Chroniques d'albums
1 avril 2008
Montgomery - Montgomery
Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Montgomery - Montgomery

Pendant que d’autres, sous les feux des projecteurs, se repeignent minutieusement, révisent leur collection de Rock & Folk ou contemplent le certificat d’authenticité de leur Gibson SG made in USA, une bande de joyeux bricoleurs en provenance de l’Ouest gaulois accouche discrètement d’un premier album hirsute et ébouriffant, décomplexé et drôlement inventif. Peuplé de ritournelles fantasques, gavé d’idées sonores empruntant autant au Magical Mystery Tour (1967) qu’à l’indie pop des années 90, ce disque étrange, dense, ambitieux, révèle un groupe au talent singulier qui, faute de séduire tout le monde, devrait en étonner plus d’un. Passée l’impression initiale (assez déconcertante) d’entendre Charlélie Couture chanter des compositions d’Étienne Charry (en particulier sur Melody), on se laisse gagner par la folie douce qui habite les chansons de Montgomery et son humour pince-sans-rire. Les textes, hantés par le thème de l’évasion, de la disparition (Les Astronautes, Ornicar, La Recette, Page 87) ou des névroses en tout genre (L’Homme Qui Dit, Moi), affichent l’assurance décontractée d’un groupe qui a trouvé son ton. Le vieux piano chantonne, les guitares fanfaronnent, les orgues ululent, des volées de chœurs improbables surgissent du néant, nimbées d’une réverbération fantomatique… L’ensemble, qu’on qualifiera faute de mieux de “chanson psychédélique”, évoque l’univers à la fois sinistre et drolatique de Tim Burton tout en restant à bonne distance des postures naïves et balourdes de Dionysos. Ajoutons à cela un talent évident pour la mélodie mutine (Jérémy) et l’on peut conclure à la réussite de ce coup d’essai atypique.

Alex Mélis

Partager sur Facebook Partager sur Twitter