Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Couch - Profane
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Couch - Profane

Formé en 1993, le quatuor allemand Couch, membre actif de l’écurie Kitty-Yo aux côtés de Tarwater, To Rococo Rot et Kante, n’a rien d’un profane en matière de rock expérimental avant-gardiste. Abstraite, la musique pratiquée ici se régénère à des sources aussi variées que le jazz et le hip hop, faisant de ses collages sonores d’habiles constructions cimentées à l’electronica la plus compacte. Évoquant parfois Tortoise, dont Couch assurera d’ailleurs bientôt quelques premières parties outre-Rhin, le quatrième album des Berlinois est un petit bijou de production et la preuve éclatante que le post-rock ne doit pas nécessairement venir de Chicago pour avoir droit de cité. Les claviers de la délicieuse Stefanie Böhm, savamment mêlés aux guitares cristallines de Jürgen Söder, ouvrent des étendues aux contours indéfinis (Plan, 12 Sind Nur 4, Doch Endlich) où l’auditeur progresse en territoire ami. La batterie chahuteuse délicatement saturée d’Alle Auf Pause laisse loin derrière toute trace de rock, pour se concentrer sur la voie, neuve, d’une musique arpégée pour gagner. Profane, lettre (de noblesse) d’un groupe des plus discrets, adresse ainsi sa science du rythme à une époque qui devra bien finir par reconnaître sa promptitude à bousculer les genres, comme pour mieux se réinventer. Ajouter à cela un design impeccable et vous tiendrez entre les mains l’un des disques les plus captivants du mois…

Renaud Paulik

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