Chroniques d'albums
21 juin 2018
Oiseaux-tempête : Orageurs pop moderne
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Oiseaux-tempête : Orageurs pop moderne

Qui : Ce collectif de free rock, selon leurs propres mots, mais qui sonne comme du post-rock pour le béotien, est construit autour du duo parisien Frédéric D. Oberland et Stéphane Pigneul. Ces deux-là bâtissent depuis 2012 l’un des projets les plus passionnants de l’Hexagone. C’est pourtant le pourtour méditerranéen qui a nourri certains de leurs albums. La Grèce pour leur première oeuvre éponyme (2013), la Turquie et la Sicile pour Ütopiya (2015) et le Liban pour Al-’AN! (2017). Avant d’opter pour ce nom, ils officiaient sous l’appellation Le Réveil des tropiques et ont commis en 2011 le ténébreux Hoping For The Invisible To Ignite, avec le groupe Farewell Poetry.

Leur actu : Tarab, un sixième album, live, paraît le 22 juin sur Sub Rosa. Un ensemble de captations réalisées pendant la tournée de leur long format, AL-’AN!  qui les a baladés de Nancy au Canada, en traversant une bonne partie de l’Europe.

Leur musique : Oiseaux-tempête, c’est un choc. Choc de sons et d’influences. Dans ce magma post-rock on entend de tout, du jazz, des musiques arabes, de la noise, de l’expérimental, du punk parfois. Normal, quand, on sait qu’en studio, pour réaliser AL-’AN!, étaient présents Mondkopf, G.W.Sok, le frontman punk de The Ex, Sylvain Joasson, un des batteurs pop français qui comptent, membre de Mendelson, ou encore les musiciens libanais Charbel Haber, Abed Kobeissy et Ali El Hout. Peut-être est-ce ici qu’il faille trouver les racines de cette définition de collectif free rock. Entendons bien free au sens qu’il recouvre dans free jazz et dans ce qu’il charrie de rejet des conventions et des schémas traditionnels. Certains de leur lead de guitares semblent même vibrer du growl, cette manière de faire rugir les cuivres en les doublant d’un son guttural, remise au goût du jour par les hommes libres du jazz.  Mais c’est aussi, et peut-être avant tout, un choc pour quiconque les écoute en concert. Une occasion unique de vivre in situ l’improvisation, l’expérimentation, la déconstruction et toutes ces forces qui convergent au coeur de leur projet. Écouter un hasard maîtrisé, capturé et ici reproduit, ça n’a pas de prix.

Benjamin Pietrapiana

À  écouter : http://www.magicrpm.com/exclu-oiseaux-tempete-nous-offre-un-extrait-de-son-album-live/

Partager sur Facebook Partager sur Twitter