Chroniques d'albums
9 novembre 2007
Teki Latex - Party De Plaisir
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Teki Latex - Party De Plaisir

On était prêts à lui cracher au visage comme son groupe, TTC, crache au visage de ses premiers fans (amateurs de débuts discographiques abstraits) depuis une conversion totale aux différents styles américains mêlant house, electro et hip hop. Ajoutez à ce reniement nauséeux le fait que Teki Latex soit devenu une sommité des nuits parisiennes aussi branchées que détestables, vous comprendrez pourquoi on attendait au tournant cette première embardée solitaire. Sans pour autant dissiper les soupçons d’arrivisme qui l’entourent désormais, le rappeur gonflé à l’hélium se révèle ici (souvent) attachant et (parfois) inspiré. Party De Plaisir célèbre ainsi avec fantaisie les évidentes lubies de Teki, d’un hédonisme nocturne sans faille à son goût immodéré pour le Polo, auquel le bonhomme consacre un hymne fluorescent rythmé par des claquements de doigts et une résonance digitale puissante. Si on reste plus circonspect devant les kitchissimes Electronic (techno aux relents germaniques) ou Disco Dance With You (disco aux fragrances italiennes), on se laisse happer par le lucide J’Aime La Pop Music, maelström de beats caoutchouteux et de bleeps electro saillants magnifié par un refrain spatial. Tandis que l’imparable duo câlin Les Matins De Paris invite Lio à soulager les nostalgiques d’Elli & Jacno, le haletant et hilarant morceau de bravoure hitchcockien Sac A Dos calmera les déçus de la première heure. Plus loin, si Teki ennuie lorsqu’il se prend pour le crooner d’une opérette avant-gardiste (les languissants Bonne Soirée Enfoirée ou Crois En Moi), l’accent suave de Feist fait, lui, un savoureux malheur sur l’électrique et sauvage The Ish. Prise de risque inconsidérée regorgeant à la fois des gimmicks nostalgiques les plus putassiers et d’un futurisme acéré, Party De Plaisir voit Teki Latex dévoiler ses marottes bille en tête avec une sincérité difficilement condamnable. Même si le résultat s’avère mitigé car extrêmement décousu, le coleader de TTC remonte quelque peu dans notre estime à la faveur d’un esthétisme synthétique fantasque. Pour l’heure, donc, on ravalera notre salive.

Jean-François Le Puil

Partager sur Facebook Partager sur Twitter