Chroniques d'albums
26 octobre 2012
Neil Halstead - Palindrome Hunches
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Neil Halstead - Palindrome Hunches

Ce sera l’un des plaisirs les plus discrets et feutrés de cet automne, mais les onze chansons qui peuplent le troisième album solo de Neil Halstead (Slowdive, Mojave 3) sont voués à une grande place dans tous les cœurs vaillants pour qui la chose folk n’est pas qu’une fantaisie à la mode. Palindrome Hunches, ou comment une vague icône de la génération shoegaze devient le digne descendant de Richard Thompson, John Martyn, Jackson C. Frank, Nick Drake, Townes Van Zandt ou, plus proche de nous, Mark Kozelek. L’éternelle ruralité de l’Angleterre, avec parfois quelques allégeances aux grands espaces intimes de l’Amérique, est la clef de voûte de cet édifice admirable, avec toute la mesure et l’harmonie qu’il faut pour réussir cela. C’est dire si l’on touche bien souvent au sublime. Digging Shelters terrasse par son classicisme inspiré, Bad Drugs And Minor Chords tient en quelques notes de piano, Wittgenstein’s Arm conte l’histoire d’un soldat blessé (et non pas les tourments du philosophe du même nom), Full Moon Rising promet et délivre une mélancolie sépulcrale sans jamais verser dans les larmes forcées. Dans la case traditionnelle, on n’avait pas autant tremblé – de joie, d’effarement, d’émotion – depuis la découverte d’Alasdair Roberts, vous imaginez. Tout simplement prodigieux.


Etienne Greib

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