement, le quatuor basé à Londres ouvre les hostilités avec une efficacité aussi racée que ses tirades power punk immédiatement entraînantes. La scène est bien trop grande pour une si légère brigade DIY et l’ambiance n’est pas exactement au pogo du siècle, mais Jack Cooper et ses acolytes assurent le coup avec un professionnalisme hors-pair, la sono crachant à la gueule de cette atmosphère d’indifférence une cinglante réponse voltaïque.

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Puis vient le tour du projet mené par Matt Fishbeck : Holy Shit. Un concert qui n’a l’air de rien, mais qui veut dire beaucoup. En 2006, sur les hauteurs de la Villa Noailles, Holy Shit se livrait à une joute scénique improbable, où se dépatouillaient également Christopher Owens (Girls), Ariel Pink, et Corey Lee (Nite Jewel). Avec le recul, ce spectacle ferait presque figure d’acte de naissance du festival, parce que depuis, l’underground californien a envahi les médias avec Matt Fishbeck dans le rôle du guide de l’ombre. Cinq ans plus tard, c’est donc très symboliquement que le groupe est invité à « triompher » sur le plancher le plus large qu’ils Matt et le Midi n’aient jamais connu. Tiré à quatre épingles, le teint hâlé et l’allure fière, le godelureau princier déboule sur scène flanqué de trois musiciens aux allures de soldats anonymes. Un quatuor à trois guitares qui met du temps à harmoniser sa roseraie électrique, l’indéfectible maniaque, voire casse-burnes, Matt Fishbeck gâchant même l’ouverture en rouspétant contre des problèmes de son que le préposé à la console a bien du mal à déceler. Peu à peu, pourtant, le tableau révèle sa beauté. Éclairé par des lumières bariolées qui servent de voile opalescent au paysage, avec le soleil couchant et les arbres trônant, l’altier Fishbeck apprivoise le lieu pour mieux l’enivrer de ses mélodies féminines et de sa voix en soie. Comme la veille pour la performance de Washed Out, la scénographie épurée et pastorale du Midi Festival éteint toutes les réticences en sublimant la musique qu’elle accueille.

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Elle lui octroie le droit d’accéder à un niveau fantasmé qui dilue les aspects terre à terre du concert lambda pour nous donner l’illusion que les notes coulent de source, comme autant d’éléments naturels à ajouter au décor. La fin du show est un pinacle émotif, avec une reprise (à déterminer) et une dernière salve (Bombs Away ?) qui s’étire en halo pendant de longues minutes. Fishbeck délaisse alors sa guitare pour laisser s’échapper des vapeurs de claviers purement sensorielles. On passera sur les prestations suivantes de Frankie & The Heartstrings (insupportable turbine post-punk-glam-wave qui éjecte des hits jetables avec une excentricité fallacieuse) et Primal Scream rejouant Screamadelica (prodigieuse machine de guerre menée par un Bobby Gillespie en mode superstar jaggerienne, propageant l’euphorie avec une puissance d’apothéose permanente, les clichés alentour et dans la galerie parlent d’eux-mêmes) pour rester sur l’image de Fishbeck quittant la scène de façon leste après avoir enlacé l’ingénieur du son qu’il emmerdait depuis l’après-midi. On croise alors Frédéric Landini, directeur et programmateur du Midi Festival depuis sa création. Plutôt que d’épiloguer sur la trop modeste fréquentation du soir, les problèmes de vent sur la plage de l’Almanarre, et autres scories inhérents à la croissance de son bel événement estival, il nous avoue simplement son émotion d’avoir ainsi vu Holy Shit revenir au bercail en grande pompe après leurs péripéties séminales dans la même ville, cinq ans plus tôt. Comme si une première boucle était bouclée… L’heure est donc venue de prendre de nouveaux paris, foi à l’appui.

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Jean-François Le Puil

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